Membres depuis 1831
Membres de la Société depuis 1831
La liste ne comprend pour l’instant que les membres décédés (*) ou ayant quitté la Société depuis 1989.
Jean-Jacques HATT, Professeur à l’Université de Strasbourg (cor. 1941, lib. 1989-*1997).
Paul OURLIAC, Membre de l’Institut, Professeur à l’Université des Sciences sociales de Toulouse (cor. 1941, lib. 1992-*1998). Notice.
Gilbert-Charles PICARD, Professeur à l’Université Paris IV (cor. 1941, hon. 1968-*1998).
Robert GAVELLE, Conservateur du Musée de Saint-Bertrand-de-Comminges (cor. 1945, tit. 1977-*1990). Notice.
Odon de SAINT-BLANQUAT, Archiviste-paléographe, Conservateur des Archives municipales de Toulouse (cor. 1945, tit. 1949, hon. 1998-*2010).
Gratien LEBLANC, Agrégé d’Histoire, professeur au Lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse (corr. 1946, tit. 1949-1993, Président 1988-1990, Président honoraire 1991-*1993). Notice.
Georges FABRE, Docteur en droit (cor. 1946, tit. 1951-*2002). Notice.
Georges FOUET, Chargé de recherches au C.N.R.S. (cor. 1947, tit. 1956-*1993). Notice.
Jean VANEL, Instituteur, poète, fondateur des Veillées rabastinoises, conservateur du Musée de la maison natale de Joachim Murat (cor. 1947-*1996).
Pierre LAVERDURE, Biologiste au C.N.R.S. en retraite (cor. 1947-*).
Philippe WOLFF, Professeur à l’Université de Toulouse, Membre de l’Institut (tit. 1949, hon. 1986-*2001).
Jean COPPOLANI, Docteur ès Lettres, Urbaniste en chef de l’État (cor. 1950, tit. 1951, hon. 2006-*2009). Notice.
Henri BLAQUIÈRE, Inspecteur général honoraire des Archives de France (cor. 1952, tit. 1955 et 1989, hon. 2004-*2007).
Marcel DURLIAT, Professeur d’Histoire de l’Art à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 1954, tit. 1959, hon. 1998-*2006). Notice
Gilles CASTER, Professeur à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 1955, tit. 1956-*1994).
Jacques BOUSQUET, Professeur émérite de l’Université Paul-Valéry de Montpellier (cor. 1957, lib. 1989-*2019).
Denis MILHAU, Conservateur en chef honoraire du patrimoine, ancien conservateur du Musée des Augustins (cor. 1963, lib. 1993-*2016).
Georges COSTA, Inspecteur général des Monuments historiques (cor. 1955, lib. 1983-*2010).
Pierre GÉRARD, Archiviste-paléographe, Conservateur général du Patrimoine (cor. 1955, tit. 1956, lib. 2003-*2011).
Jehan de MALAFOSSE, Professeur à l’Université de Droit, d’économie et de Sciences sociales de Paris (lib. 1956-*2013).
Maurice PRIN, Conservateur honoraire de l’Ensemble conventuel des Jacobins, 31400 TOULOUSE (cor. 1956, tit. 1964, hon. 2012-*2020).
Jean-Claude FAU, Docteur en Histoire de l’Art, Professeur honoraire de lycée (lib. 1956-*2020).
Germain SICARD, Professeur d’Histoire du Droit à l’Université de Toulouse-I (cor. 1957, tit. 1961, lib. 1999-*2016).
Abbé Georges BACCRABÈRE, Docteur en Droit canonique, Conservateur du Musée archéologique de l’Institut catholique de Toulouse (cor. 1959, tit. 1963-*2007).
Jean SERMET, Professeur honoraire à l’Université de Toulouse-Le Mirail, Chargé de mission au Cabinet du Préfet de Région, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Jeux floraux (cor. 1959, lib. 1991-*2002).
Maurice GRESLÉ-BOUIGNOL, Directeur honoraire des Services d’archives du Tarn (lib. 1960-*2014).
Gabriel MANIÈRE, Ingénieur honoraire du Service des eaux (cor. 1963, tit. 1974, hon. 2004-*2008). Notice.
Claudine SUDRE, Conservateur du Muséum d’Histoire naturelle (cor. 1963, tit. 1964-*2009).
Jean LAUTIER, Correspondant départemental des Directions des Antiquités historiques et préhistoriques de Midi-Pyrénées, Administrateur du Musée d’Albi (cor. 1964-*1990). Notice.
Bernard CALLEY, Architecte des Bâtiments de France (cor. 1965, lib. 1992-*1992).
Henri GILLES, Professeur à l’Université des Sciences sociales de Toulouse (cor. 1965, tit. 1970, hon. *2012).
Comte Geoffroy de GOULAINE, Délégué départemental des Vieilles Maisons Françaises (cor. 1967, lib. 1989-*1995).
Louis LATOUR, Professeur honoraire de collège (cor. 1968, tit. 1987, hon. 2017-*2018).
Michel ROQUEBERT, Écrivain, Président d’honneur du Groupe de Recherches Archéologiques de Montségur et ses Environs (G.R.A.M.E.) (cor. 1968, tit. 1971, hon. 2018-*2020).
André CHASTEL, Membre de l’Institut, Professeur au Collège de France (hon. 1968-*1990).
Jacques FABRE, Professeur à l’Université Paul-Sabatier (cor. 1971, tit. 1974-*1990).
José BARÉS, Avocat, ancien bâtonnier (cor. 1971-2009).
Jeanne GUILLEVIC, Diplômée de l’école du Louvre, ancien Conservateur des Musées Paul-Dupuy et Georges-Labit, 31500 TOULOUSE (cor. 1971, lib. 1993-*2024).
Yvette CARBONELL-LAMOTHE, Maître de conférences d’Histoire de l’Art à l’Université de Toulouse-Le Mirail, Conservateur des Antiquités et objets d’art des Pyrénées-Orientales (cor. 1975, lib. 1992-*2017).
Jean VÉZIAN, Ingénieur I.A.T. (cor. 1971, tit. 1989-*2012).
Jacqueline LABROUSSE, Ingénieur au C.N.R.S. (cor. 1973, tit. 1974-*2018).
Marguerite de BÉVOTTE, Diplômée de l’École du Louvre (cor. 1974-*1993). Notice.
Jean LARTIGAUT, Docteur en Histoire, Président de la Société des Études du Lot (cor. 1976-*2004).
Bernard LONCAN, Conservateur général du patrimoine (cor. 1976, tit. 1990-2007, cor. 2007-2012).
Marie-Louise MARCHAND, Conservateur des Archives municipales de Toulouse (cor. 1977, lib. 1989-*).
Marie-Bernadette BRUGUIÈRE, Agrégée des Facultés de Droit, Professeur d’Histoire des institutions à l’Université de Toulouse-I, 31000 TOULOUSE (cor. 1977, tit. 1983-2007, cor. 2007-*2019).
Yves BRUAND, Professeur d’Histoire de l’Art à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 1977-*2011).
Henri MÉNARD, Général de Division (cor. 1983, tit. 1984-*1989). Notice.
Gabriel BERNET, Instituteur (cor. 1974, tit. 1983-*1998). Notice.
Général Claude DELPOUX, Mainteneur de l’Académie des Jeux floraux (cor. 1983, tit. 1986-*2000). Notice.
Jean ROCACHER, Prélat de Sa Sainteté, Professeur d’Histoire de l’Art à l’Institut catholique de Toulouse (cor. 1983, tit. 1984-*2008). Notice.
Jean-Louis GAZZANIGA, Professeur à l’Université des Sciences sociales de Toulouse, Avocat (cor. 1986-1999).
Marie-Anne SIRE, Inspecteur des Monuments historiques (cor. 1986-1999).
Odile FOUCAUD, Maître de conférences d’Histoire de l’Art à l’Université de Montpellier (cor. 1986-1999).
Jacques LAPART, Docteur en Histoire, Professeur au collège Salinis d’Auch, Conservateur des Antiquités et objets d’art du Gers (cor. 1986, tit. 1991-2015).
André HERMET, Administrateur à l’INSEE (cor. 1988, tit. 1994, lib. 2005-*2013).
Claude PÉAUD-LENOËL, Directeur de recherche honoraire au C.N.R.S. (cor. 1988, tit. 1991, lib. 1999-*2016).
Aurel BONGIU, Conservateur de l’Inventaire (cor. 1989-*1993).
Richard BOUDET, Chargé de recherches au C.N.R.S. (cor. 1989, tit. 1994-*1995).
Jean NAYROLLES, Maître de conférences d’Histoire de l’Art à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 1989, tit. 1996-2011).
Annie NOÉ-DUFOUR, Conservateur en chef du Patrimoine (cor. 1987, tit. 1989-2007, cor. 2007-2012).
Robert GILLIS, (cor. 1990, lib. 2004-*2004). Notice.
Bernard MONTAGNES, O.P., Docteur en Histoire de l’Art (cor. 1990, tit. 1996-*2018).
Jean-Louis BIGET, Professeur à l’École normale supérieure de Saint-Cloud (cor. 1990-*2024).
Claire FOURNIER, Documentaliste au Service régional de l’Inventaire (cor. 1991-2003).
Frédéric VEYSSIÈRE, Géologue-Archéologue (cor. 1991-2021).
Jean-Luc BOUDARTCHOUK, Docteur en Histoire, Ingénieur de recherche, Directeur Adjoint Scientifique et Technique de l’Inrap pour Midi-Pyrénées (cor. 1992, tit. 2001-*2022).
Marie-Thérèse BLANC-ROUQUETTE, Conservateur en chef de bibliothèque (cor. 1993-*2005).
Catherine BOURDIEU, Maître de conférences d’Histoire de l’Art à l’Université de Metz (cor. 1993-1999).
Jean-Claude RICHARD, Directeur de recherches honoraire du C.N.R.S. (cor. 1993-2015).
Pascal-François BERTRAND, Professeur d’Histoire de l’Art à l’Université de Pau (cor. 1993-2003).
Bernadette SUAU, Conservateur général honoraire du patrimoine, ancien directeur des Archives départementales de la Haute-Garonne (cor. 1995, tit. 2004-*2013).
Robert MANUEL, Ancien Président de la Société des Amis du Vieux Cordes et ancien conservateur du Musée Charles-Portal (cor. 1995-*2017).
Éric MORVILLEZ, Maître de conférences d’Histoire de l’Art à l’Université d’Avignon et des pays de Vaucluse (cor. 1995-2003).
Jean-Marc LUCE, Agrégé de Lettres Classiques, membre de l’École française d’Athènes (cor. 1995-2006).
Yves CRANGA, Conservateur en chef des monuments historiques, D.R.A.C. de Provence-Alpes-Côte d’Azur (cor. 1995-2011).
Caterina MAGNI, Maître de conférences d’Histoire et archéologie à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 1996-1999).
Alain DAGUERRE de HUREAUX, Directeur du Musée des Augustins (cor. 1996-2002).
Christine DELAPLACE, Maître de conférences d’Histoire à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 1996, tit. 1999-2006).
Marc SALVAN-GUILLOTIN, Docteur en Histoire de l’Art (cor. 1996-2012).
Cecilia D’ERCOLE, Maître de conférences d’Histoire de l’Art à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 1997-2001).
Céline PIOT, Professeur certifié d’Histoire et géographie (cor. 1997-2011).
Françoise STUTZ, Docteur en Archéologie (cor. 1998-2011).
Cécile GLORIÈS, Doctorante en Histoire (cor. 1998-2005).
Françoise TOLLON, Restauratrice de peintures murales et de sculptures (cor. 1998-2015).
Valérie YVONNET-NOUVIALE, Docteur en Histoire de l’Art (cor. 1998-2000).
Étienne HAMON, Maître de conférences en Histoire de l’Art à l’Université de Paris I-Sorbonne (cor. 1999-2006).
Hélène DÉBAX, Maître de conférences en Histoire médiévale à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 1999-2011).
Nicole ANDRIEU-HAUTREUX, Conservateur honoraire des Antiquités et Objets d’Art de la Haute-Garonne (cor. 2000, tit. 2007-*2024).
Fabienne SARTRE, Maître de conférences en Histoire de l’Art moderne à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 2000-2001).
Christophe ÉVRARD, Animateur du patrimoine des Bastides du Rouergue (cor. 2000-2003).
Sandrine CONAN, Archéologue du bâti (cor. 2001-2012).
Jeanne BAYLE, Diplômée de l’École des Chartes (cor. 2002, tit. 2007-*2008).
Bruno FOUCART, Professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université de Paris IV-Sorbonne (hon. 2002-*2018).
Patrick GIRONNET, Architecte des Bâtiments de France, Chef du S.D.A.P. du Tarn (cor. 2002-2011).
Agnès MARIN, Archéologue du bâti (cor. 2002-2013).
Michèle BELLIN, Restauratrice de peinture (cor. 2003-2011).
Karine COLLE-MADIÈS, Docteur en Histoire de l’Art (cor. 2004-2011).
Géraldine CAZALS, Docteur en Histoire du Droit (cor. 2004-2011).
Hélène GUIRAUD, Professeur émérite d’Histoire de l’Art antique à l’Université de Toulouse-Le Mirail (cor. 2004-2015).
Giles BARBER, Conservateur en chef de la Taylor Institution, Université d’Oxford (cor. 2004-*2012).
Christian DARLES, Architecte, Professeur honoraire de l’École Supérieure d’architecture de Toulouse (cor. 2005-*2021).
Patrice GEORGES, Archéologue, I.N.R.A.P. (cor. 2008-2018).
Pierre CARCY, Technicien des Bâtiments de France (cor. 2008-2009).
Marie-Pasquine SUBES, Maître de Conférences à l’Université de Perpignan (cor. 2011-2011).
Myriam ESCARD-BUGAT, Doctorante en Histoire de l’Art à l’Université de Toulouse II – Jean Jaurès (cor. 2011-2018).
Sandrine VICTOR, Maître de Conférence d’Histoire médiévale au Centre Universitaire Jean-François Champollion d’Albi (cor. 2012-2015).
Monique GILLES, Ingénieur de recherches honoraire du C.N.R.S., 31000 TOULOUSE (cor. 2012, lib. 2018-*2022).
Nicolas BUCHANIEC, Docteur en Histoire de l’Art (cor. 2012-2020).
Luis GONZÁLEZ-FERNÁNDEZ, Maître de conférences à l’Université de Toulouse II – Jean Jaurès (cor. 2013-2018).
Laurence BENQUET, Chargée de recherches à l’INRAP (cor. 2016-2019).
Pierre PISANI, Chef du service archéologique de Toulouse-Métropole (cor. 2015-2020).
Xavier BARRAL I ALTET, Professeur d’Histoire de l’art médiéval (cor. 2018-2022).
Oriane PILLOIX, Doctorante en Histoire de l’Art, Université Toulouse – Jean Jaurès (cor. 2019-2022).
Auguste d’ALDÉGUIER (17..-1866)
Membre fondateur, président de la S.A.M.F (1831-1866)
Lire la notice
Extrait des Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. IX, 1ère livraison, 1867, p. 1-3
ÉLOGE DE M. AUGUSTE D’ALDÉGUIER,
Par M. CAZE, Président
Lu à la séance de rentrée du 20 novembre 1866 (1).
MESSIEURS,
Le titre que je tiens de vos suffrages m’aurait procuré l’honneur, comme aussi le triste privilège, de consacrer à un pieux et douloureux hommage les premières paroles prononcées dans l’enceinte de nos réunions, à la reprise de nos travaux.
Souffrez qu’une absence, indépendante de ma volonté, ne m’enlève pas le droit d’être l’interprète de vos sentiments et l’écho fidèle de vos cœurs.
Je veux, en m’associant à vos regrets, être, par la pensée, au milieu de vous, lorsque vos regards attristés se porteront sur ce siège voilé de deuil, où chaque année, à pareille époque, une voix émue faisait entendre de touchantes paroles sur ceux de nos confrères que la mort nous avait ravis.
C’est donc notre vénéré président qui nous manque aujourd’hui.
Quel est celui d’entre nous qui, s’associant aux douleurs de sa famille, n’a pas reporté son esprit sur notre compagnie et mesuré l’étendue de la perte qu’elle a faite ?
- Auguste d’Aldéguier n’était pas seulement le président de notre Société par le choix libre et sympathique de ses confrères : il en était l’ami dévoué : il en était pour ainsi dire la personnification vivante.
Initié aux pensées les plus intimes de son principal fondateur, de regrettable mémoire, il fut l’un de ceux qui concoururent, par de persévérants efforts, à doter notre ville d’une institution qui répondait aux besoins impérieux d’étudier et de connaître les choses du passé.
Ce n’est pas que la science archéologique ne comptât de dignes et savants interprètes ; mais il fallait concentrer les forces, organiser les travaux, imprimer une direction harmonieuse aux labeurs individuels. Dans ces conditions, la Société nouvelle pouvait, avec quelque confiance, se proposer pour but de rechercher et de recueillir d’abondants matériaux pour l’histoire de l’art, dans notre vieille cité et dans le pays où elle étend un rayonnement d’influence ; de poursuivre ses investigations sous des ruines et dans la poussière des archives ; de dérober, par des fouilles intelligentes, à la terre, qui les recélait depuis des siècles, de précieux produits de la statuaire antique, des fragments de la sculpture architecturale ; d’offrir le concours de son action et de son zèle pour la conservation des monuments légués par les âges, afin de prévenir d’aveugles profanations et des mutilations brutales ou inintelligentes, décorées du titre de restauration ; de demander aux vieux manuscrits, aux inscriptions, aux monnaies, aux médailles, des enseignements et des preuves ; de soustraire ainsi à l’indifférence ou aux dédains, tous ces témoignages muets et parfois éloquents des idées d’autrefois, des moeurs, des caractères, des aspirations, des tendances et des actes des générations écoulées.
Tel est le programme qui s’imposait aux laborieuses investigations et à la sollicitude de nos fondateurs : vous savez si le succès a justifié leurs espérances. Vous savez surtout si notre vénéré président fut fidèle à cette mission : quel autre, mieux que lui, comprit le devoir d’une association fondée pour une aussi noble entreprise ? qui les remplit avec plus d’assiduité, de constance et de dévouement, préoccupé sans cesse d’en propager le bienfait, d’en étendre l’influence, de lui assurer la faveur publique et
les sympathies de tous ceux qu’intéressent le progrès de la science et le
développement des études historiques ?
D’autres que nous, en cette enceinte même et ailleurs, diront les qualités morales de l’homme privé, du chef de famille et de l’époux, les vertus du chrétien, celles du magistrat. Pour nous, à la première heure de cette réunion douloureusement émue de son absence, nous n’avons voulu que rappeler, au risque de les affaiblir beaucoup sans doute, les titres de M. Auguste d’Aldéguier à notre reconnaissance et à nos respects.
En déplorant cette perte prématurée, inspirons-nous de ses exemples et de son attachement à une œuvre qui fut à la fois pour lui l’objet de sérieux travaux, la source de vives jouissances intellectuelles et des plus cordiales relations.
Si nos voeux peuvent arriver jusqu’à lui, avec l’expression de notre douleur et de nos regrets, que son nom reste inséparablement uni au sort d’une institution qui lui fut si chère : c’est le plus digne hommage que nous puissions offrir à sa mémoire !
Gaillac, 18 novembre 1866.
(1) Cette allocution a été transcrite sur le registre des délibérations, à la suite du procès-verbal de la séance du 20 novembre 1866.
Achille AURIOL (1865-1937)
Président de la Société Archéologique du Midi de la France (1921-1937)
Mgr Tournier et Fr. Galabert, Le chanoine Achille Auriol. Notice bio-bibliographique avec portrait, extrait des Annales du Midi, t. LI, année 1939.
La version électronique de cette notice reproduit intégralement l’édition papier de 1939. Les références bibliographiques comportant la mention « sous presse » seront cependant actualisées au cours des prochains mois.
Lire la notice
LE CHANOINE ACHILLE AURIOL
M. le Chanoine Achille AURIOL, président de la Société archéologique du Midi, est mort le 17 mai 1937, âgé de 72 ans. Figure très attachante par son savoir, sa culture, sa finesse, son amour des vestiges du passé méridional.
D’une famille originaire de Cordes en Albigeois, les hasards de la carrière administrative paternelle le firent naître à Cherchell, en Algérie, où ses yeux s’ouvrirent précocement aux beautés des antiques civilisations. En 1877 le jeune Achille vint à Toulouse, qu’il ne devait plus quitter, suivre les classes de l’enseignement secondaire dans le collège Sainte-Marie. Il passe à la Faculté de Droit, qu’il abandonne pour entrer au Séminaire de Saint-Sulpice, à Paris. De retour à Toulouse, il consacre une dizaine d’années au ministère paroissial en qualité de vicaire à Saint-Pierre et au Taur ; et, d’octobre 1901 à octobre 1902, il dirige le collège Stanislas, gagnant la confiance des jeunes par son abord accueillant, sa compréhension des âmes et sa largeur d’esprit. Il se livre ensuite à la prédication, surtout à l’étude, marqué de l’empreinte de trois ecclésiastiques de haute valeur : Mgr Douais, l’abbé Couture, Mgr Batiffol.
Humaniste et artiste, il rapporte de ses voyages en Italie des impressions et des notes qu’il publie en des articles élégants fort remarqués. Archéologue et historien, il entre à la Société archéologique en 1898, prononce des cours publics à l’Institut catholique, décrit les triomphes de sa cathédrale d’Albi, révèle les beautés de maintes églises urbaines ou rurales. Par l’organe de la Revue de l’art chrétien, de la Revue des Pyrénées, de la Revue historique de Toulouse, des Annales du Midi, se propageait, bien au-delà de la région méridionale, sa renommée d’archéologue et d’écrivain d’art.
En janvier 192 1, il remplace M. E. Mérimée comme directeur de la Société archéologique ; et en janvier 1922, au lendemain dé la mort d’Émile Cartailhac, frappé d’hémorragie cérébrale à Genève, l’unanime confiance de ses confrères le porte au fauteuil de la présidence. Doué du sens de la mesure et de l’opportunité, à chacune de ses. communications ou interventions il attestait l’étendue de ses connaissances. Le champ de ses opérations s’élargit lorsque, sur l’avis autorisé de ses amis parisiens, MM. Paul Jamot, Marcel Aubert, Pol Neveux, il est promu conservateur des objets d’art et antiquités de la Haute-Garonne. A ce titre il parcourt les divers cantons du département, attentif à découvrir, pour les sauver de la ruine ou de la disparition par un classement officiel, de nombreux objets d’église.
En mai 1929, le chanoine Auriol prononce avec distinction et autorité un remarquable discours, à la, séance d’ouverture du Congrès de la Société française d’Archéologie tenu à Toulouse. En juin 1931 lors du centenaire de la Société archéologique du Midi, les allocutions et divers discours de M. Auriol, toujours riches de pensée et de verve, revêtirent la même élégance de forme. En ce temps-là, une boutonnière de sa soutane noire s’ornait du ruban rouge de la Légion d’honneur. C’était justice d’avoir ainsi consacré toute une carrière de fécond labeur et de dévouement désintéressé.
Son opuscule Pour visiter Saint-Sernin de Toulouse, guide sûr offert aux touristes ou pèlerins, fut le prélude de l’harmonieux ouvrage dont M. Édouard Privat confia la rédaction aux compétences concordantes de M. le Chanoine Auriol et de M. Raymond Rey. Si la partie de l’architecture et de la sculpture incombait à celui-ci, les questions de décoration, de mobilier, de trésor de la crypte relevaient du spécialiste en art chrétien qu’était celui-là. Grâce à l’heureuse initiative du grand éditeur toulousain, le chanoine Auriol signa un livre, auquel son nom restera plus durablement attaché qu’aux périssables tirages à part de ses meilleurs articles.
Une pénible impuissance d’articulation, supportée avec une souriante sérénité chrétienne, pesa lourdement sur les dernières années de sa vie. Même absent et infirme, l’estime et l’affection de ses confrères lui renouvelèrent jusqu’à la fin le mandat de la présidence. D’un effort émouvant d’amitié, qui l’épuisa, il voulut paraître à la cérémonie de remise de l’épée académique à M. Joseph Calmette, membre de l’Institut, et directeur de la Société archéologique. Il ne devait plus ressortir vivant de son vieil appartement de la rue de l’Université.
Ses traits de fine jeunesse réfléchie revivent sur la toile qu’anima le pinceau, à la veille de défaillir, de la regrettée Mlle Cartailhac.
Il honora singulièrement la science archéologique et l’art chrétien. Plusieurs de ses plus belles pages, consacrées à la Tapisserie de Saint-Martial de la cathédrale de Toulouse et aux fresques de la cathédrale d’Albi, parurent en 1920, 1921, 1924, dans les Annales du Midi.
Mgr Clément Tournier.
BIBLIOGRAPHIE
Nous avons compris dans le relevé chronologique qui suit des œuvres comme les panégyriques de saints qui sembleraient par leur nature devoir être exclues d’une bibliographie d’érudition, mais qui nous ont paru dignes d’y figurer en raison des précisions historiques ou archéologiques qui apparaissent à chaque instant au milieu de développements purement religieux.
Nous avons également fait le relevé des allocutions prononcées dans diverses circonstances par le chanoine Auriol. Elles sont caractéristiques de la finesse et du mordant de son esprit, de l’étendue de ses connaissances, de 1a richesse de sa pensée, de la perfection de son style.
Nous adressons nos remerciements à Mlle Auriol, dont les indications nous ont permis de retrouver d’intéressants travaux de son frère, ainsi qu’à Mgr Tournier, curé-doyen de la basilique de Saint-Sernin, qui a bien voulu relever les publications du chanoine Auriol dans le Bulletin paroissial de Saint-Sernin.
Fr. GALABERT.
1° TRAVAUX.
1. Décoration du dôme et érection du maître autel de église des Chartreux à Toulouse (aujourd’hui Saint-Pierre), en 1780. – Bull. Soc. arch. Midi (1895-1896), p. 128.
2. La construction de l’église des Chartreux à Toulouse et la décoration du chœur de cette église. – Ibid. (1896-1897), p. 82.
3. Le testament de Bruno de Ruade, évêque de Couserans (9 février 1636). – Rev. Gascogne (1897), p. 112.
4. Les grilles de l’église des Chartreux, aujourd’hui Saint-Pierre, à Toulouse. – Bull. Soc. arch. Midi (1897-1898), p. 71.
5. La destruction de la Chartreuse de Castres par les Huguenots en 1567. – Ibid., p. 132.
6. Sur le mobilier de l’église du Taur. – Ibid. (1898-1899, séance du 27 décembre 1898), p. 24.
7. Un synode diocésain à Albi au XVIIIe siècle. – Ibid. (séance du 10 janvier 1899), p. 32.
8. La Chartreuse de Castres au XVIe siècle. – Ibid. (séance du 13 juin 1899), p. 140.
9. Une initiale de l’antiphonaire de Philippe de Lévis. – Ibid. (séance du 4 juillet 1899), p. 161.
10. L’ostensoir de Saint-Nicolas à Toulouse. – Ibid. (séance du 11 juillet 1899), p. 167.
11. Miniature de l’antiphonaire de Mirepoix : la Vierge et ses attributs. – Ibid., nos 25-28 (1899-1901, séance du 28 novembre 1899), p. 14.
12. Note sur un fer à hosties du XVe siècle. – Ibid. (séance du 26 décembre 1899), p. 35.
13. Deux pages de l’histoire du monastère des Clarisses du Salin, à Toulouse. – Bull. hist. et phil. du Ministère (1899), p. 137 (Cf. Bull. Soc. arch. du Midi, 1898-1899, p. 73, résumé).
14. Les Clarisses du Salin à Toulouse. – Bull. litt. ecclésiastique de Toulouse (1899), p. 117, 154.
15. Sainte Cécile et la cathédrale d’Albi. – Mélanges Cabrières (1899), t. I, p. 329.
16. Un point dans l’histoire de la régale : la dernière lettre de F. de Caulet, évêque de Pamiers, à son métropolitain. – Bull. Soc. ariégeoise, VII (1899-1900), p. 40.
17. De quelques dévotions privées au XVe siècle. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 25-28 (1899-1901, séance du 20 février 1900), p. 107.
18. Fondation de la Chartreuse de Toulouse. – Rev. Pyrénées, XII (1900), p. 433 (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, 1899-1901, p. 201, résumé).
19. Rapport général sur le Concours de 1900. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 25-28 (séance du 23 décembre 1900), p. 237.
20. Encore la tête sculptée d’Orléans prétendue de Jeanne d’Arc. – Ibid. (séance du 9 janvier 1901), p. 249.
21. De Fra Angelico et de son œuvre (Extr. de la Revue thomiste,1898), Paris, 1898 ; in-8° de 24 p.
22. Id. Conférence faite au Cercle Lacordaire à Toulouse le 10 février 1898. Toulouse, Privat, 1898 ; in-8° de 40 p.
23. A Fiesole (Extr. de l’Ame latine, 15 mars et 15 avril 1899). (Fiesole, 22 juillet 1898). Toulouse imp. Cléder in-4° de 10 p.
24. La Madone de Pise (ibid., 15 août 1899). (Pise, 8 juillet 1898). Toulouse, imp. Cléder ; in-4° de 4 p.
25, Pérégrination dantesque. – 1. Dante au Jubilé de l’an 1300 (Extr. de l’Ame latine, mai-juin 1901, p. 133-139, 168-181) (Rome, 29 septembre 1900). – II. Le tombeau de Dante (ibid., juillet 1901, p. 202-211) (Ravenne, 8 octobre 1900). -T. à p., imp. Cléder, 1901 ; petit in-8° de 32 p.
26. Échos de Toscane.
I. Santissima Annunziata (Florence, 8 septembre 1902) (Extr. de l’Ame latine, juin, juillet, août 1903, p. 228-232, 268-273, 301-309). T. à p., Toulouse, imp. Cléder, 1903 ; in-8° de 25 p.
II A propos du saint Georges d’or San Michele (Fiesole, septembre 1902) (Extr. de l’Ame latine, mars 1904, p. 86-102). T. à p., Toulouse, imp. Cléder, 1904 ; in-8° p. 33-49.
III. Mino da Fiesole à Fiesole (Fiesole, in septembre 1905) (ibid., 1905). T. à p., Toulouse, imp. Cléder, 1905 ; in-8° p. 57-71.
IV. Les paysages de Fra Angelico (Fiesole, septembre 1905) (ibid., 1907). T. à p., Toulouse, imp. Cléder, 1907 ; in-8°, p. 77-96.
En comptant les pages blanches du début et de la fin, la pagination de ces quatre brochures forme une série continue.
27. La psychologie de Botticelli à propos du 4e centenaire de sa mort (1510-17 mai 1910). – Rev. Pyrénées, t. XXII (1910), p. 192-211. T. à p. (Leçon professée à l’Institut catholique de Toulouse). Privat, 1910 ; in-8° de 22 p.
28. Dans la cité de Carcassonne (Carcassonne, 20 avril 1902) (Extr. de l’Ame latine, 1902). Toulouse, imp. Cléder, petit in-8° de 10 p.
29. Crosse, dite de saint Louis d’Anjou, à Saint-Sernin de Toulouse. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 29-31 1901-1903, séance du 23 décembre 1902), p. 216.
30. Un mortier roman servant de bénitier dans l’église de Villardonnel (Aude). – Ibid., nos 37-39 (1906-1909, séance du 4 février 1908), p. 234.
31. Nouvelles archéologiques de Rome. Restaurations heureuses et projets menaçants. – Ibid. (séance du 24 mai 1908), p. 309.
32. La croix de la halle de Cordes. – Ibid. (séance du 16 mars 1909), p. 429.
33. Fragments d’un sarcophage paléo-chrétien, conservés à Saint-Germier-le-Vieux, près Muret . – Ibid. (séance du 4 mai 1909), p. 472.
34. Fragment d’un bas-relief eucharistique trouvé à l’Isle-en-Jourdain. – Ibid. (séance du 29 juin 1909). p. 522.
35. Deux croix du Moyen âge de la région cordaise en Albigeois [à Campes et aux Fargues]. – Ibid., nos 40-41 (1909-1912 séance d’avril 1910), p. 65.
36. Une pietà du XVe siècle à l’église Saint-Pierre de Toulouse. Ibid. (séance de juin 1910), p. 106.
37. Inscription romaine trouvée à Saint-Germier-le-Vieux, près Muret (Haute-Garonne). – Ibid. (séance de décembre 1910), p. 148.
38. Une hypothèse relative à un tableau de Cammas, conservé à la Dalbade. –Ibid. (séance de février 1911), p. 179.
39. Trois épitaphes de l’ancien cloître de Saint-Sernin. – Ibid. (séance du 26 décembre 1911), p. 257.
40. Le lustre historié de l’église de Milhars en Albigeois. – Ibid. (séance du 23 janvier 1912), p. 277. (Cf. ci-dessous, n° 48.)
41. Un ostensoir du XVIIe siècle à Saint-Nicolas de Toulouse. – Ibid., p. 280.
42. Un calice ancien conservé à Gramont, près Toulouse. – Ibid. (séance du 23 avril 1912), p. 346.
43. Le sceau d’un prieur de Notre-Dame de la Daurade, Toulouse. – Ibid. (séance du 28 mai 1912), p. 365.
44. Cinq châsses du XVIe siècle conservées à Saint-Sernin. – Ibid., nos 42-43 (1912-1914, séance du 3 juin 1913), p. 122.
45. Les traditions iconographiques dans les peintures de la voûte de Sainte-Cécile d’Albi. – Albia christiana, IX (1912), p. 113, 177.
46. Quelques précisions iconographiques relatives aux fresques de Sainte-Cécile d’Albi. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 42-43 (1912-1914, séance du 9 décembre 1913), p. 179.
47. La voûte de Sainte-Cécile d’Albi et la tradition iconographique. – Rev. art chrétien, LXIII (1913), p. 91.
48. Le lustre gothique de l’église de Milhars (Tarn). – Ibid., p. 325. (Cf. ci-dessus, n° 40.)
49. Une chronique albigeoise de 1759. – Albia christiana, X (1913), p. 289.
50. Albi, les peintures de Sainte-Cécile, in-4° oblong, texte et 16 pl., 1913 (en collaboration avec Lassalle).
51. Les chapiteaux de la porte des Comtes à Saint-Sernin de Toulouse. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 44-45 (1914-1917), p. 63.
52. Les dévotions populaires à la fin du Moyen âge (causerie faite à Montauban le 14 juin 1915 ; sera imprimé ultérieurement dans Rev. historique de Toulouse).
53. Les fresques de la sacristie de Saint-Sernin à Toulouse. – Ibid., n° 45 (1916-1917), p. 246.
54. Réparations à la maison du grand veneur à Cordes. – Ibid., p. 400.
55. Une page sur chaque église de Toulouse (Textes d’inscriptions projetées). –Ibid. (séance du 16 mai 1916), p. 407.
56. Un coffret d’ivoire gothique conservé au Musée Saint-Raymond à Toulouse. – Ibid., nos 46-47 (1917-1925, séance du 8 janvier 1918), p. 60, 178.
57. La tapisserie de Saint-Bertrand à la cathédrale de Toulouse. Ibid. (séance du 8 juillet 19 19), p. 197 (résumé).
58. Sur une gravure ancienne représentant saint Germier, évêque de Toulouse. – Mém. Soc. arch. Midi, XVII (1919, 1ère livraison), p. 33.
59. Contribution à l’iconographie de saint Exupère ; une gravure toulousaine du XVIe siècle. – Ibid., XVII (1919, 2e livraison), p. 19 (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, nos 40-41, 1902-1912, séance de décembre 1910, p. 141).
60. Un recueil d’hymnes et oraisons à l’usage des Pénitents bleus de Toulouse. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 46-47 (1917-1925, séance du 2 mars 1920), p. 211 (résumé).
61. La tapisserie de Saint-Martial à la cathédrale de Toulouse. – Ann. Midi, XXXII (1920), p. 339 (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, nos 46-47, 1917-1925, séance de juin 1918, p. 185, résumé).
62. Un épisode de la « Vita fabulosa sancti Stephani protomartyris » sur une tapisserie de la cathédrale de Toulouse. – Rev. historique de Toulouse, VII (1920), p. 24, (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, nos 46-47, 1917-1925, séance du 24 février 1920, p. 209, résumé).
63. Sur une sculpture du XVIIe siècle représentant le martyre de saint Saturnin. – Rev. historique de Toulouse, VII (1920), p. 241.
64. Pour visiter Saint-Sernin de Toulouse. – Toulouse, imp. Fournier, 1920, in-18 de 49 p., 7 pl.
65. Nouvelle lecture de l’inscription qui accompagne la fresque du couronnement de la Vierge dans la sacristie de Saint-Sernin. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 46-47 (1917-1925, séance du 1er février 1921), p. 227.
66. Première édition de la Divine Comédie. – Ibid. (séance de mai 1921), p. 234.
67. Une figuration de Toulouse sur une tapisserie de la cathédrale – Rev. historique de Toulouse, VIII (1921), p. 5.
68. L’orgue des Jacobins de Toulouse transféré à Saint-Pierre. – Ibid., p. 105 (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, 1917-1925, séance du 1er février 1921, p. 227).
69. Interprétation nouvelle d’un vieux thème iconographique. Une fresque de la cathédrale d’Albi. – Ann. Midi, XXXIII (1921), p. 18.
70. Trois hôtels de la Renaissance à Castres. – Bull. Soc. Arch. Midi, nos 46-47 (1917-1925, séance d’avril 1922), p. 442.
71. L’ancienne décoration de l’église du Taur. –Rev. historique de Toulouse, IX (1922), p. 200.
72. Un plafond ancien découvert au presbytère de Saint-Pierre. – Ibid., X (1923), p. 232 (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, 1917-1925, séance de juin 1923, p. 470).
73. La plate-tombe et la statue de Denis Dumoulin, évêque de Paria. auparavant archevêque de, Toulouse, à Notre-Dame. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 46-47 (1917-1925, séance de janvier-avril 1923), p. 365, 455.
74. « La Journée de la Sainte-Famille », sculpture sur bois, à Sainte-Cécile d’Albi. – Ibid., p. 232, 368.
75. Le seau baptismal de Fronton (Haute-Garonne). – Ibid. (séance du 3 février 1925), p. 374, 500.
76. Calice du XVIIe siècle à Gragnague. – Ibid. (séance de janvier 1923), p. 457.
77. Bulle de canonisation de saint Thomas d’Aquin. – Ibid. (séance de juin 1923), p. 466 (en collaboration avec Loirette).
78. Notes sur la décoration du sanctuaire de Saint-Sernin de Toulouse au XVIIIe siècle. – Rev. historique de Toulouse, XI (1924), p. 161. (Cf. Bull. Soc, arch. Midi, 1917-1925, séance de janvier 1924, P. 479.)
79. Les fresques de la chapelle Sainte-Croix à Sainte-Cécile d’Albi. – Ann. Midi, XXXVI (1924), p. 418. (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, n° 44 (1914-1915), p. 132, résumé).
80. Compte rendu de : Mâle (E.), L’art religieux du XIIe siècle en France. – Ann. Midi, XXXVI (1924), p. 479.
81. Le prestige de Rome antique dans l’imagination du Moyen âge (conférence donnée à la Société de géographie de Toulouse le 13 novembre 1923). – Bull. Soc. géographie de Toulouse, janvier-février 1924, p. 57 et 67.
82. Lettre au maire de Toulouse au sujet d’arbres malencontreusement plantés près de Saint-Sernin. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 46-47 (1917-1925, séance du 3 mars 1925), p. 500.
83. Notices sur Toulouse, histoire, sur Saint-Sernin, le Taur, Saint-Pierre, la Dalbade. – Dans Notes sur Toulouse, par Émile Cartailhac. Toulouse, Privat, 1925 ; in-16 de 207 p.
84. La technique de la fabrication d’un reliquaire de Saint-Sernin au XVe siècle. – Rev. historique de Toulouse, XII (1925), p. 210. (Cf. Mém. Académie des Sciences de Toulouse, 12e série, t. III (1925), p. 568, résumé).
85. La procession des corps saints. – Bull. paroissial de Saint-Sernin, janvier, février, avril-décembre 1926 [signé Le Toulousain].
86. Le culte de saint Thomas d’Aquin à Saint-Sernin. – Ibid., janvier à mai 1927 [signé id.].
87. Le culte de saint Raymond Gairard, architecte et chanoine de Saint-Sernin, dans la basilique toulousaine. – Ibid., juillet, octobre, novembre 1927 [signé id.].
88. Restauration du clocher de l’église de Saint-Michel de Cordes (Tarn). – Bull. Soc. arch. Midi, n° 48 (1925-1930, séance de mai 1927), p. 88.
89. Le culte de saint Exupère à Saint-Sernin. – Bull. paroissial de Saint-Sernin, décembre 1927, janvier 1928 [signé A. Auriol].
90. Le culte de saint Jacques à Saint-Sernin. – Ibid., février à juin 1928.
91. Les origines de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. – Ibid., juillet 1928.
92. Les stalles du chœur de Saint-Sernin. – Bull. Soc. arch. Midi, n° 48 (séance de janvier 1928), p. 94.
93. Dans les ruines de l’abbaye de Boulbonne. (Ce travail se trouve dans le volume de Brusson (A.), intitulé : L’orgue de Cintegabelle (Haute-Garonne), étude documentaire par A. Brusson. La facture et les buffets d’orgue en France au XVIIe siècle ; le buffet d’orgue de Cintegabelle, par N. Dufourq. Suivi de : Dans les ruines de l’abbaye de Boulbonne ; par le chanoine Auriol. – Toulouse, imp. : Douladoure, 1928 ; in-8° de 22 p.)
94. L’apocalypse du couvent des Augustins à la Bibliothèque de Toulouse. – Trésor des Bibliothèques de France, t. II, fasc. 8 (1929), p. 133. (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, n° 48, séance d’avril 1929, p. 116, résumé.)
95. La cathédrale d’Auch (Rapport sur le travail de M. Montariol pour le concours du 27 janvier 1929, cf. Bull. Soc. arch. Midi, n° 48, séance du 6 février 1929, p. 113 ; sera, imprimé ultérieurement).
96. L’évolution urbaine à Toulouse. – (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, n° 48, février 1929, p. 114.) [Travail destiné à être inséré dans la 2e édition en préparation de Lahondès Les monuments de Toulouse].
Cette deuxième édition contient de nombreuses additions ou corrections dues également au chanoine Auriol.
97. La cathédrale d’Albi. – Congrès archéologique de France, 92e session, Toulouse (1929), p. 362.
98. Restauration des vitraux de Sainte-Cécile d’Albi. – Bull. Soc. arch. Midi, n° 48 (1925-1930, séance d’avril 1930), p. 144.
99. « La descente de saint Paul en enfer ». manuscrit de la Bibliothèque de Toulouse. – Trésor des Bibliothèques de France, t. III, fasc. 12 (1930), p. 131. (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, séance du 3 février 1931 (sous presse), résumé).
100. Compte rendu de : Dutil, La Haute-Garonne et sa région. – Ann. Midi, XLII (1930), p. 414.
101. Les peintures de la chapelle Saint-Antonin aux Jacobins de Toulouse. – Mém. Soc. arch. Midi, XVII (2e livraison, 1930), p. 1 (Cf. Mém. Académie da Sciences de Toulouse, 12e série, t. VI (1928), p. 308, résumé). – Congrès archéologique de France. 92e session, Toulouse (1929). p. 97.
102. Monuments historiques de la Haute-Garonne. III. Objets mobiliers classés. – Mém. Soc. arch. Midi, XVII (2e livraison 1930), p. 25. (Cf. aussi ci-dessous n° 106).
En sa qualité de conservateur des objets d’art et antiquités de la Haute-Garonne, le chanoine Auriol a fait de chaque objet une description particulièrement précise et détaillée qui est à la Direction des Beaux-Arts à Paris et dont une copie est conservée aux Archives départementales de la Haute-Garonne.
103. La basilique Saint-Sernin de Toulouse Toulouse, Privat ; Paris, H. Didier, 1930, in-16 de 367 p. (en collaboration avec Raymond Rey).
104. Un livre liturgique du Trésor de Saint-Sernin. – Bull. paroissial de Saint-Sernin, octobre, novembre 1931.
105. Le calendrier du bréviaire franciscain. Ibid., novembre, décembre 1931.
106. Liste d’objets mobiliers classés comme monuments historiques. – Bull. Soc. arch. Midi, séances du 20 janvier, 24 février 1931, 7 juin 1932 (sous presse ; cf. n° 102).
107. Le « Missel des Minimes », manuscrit enluminé de la Bibliothèque publique de Toulouse. – Mém. Soc. arch. Midi, XVIII (1932), p. 39 (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, séance de janvier 1932 (sous presse), résumé).
108. Le descellement et le transport au Musée des bas-reliefs de Nicolas Bachelier du retable de la Dalbade. – Ibid., p. 191 (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, n° 48, séance de mai 1928, p. 102).
109. Deux missels manuscrits de la bibliothèque de Toulouse [Missel de Rieux, missel des Augustins]. – Trésor des Bibliothèques de France, t. IV, fasc. 15 (1932), p. 108.
110. Compte rendu de : Lavedan et Rey, Au pays de Comminges. – Ann. Midi, XLIV (1932), p. 351.
111. Compte rendu de : Chanoine F. Vernet, La Drôme monumentale et archéologique. II. Saint Restitut. Ibid., XLV, (1933), p. 463.
112. Le cycle de la Passion et de la Résurrection dans les fresques de la cathédrale d’Albi. – Bull. monumental, XCII (1933), p. 29.
113. La chapelle des Anges à la cathédrale d’Albi. – Ibid., XCIII (1934), p. 309.
114. Le Missel des Jacobins, manuscrit de la Bibliothèque de Toulouse. – Trésor des Bibliothèques de France, t. V, fasc. 18 (1934), p. 65 (Cf. Bull. Soc. arch. Midi, séance du 21 mars 1933, sous presse).
115. Compte rendu de : P. de Gorsse, L’abbaye cistercienne de Sainte-Marie-de-Valmagne au diocèse d’Agde. – Ann. Midi, XLVI (1934), p. 166.
116. A propos d’une toile de la Daurade représentant le pressoir mystique. – Bull. Soc. arch. Midi, séance du 10 avril 1934 (sous presse).
117. Une illustration d’un épisode toulousain des miracles de saint Jacques. – Mém. Soc. arch. Midi, XIX (1935), p. 1 (communication du 25 avril 1933, Cf. Bull., 1933, sous presse).
118. Un coffret du XIVe siècle. – Ibid., p. 85.
119. Ode de Clémence Isaure à sainte Cécile, à quatre voix d’hommes, poème latin de A. Auriol, musique de F. de la Tombelle. Partition, petit in-4° de 8 p. Paris, l’Orphéon, s. d.
120. Le poème des heures, hymne choral à quatre voix d’hommes, strophes latines de A. Auriol, musique de F. de la Tombelle. Partition, petit in-4° de 8 p. Paris, l’Orphéon, s. d.
2° NOTICES NÉCROLOGIQUES.
121. Mgr Douai, évêque de Beauvais (1848-1915). – Bull. Soc. arch. Midi, nos 44-45 (1914-1917), p. 23. – Réimprimé à Beauvais, imp. départementale, sous forme de brochure in-8°, de 15 p., 2 pl. avec diverses modifications : Mgr Douai, Les années de Toulouse.
122. Adolphe Couzi. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 46-47 (1917-1926), p. 25.
123. Colonel de Bourdès. – Ibid., p. 281.
124 Henri-Pierre-Antoine-Marie Cazac. – Ibid., p. 282.
125. Arthur Romestin. – Ibid., p. 284.
126. Raymond Pontnau. – Ibid., p. 296.
127. Edmond Saint-Raymond. – Ibid., n° 48 (1925-1930), p. 1
128. Baron Desazars. – Ibid., p. 4.
129. Barrière-Flavy. – Ibid., p. 7.
3° DISCOURS.
130. Panégyrique de saint Bernard prononcé dans l’église abbatiale de Sainte-Marie-du-Désert, le 20 août 1897. Ligugé (Vienne), imp. Saint-Martin, 1897 ; in-8° de 29 p.
131. Omelia ai pellegrini italiani pronunziata nella Basilica di S. Saturnino, a Tolosa Il 1 Settembre del 1898. – Firenze. Tip. del S. Cuore e della ss. Concezione di Raffaello Ricci, 1898 ; in-8° de 11 p.
132. Allocution prononcée dans la chapelle du Collège de l’Immaculée Conception, en la fête de l’Association des anciens élèves de Sainte-Marie, 10 février 1901. Toulouse, imp. Douladoure-Privat, petit in-8° de 7 pages (Extrait de Association amicale des anciens élèves de l’École libre Sainte-Marie de Toulouse, 35e assemblée, p. 8-14).
133. Panégyrique de saint Jérôme prononcé en l’église Saint-Jérôme de Toulouse, le 10 octobre 1897 et le 4 octobre 1908. – Ligugé (Vienne), imp. Saint-Martin, 1897 ; in-8° de 29 p. – Toulouse, imp. Saint-Cyprien ; 1909 ; petit in-8° de 20 p.
134. Panégyrique de Jeanne d’Arc prononcé dans l’église Saint-Michel de Cordes, diocèse d’Albi, 4 juillet 1909. Albi, imp. des orphelins-apprentis, in-8° de 9 p.
135. Panégyrique de saint Salvy prononcé à Albi dans l’insigne collégiale de Saint-Salvy. 10 septembre 1911. S. 1. n. d. ; in-16 de 18 p.
136. Allocution à l’occasion de la mort de Cartailhac. – Bull. Soc. arch. Midi, nos 46-47 (1917-1925, séance du 29 novembre 1921), p. 6.
137. Remerciement à l’occasion de sa nomination comme chanoine. – Ibid. (séance du 16 décembre 1924), p. 494.
138. Allocution à l’occasion de l’élection de M. Durrbach à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. – Ibid., n° 48 (séance du 1er juin 1926), p. 68.
139. Allocution à l’occasion de l’élection de M. Calmette comme correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Ibid. (séance du 18 décembre 1928), p. 107.
140. Discours de réception de la Société française d’archéologie. Ibid. (séance du 30 mai 1929), p. 119. – Congrès archéologique de France, Toulouse (1929), p. 548, 567, 571.
141. Remerciement à l’occasion de la remise de la croix de la Légion d’honneur. – Bull. Soc. arch. Midi, n° 48 (séance du 12 novembre 1929), p. 131.
142. Adresse à l’Académie de Montauban à l’occasion de son bicentenaire. – Recueil de l’Académie de Montauban. Fêtes du deuxième centenaire, t. XL (séance du 19 octobre 1930), p. 75.
143. Allocution à l’occasion de la nomination de M. Galabert comme chevalier de la Légion d’honneur. – Soc. arch. Midi (séance du 3 mars 1931, sous presse).
144. Allocution à l’occasion de la mort de M. Durrbach. – Ibid. (séance de mai 1931, sous presse).
145. Allocution et discours aux fêtes du centenaire de la Société archéologique (séance du 14 juin 1931). – Centenaire de la Société archéologique du Midi de la France, in-4°, 1932, p. 8 et 11.
146. Allocution à l’occasion de la promotion de M. Perreau au grade d’officier de la Légion d’honneur et de la nomination de M. Calmette comme chevalier du même ordre. – Ibid. (séance du 5 février 1932, sous presse).
147. Discours d’ouverture de l’année académique. – Ibid. (séances du 15 novembre 1932 et du 21 novembre 1933).
148. Trois jubilés académiques (allocution au colonel Delort, à MM. de Rey-Pailhade et Lécrivain). – Ibid. (séance du 28 décembre 1932, sous presse).
149. Allocution à l’occasion du nouvel an. – Ibid. (séance du 9 janvier 1934, sous presse).
I50. Allocution à l’occasion de l’élection de M. Calmette comme membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. – Ibid. (séance du 20 mars 1934, sous presse).
Marguerite de BÉVOTTE (....-1993)
Membre de la S.A.M.F. (1974-1993)
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Bibliographie
La « Nostre-Dame de Grasse » du Musée des Augustins de Toulouse. Le rayonnement de son art dans les régions voisines à la fin de l’ère gothique.- [Rodez] : Imprimerie P. Carrère, 1932
Un manuscrit tarnais de l’époque romantique : « Souvenirs de notre enfance » par Coraly de Gaïx, dans Revue du Tarn, juin 1968
La maison Jabert. un roman inédit de l’Occitanienne de Chateaubriand, dans Revue du Tarn, juin-septembre-décembre 1969
Un manuscrit de l’Occitanienne de Chateaubriand : « Ma vie littéraire », dans Revue du Tarn, septembre 1970
Gabriel BERNET (1911-1998)
Membre de la S.A.M.F. (1974-1998)
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Un des plus anciens et des plus fidèles membres de notre compagnie nous a quittés alors que s’ouvrait la nouvelle année académique. Gabriel Bernet, d’abord membre correspondant de la Société Archéologique du Midi de la France en 1974, accéda à la titularisation le 18 janvier 1983. Cet honneur fut l’aboutissement d’une longue série de recherches conduites pendant de nombreuses années dans les Archives départementales. Le résultat en fut la publication de textes sur des sujets que les historiens n’avaient pas approfondis, tant les thèmes traités par Gabriel Bernet relevaient d’une érudition méticuleuse, limités à l’histoire locale.
Les activités intellectuelles de notre regretté confrère se sont déroulées sous la double exigence de l’enseignement et de la rigueur. Né à Toulouse en 1911, marié en 1935, Gabriel Bernet eut quatre enfants. Toulousain, il le resta toute sa vie. Entré à l’École Normale du département en 1929, il en sortit en 1932, ayant acquis une somme de connaissances qu’il dispensa à des générations de jeunes élèves. Pour lui, être instituteur fut un sacerdoce laïque où le maître prêchait l’exemple par son comportement, son sens du civisme, sa volonté de transmettre le savoir. Cette vie s’est déroulée dans la discrétion. Gabriel Bernet était discret, très discret, confirmant le jugement de Jean-Jacques Rousseau dans l’Émile : les gens qui savent beaucoup parlent peu.
Sa carrière professionnelle ne l’éloigna pas de Toulouse. Nommé à Bouzins en 1932, à Plaisance-du-Touch en 1934, c’est dix ans plus tard qu’il rejoignit Verfeil. En 1948, il exerça à Toulouse, d’abord à l’école du Nord, puis en 1957 au groupe scolaire Pierre-Dupont, terminant sa carrière comme maître permanent de classe d’application.
Gabriel Bernet n’avait pas choisi de devenir chercheur. C’est néanmoins cette fonction qui le signala aux milieux cultivés de Toulouse. Il occupa ses loisirs à livrer des articles d’histoire locale à des revues savantes, articles dont on peut affirmer qu’ils n’étaient pas du genre superficiel. Ses écrits puisaient les éléments de base dans des documents originaux jamais exploités.
Notre confrère n’attendit pas d’être à la retraite pour étudier les détails de l’histoire d’un village qu’il connaissait bien. C’est ainsi qu’il livra, dès 1937, une étude sur la commune de Teulat, travail qui lui valut l’attribution de la médaille d’argent de notre société. La voie était ouverte. Il allait parcourir le chemin aride de la recherche, révélant ainsi sa vraie vocation. Ses travaux n’excluront aucun thème : seigneuries, paroisses, familles, bâtiments, faits divers. Son nom paraîtra dans les Annales du Midi, la Revue du Tarn, Archista, L’Auta et bien sûr, dans les Mémoires de notre société. On le trouvera aussi dans un ouvrage important sur le canal du Midi et dans les Actes d’une fédération historique et archéologique.
On ne peut citer tous ses travaux. Rappelons que l’Académie des Jeux Floraux lui décerna un prix de prose en 1975 et, l’année suivante, le prix Pascal-Vidal. En 1970, le conseil d’administration des « Toulousains de Toulouse » lui offrit un siège. La société archéologique de Lavaur lui avait réservé par ailleurs un poste de vice-président. S’il n’est pas possible de citer l’ensemble des travaux de Gabriel Bernet, on ne peut omettre d’en rappeler quelques-uns. Tous étaient conduits avec rigueur, minutie, précision. Rien n’était accessoire pour lui. Sa curiosité privilégia d’abord les études sur les communes de Teulat et de Pugnères, proches de Verfeil, sans négliger pour autant d’autres sujets. Ainsi traita-t-il de l’hôtel de Montbel qui connut d’illustres occupants : les Malaret, Montbel, Auguste Puis et Paul Voivenel.
Gabriel Bernet tira de l’oubli l’ancien château où demeuraient les Malaret au XVIIIe siècle et au début du XIXe, quand ils quittaient l’hôtel d’Hautpoul à Toulouse. On lui doit aussi une étude approfondie de la maison des Ferrier et de l’enclos des Benech, domaine situé à Toulouse à l’angle des rues Joly et des Trente-six-Ponts. L’étude de cette bâtisse massive et de l’enclos prend source au XVIe siècle, époque où les Ferrier les possédaient avant de devenir plus tard les propriétés d’Antoine Darquier et de connaître le morcellement. En quelques pages, Gabriel Bernet nous instruit sur les maîtres-maçons, les détails de la construction, les caractéristiques des bâtiments, les matériaux utilisés, les contrats et tous les propriétaires successifs et leurs familles.
C’est bien d’une famille de procureurs et de conseillers que nous entretient ce chercheur exigeant lorsqu’il traite des Reste, de l’étymologie du nom et du château. Il n’est pas jusqu’à la belle demeure du comte d’Espie, due à Labat de Savignac, souvent étudiée et décrite, qui ne retienne l’attention de Gabriel Bernet. Son long article expose tous les détails, souvent inédits, de la construction de l’hôtel ainsi que les circonstances des transactions dont il fut l’objet au cours du temps.
Pour Gabriel Bernet le moulin de Nagasse sur le Girou, étudié à partir de documents dont les plus anciens remontent au XIVe siècle n’a rien à cacher des étapes de sa construction, des baux à bâtir, des meules, des réparations, des entrepreneurs ainsi que des propriétaires successifs jusqu’au XVIIe siècle. Alors apparaissent les Verdiguier, les Lacroix, les Malaret, les Bernet, jusqu’aux propriétaires actuels qui transformeront une ruine en un bâtiment retrouvant une silhouette harmonieuse.
En 1966, les Annales du Midi publient, sur plus de 30 pages, l’Économie d’un village du Lauragais. Il s’agit du consulat de Pugnères dont Gabriel Bernet avait dressé un tableau complet pour la période de 1593-1715, à partir du compoix de la fin du XVIe siècle, étayant par la suite son texte sur les inventaires des notaires de Pugnères et des villages voisins. Cela permis de suivre l’évolution des cultures, de l’élevage et de l’outillage tout au long du XVIIe siècle dans ce centre pastelier très actif.
Ces mêmes Annales publiaient, en 1979, un article très documenté sur un marchand toulousain : Jean Giscard, marchand drapier sous Louis XIV. Nous allons suivre ce marchand tout au long de sa réussite depuis 1695 jusqu’à 1713. Dans cet article, Gabriel Bernet situe la clientèle de ce vendeur d’étoffes, de bonneterie, de couvertures et autres articles, clientèle couvrant, outre Toulouse, le Lauragais, la vallée de la Garonne et atteignant même le Vellay. De sa première boutique place de la Pierre jusqu’à son installation rue des Filatiers, les archives ont fait surgir des faits jusqu’alors ignorés.
C’est aussi la rue des Filatiers, au numéro 50 plus précisément, qui retient l’attention de notre regretté confrère. Un soir de l’année 1762, sort rapidement de cet immeuble, puis y retourne quelques instants plus tard, un jeune gentilhomme. Le gentilhomme gris de l’affaire Calas, paru dans la Revue du Tarn en 1985, relate par le détail l’histoire de la famille Lavaysse tirée de lettres et documents conservés au château de Pujolet.
L’histoire et les vicissitudes de la commune de Teulat seront présentées dans la Revue du Tarn, précisant comment ce village devint en 1803 une unité administrative du département du Tarn malgré les protestations de ses habitants.
Bien d’autres sujets seront traités par Gabriel Bernet, une quarantaine, semble-t-il. Retenons L’assiette du diocèse civil de Toulouse ou encore Les Cézeron, musiciens et maîtres de danse, article qui fournit une explication de la faveur dont jouissent les maîtres de danse à Toulouse au XVIIIe siècle.Citons aussi Le legs pieux d’un riche marchand toulousain en 1605.
Si Gabriel Bernet a privilégié l’histoire locale, il n’en a pas oublié pour autant celle des hommes. Ainsi en fut-il des articles sur Henri Lassalle poète toulousain, sur Anglade sculpteur toulousain, sur Le fils aîné de Pierre Assézat, fils dont l’existence avait été niée par Jules Chalande et Alex Coutet.
Dans cette série de travaux nous retiendrons surtout une suite d’études sur Riquet et sa famille. Elle commença par une communication faite aux membres de notre société en 1975 : le titre en fut Sur les pas de Riquet en pays toulousain. Le séjour de Riquet à Revel, la construction du château de Bonrepos, les maîtres d’œuvres, rien n’échappa à l’auteur qui effectua alors un dépouillement complet des archives, poursuivant Riquet de notaire en notaire de 1648 à 1668. La profusion des notes en renvoi dans le texte imprimé souligne la valeur de cette exploration. Puis ce fut Les Riquet de la mort du père (1680) à celle du fils aîné (1714), article conséquent avec, en additif, la description de médailles et monnaies frappées en l’honneur de Riquet. Les archives ont livré de multiples détails et des précisions sur la famille et les descendants, ce qui fera l’objet d’un nouveau titre Les mariages des trois filles de Riquet. Quant à Alexandre de Riquet, conseiller au parlement puis procureur général, d’abord attiré par les expériences de physique et de chimie, Gabriel Bernet nous le présentera comme astronome, curieux des phénomènes célestes au point d’aménager un observatoire dans son château de Bonrepos. Ce sera alors Le procureur général Riquet et l’astronomie publié en 1983.
Gabriel Bernet, patient, méthodique, appliqué, jamais rebuté par des textes anciens, produira un nombre important d’articles méritant le qualificatif de rigoureux, dans un domaine où peu de personnes s’aventurent. Mieux encore, il a évoqué l’histoire des villages et des familles non seulement avec une érudition méticuleuse, mais aussi en l’agrémentant d’une foule de détails pittoresques ou imprévus. Tout cela compose un témoignage très complet faisant surgir des faits jusqu’alors inconnus, sans négliger pour autant les motivations des événements relatés.
Gabriel Bernet était un homme discret, nous l’avons déjà dit. Mais les meilleurs chercheurs ne sont-il pas ceux qui font le moins de bruit ?
André HERMET
décembre 1998
Joseph CALMETTE (1873-1952)
Président de la Société Archéologique du Midi de la France (1937-1952)
Extraits de François Galabert, Joseph Calmette, sa vie, son œuvre, dans Hommage à la mémoire de Joseph Calmette, tirage spécial du n° 65 des Annales du Midi, Toulouse : Privat [1954], p. 1-14.
Lire la notice
» JOSEPH CALMETTE : SA VIE, SON ŒUVRE.
Né le 1er septembre 1873 à Perpignan, Joseph Calmette avait fait ses études secondaires au Collège de cette ville, dont son père était principal. Une grave maladie avait dans sa jeunesse arrêté son développement physique ; une myopie très prononcée avait de très bonne heure tourné son esprit vers la vie intérieure et le travail intellectuel. Doué d’une mémoire prodigieuse, d’une intelligence hors ligne, il s’assimilait d’une façon étonnante tout ce qu’il lisait ou entendait, et il avait sans difficulté enlevé à l’Université de Montpellier, baccalauréat, licence ès lettres, enfin diplôme d’études supérieures d’histoire et de géographie lorsqu’en novembre 1896 il entra à l’École des Chartes.
Dès ce moment, il attire l’attention de ses camarades et de ses professeurs par son travail acharné, sa perspicacité, sa finesse et son habileté, qui lui permettent de maintenir la concorde parmi ses camarades au milieu d’événements politiques et sociaux qui agitent le pays, et dès sa 3e année, il inaugure sa carrière d’érudit par une étude sur les gloses malbergiques qui a fait l’admiration de Viollet, professeur d’histoire du droit, lequel la fait paraître dans la Bibliothèque de l’École des Chartes. Il trouvait une solution qu’aucun de nos grands érudits n’avait envisagée.
Major de sa promotion pendant la 3e année, il sort de l’École dans le même rang (31 janvier 1900). Sa thèse, Études sur les relations de Louis XI avec Jean II d’Aragon et le principat de Catalogne (1461- 1473), remaniée et complétée, va devenir en 1902, sous le titre Louis XI, Jean II et la Révolution catalane (n° 17) (les numéros placés après un titre renvoient à la Bibliographie publiée ci-après, dans laquelle on trouvera toutes les indications nécessaires : date, format, références, etc.), le grand ouvrage qui fait encore autorité car il traitait à fond une question complètement inconnue ; elle lui vaut le titre de docteur ès lettres, le prix Perret à l’Académie des Sciences morales et politiques, le prix Delalande-Guérineau à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Cest à la même époque qu’il publie un autre ouvrage capital, La diplomatie carolingienne du traité de Verdun à la mort de Charles le Chauve (n° 1) qui lui confère le titre d’ancien élève diplômé de l’École des Hautes Études où il a préparé ce travail sous la direction de Giry ; il obtient la 3e médaille au concours des antiquités nationales à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. » C’est une étude très sagace, très pénétrante « , disait le rapporteur de la commission, M. Viollet. » Ce domaine obscur est ingénieusement éclairé, avec une critique, une finesse voisine de la subtilité… Le style est solide et ferme, la langue précise comme la pensée » (Bibl. Ec. Chartes, t. 63, 1902, p. 470). Voilà, déjà reconnues, les qualités qui caractériseront tous ses travaux.
Membre de l’École française de Rome (25 septembre 1900 à 1902) puis chargé de mission pour rechercher dans les archives espagnoles les diplômes carolingiens (voir bibliogr.n° 19), il devient en avril 1903 à Montpellier, maître de conférences d’histoire, publie le cartulaire de la célèbre Faculté de médecine de cette ville (n° 78, voir aussi n° 62) et est enfin nommé à la Faculté des lettres de Dijon en janvier l905, chargé de cours, puis professeur (13 novembre 1906) de l’histoire de la Bourgogne et de l’art bourguignon en remplacement de Kleinclausz.
Un de ses élèves, M. H. Drouot, aujourd’hui son successeur, a dit dans un journal local (Le Bien public, 2 septembre 1952) quelle impression profonde fit sur ses étudiants ce jeune maître à l’aspect frêle et aux idées neuves et lumineuses : » Il éveillait, échauffait et soutenait les vocations « , comme celle du chanoine Maurice Chaume.
Ses éminentes qualités d’exposition, la vivacité de son intelligence toujours en éveil sur n’importe quel sujet, la publication d’un magistral ouvrage sur le grand sculpteur dijonnais Rude, des études sur les origines de la Bourgogne, montraient la variété et la solidité de ses aptitudes.
Enfin le 1er décembre 1911, après la mort de Charles Molinier, il était transféré sur sa demande à la chaire d’histoire du Moyen âge et de la France méridionale de la Faculté des Lettres de Toulouse, où il allait donner toute sa mesure comme professeur, comme organisateur, comme animateur.
Archéologue. historien, linguiste, musicien (à l’insu de tous et musicien très distingué), parlant couramment l’anglais, l’allemand, l’italien, le catalan, l’espagnol, le portugais, il était en état de suivre le mouvement intellectuel de tous les pays, de juger et d’utiliser la production historique et archéologique universelle.
Ses cours à la Faculté font sensation, comme à Dijon, par la nouveauté des idées, la clarté de leur exposition. Leur sujet est toujours adapté aux programmes et les candidats à l’agrégation notamment se présentent à leurs concours avec un succès inaccoutumé. Pour la licence, il estime qu’un médiéviste, tout comme un chartiste, ne doit pas se contenter de l’histoire politique et sociale, mais doit avoir des notions de paléographie, de diplomatique et d’archéologie, et comme ces matières ne sont que facultatives, il imagine, pour les rendre obligatoires, un astucieux système : tout candidat qui à l’écrit comme épreuve pratique n’aura pas pris la paléographie ou la diplomatique aura pour l’explication de texte un document diplomatique (ce qui amène le candidat à suivre le cours de paléographie et diplomatique) ; s’il n’a pas pris l’archéologie comme épreuve pratique, l’une des questions de l’oral sera réservée au professeur d’archéologie. Ainsi, tout en respectant le texte du décret, il oblige le candidat à acquérir les notions indispensables pour devenir un excellent historien et cela explique la valeur des thèses de doctorat qui, inspirées par lui, sont désormais soutenues devant la Faculté des Lettres de Toulouse, celles de Latouche, sur la Vie en Bas Quercy du XIVe au XVIIIe siècle et les comptes consulaires de Saint-Antonin (1923), de Limouzin-Lamothe sur la commune de Toulouse au XIIIe siècle et la bibliographie de l’histoire de Toulouse (1932), de R. Gandilhon sur la politique économique de Louis XI (1940), de Higounet sur le Comté de Comminges et le cartulaire de Montsaunès (1949), de Dossat sur l’Inquisition toulousaine et sur le saisimentum de 1271 (1951).
Et c’est à l’usage des étudiants qu’il compose la Société féodale (n° 108), oeuvre à la fois d’érudition et de vulgarisation où il expose toutes ses connaissances de médiéviste, dans le style à la fois précis, imagé et élégant dont il a le secret. Tout candidat à la licence savait qu’il serait interrogé à l’oral sur une question traitée dans ce livre complété par un recueil de textes (n° 146). C’est encore pour ses étudiants qu’il imagine cette merveilleuse collection de Clio où il fait le point des connaissances acquises, des questions à élucider et où il donne une bibliographie complète tenue au courant dans les éditions successives : Le Monde féodal (n° 135), L’élaboration du monde moderne (n° 136), dont le succès fut tel que les périodes postérieures ont été l’objet de publications analogues dues à divers auteurs.
[…]
Sa sollicitude à l’égard de ses étudiants s’étend à. des questions plus terre à terre ; il s’occupe d’un Comité de patronage pour leur venir en aide dans la vie de tous les jours ; il va même jusqu’à organiser pour eux le premier restaurant à prix modérés ; à cet effet, il profite d’une exposition pour se procurer à bon marché vaisselle, linge, ustensiles, tous objets que les exposants étrangers à la localité sont enchantés de n’avoir pas à remporter chez eux à grands frais. En relations constantes avec le gérant, il contrôle même les menus jusqu’au jour où l’Université elle-même prend l’affaire en charge et peut la développer sur une plus grande échelle.
Il fait voter par la Société Archéologique (1919) un prix de 50 francs en volumes à décerner annuellement à un candidat désigné par la Faculté.
[…]
Un des aspects les plus caractéristiques de cet érudit réside encore dans l’activité extraordinaire dont il fait preuve autour de lui comme organisateur, comme animateur. Les tâches auxquelles il se consacre sont multiples.
[…]
A Toulouse même deux […] publications ont bénéficié de son savoir-faire : la Bibliothèque méridionale et les Annales du Midi.
La collection de la Bibliothèque méridionale, fondée par le recteur Perroud et la librairie Privat en 1886, a publié depuis cette date, en deux séries distinctes in-8° et in-16, 33 volumes de travaux historiques et 28 volumes de travaux littéraires et linguistiques. Elle est administrée par un comité d’universitaires. Calmette, président, et Jeanroy examinent, chacun dans leur partie, les. manuscrits proposés, dont la maison Privat assure l’impression. Inutile de dire que les deux guerres apportent, par suite des difficultés financières, une dangereuse perturbation dans l’entreprise. Calmette les résout avec son habileté coutumière, et sous son impulsion, paraissent dans les deux séries de nouveaux volumes.
C’est surtout dans la Direction des Annales du Midi qu’il a joué le rôle le plus actif. Après la retraite de Dognon et au milieu des complications économiques de la première guerre, il assure avec Jeanroy, Graillot, Anglade, la publication de la Revue. Pour pallier le déficit, il imagine le système des numéros doubles qui, en maintenant le prix de l’abonnement annuel au même chiffre pour deux numéros au lieu de quatre, permet de franchir la passe dangereuse. Ici encore sa diplomatie résout des difficultés qui, sans lui, auraient pu perdre la Revue, certains collaborateurs profitant de la quadruple direction pour essayer de faire admettre des articles insufftants. Bientôt d’ailleurs, par la confiance de ses collègues, il reste seul, et la Revue a gardé pendant toute sa vie la haute tenue que Thomas, Jeanroy et Dognon lui avaient donnée et qui a fait sa réputation universelle. Abandonnant à son secrétaire de la rédaction, formé depuis 1910 à l’école de Dognon, tout le détail matériel, relations avec les auteurs, l’imprimeur, l’administration, correction des épreuves, composition des numéros, il se consacre au recrutement des collaborateurs, à l’examen de leurs articles, à la correction de styles parfois peu corrects (car il est un styliste impeccable), à la rédaction d’innombrables comptes rendus, critiques ou sommaires, et il fournit au secrétaire une copie irréprochable et pour le fond et pour la forme. Directeur et secrétaire ont ainsi collaboré pendant près de 40 ans dans un accord parfait.
Son influence a été également considérable parmi les Sociétés savantes. Il était de tradition, jadis, à l’École des Chartes, de conseiller aux futurs archivistes un rôle actif dans la vie des sociétés locales, qui, bien dirigéee, fournissent aux historiens des renseignements précieux. Si aujourd’hui de jeunes chartistes se désintéressent parfois de ce rôle, Calmette, lui, l’a rempli consciencieusement. Membre de la Société archéologique du Midi de la France en 1912, associé ordinaire de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres en 1913, mainteneur des Jeux Floraux en 1936, président de la Fédération des Sociétés académiques et savantes de la région Languedoc-Pyrénées-Gascogne en 1941, président du jury du prix Schlumberger à Pau, il anime toutes ces organisations de ses conseils et de sa collaboration. C’est sous son impulsion que la Fédération publie les cartes départementales de la France administrative en 1789 (Haute-Garonne, Aude, Lot) et subventionne des publications diverses comme celles de M. Fourgous sur le Quercy. Trésorier, puis président.du Conseil d’administration de l’Hôtel d’Assézat, il y a défendu avec courtoisie et fermeté les intérêts des diverses sociétés contre des projets sujets à critique, maintenant pour la location de la salle les recommandations du donateur Ozenne relatives à la prohibition de toutes questions politiques et religieuses.
C’est la Société archéologique du Midi de la France qui a bénéficié de la plus grande part de son activité. D’abord secrétaire général sous la présidence du chanoine Auriol jusqu’à la mort de celui-ci (1937), il le remplace comme président, tandis que son secrétaire de la rédaction des Annales le remplace lui-même comme secrétaire général et le remplacera effectivement à la présidence des séances lorsque sa santé ne lui permettra plus de sortir. Ici encore s’établit une collaboration étroite très profitable aux intérêts de la Société.
Les anciens membres de la Société qui l’ont vu à l’oeuvre depuis son installation à la présidence peuvent certifier avec quel tact il présidait, suscitant les communications intéressantes, animant les discussions qui les suivaient, faisant preuve, quand il le fallait, d’une fermeté inaccoutumée, en présence d’incidents regrettables, obtenant les subventions nécessaires pour l’impression du Bulletin et des Mémoires, à tel point que la situation financière de la Société lui permit un jour de supprimer les cotisations de ses membres. Classement des collections de la bibliothèque, acquisition d’ouvrages luxueux indispensables à des archéologues, don par lui-même de nombreux volumes, achevaient de rendre à la Société un éclat et une utilité qui permettaient à de nombreux travailleurs, même non membres de la compagnie, de profiter de la richesse spéciale de sa bibliothèque.
La Société archéologique est propriétaire des emplacements de la villa Chiragan à Martres-Tolosane et en paie l’impôt foncier. Par suite de circonstances diverses les propriétaires auxquels ces terrains avaient été achetés et payés continuaient de les exploiter. C’est Calmette qui s’aperçoit de cette situation paradoxale et y met bon ordre, et Martres devient ainsi une source appréciable de revenus pour la Société, en attendant la reprise des fouilles.
Mais c’est à Saint-Bertrand-de-Comminges que le rôle de Calmette prend une ampleur extraordinaire dans la résurrection de la ville ancienne. Déjà, comme secrétaire général de la Société, il a créé en 1920, une commission des fouilles composée d’archéologues, de professeurs, de délégués des sociétés savantes, de juristes. Il s’agit de donner une nouvelle impulsion aux fouilles dont la mise à jour de la basilique chrétienne, par les soins de la Société française d’archéologie, de MM. Dieulafoy et Lizop, et divers sondages ont déjà donné des résultats encourageants. Calmette multiplie les.démarches, sollicite les subventions, obtient la mise en congé de l’instituteur, M. Sapène, qui a déjà fait preuve d’initiatives fructueuses et de l’intérêt qu’il porte à ces questions. La Société archéologique procure à M. Sapène tous les ouvrages nécessaires à sa mise au courant des études relatives à l’antiquité gallo-romaine. Et les travaux commencent. On loue d’abord le terrain, puis, les fouilles terminées, on le remet en état pour le rendre au propriétaire, et en présence des résultats obtenus publiés dans les Mémoires de la Société, Calmette obtient de l’Institut, du Ministère, de nouveaux subsides ; il intéresse même à l’entreprise la Compagnie des Chemins de fer du Midi qui, prévoyant un afflux de touristes, verse une forte subvention, et dès lors la Société peut acheter la basilique et les terrains à fouiller, et c’est ainsi que les thermes restent à découvert et que les trouvailles sensationnelles du trophée d’Auguste, torse impérial, jeune captive, etc. viennent justifier la confiance des donneurs de fonds.
Mais il faut exposer aux yeux du public statues, sarcophages, matériaux divers, inscriptions, etc. Un musée est, à cet effet, créé près de la cathédrale, dans l’ancien couvent des Olivetains acquis par la Société en 1931 et dans un immeuble départemental que le Conseil général loue à la commune de Saint-Bertrand avec mission de le mettre à la disposition de la Société archéologique.
L’oeuvre, grâce à Calmette, est encore, à l’heure actuelle, en plein développement. M. Sapène, directeur des fouilles, qui a mené et mène encore tous les travaux avec un sens archéologique et un esprit pratique remarquables, conservateur du Musée, et M. Robert Gavelle, conservateur adjoint, assurent la persistance des recherches et le classement minutieux des trouvailles. Ici encore, Calmette a su trouver les collaborateurs compétents, provoquer leur zèle et leur dévouement et leur fournir les moyens de travailler (Voir dans la Revue de Comminges, 1953, p. 73-82, l’article de M. Lizop, M. le Professeur Calmette et les fouilles de Saint-Bertrand-de-Comminges).
[…] «
François GALABERT
Sa santé s’altéra gravement en 1947, et il dut abandonner successivement ses diverses responsabilités (à la Société archéologique, ses confrères refusèrent à l’unanimité sa démission).
Joseph Calmette est décédé le 16 août 1952.
Bibliographie de Joseph Calmette
établie par Jean Coppolani, dans Hommage à la mémoire de Joseph Calmette, tirage spécial du n° 65 des Annales du Midi, Toulouse : Privat [1954], p. 15-22.
1. La question du Roussillon sous Louis XI. Annales du Midi, t. VII (1895) et VIII (1896) ; tiré à part, Toulouse, 1896.
2. Bulletin historique régional : Roussillon. Revue des Universités du Midi, t. II (1896).
3. Observations sur les gloses malbergiques de la » Lex salica « . Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, t. LX (1899).
4. Notes sur les règles de l’affirmation et de la négation dans le dialecte parlé à Ferrières (Hérault). Romania, t. XXVIII (1899).
5. Étude sur les relations de Charles le Chauve avec Louis le Germanique et l’invasion de 858-859. Moyen âge, t. VI (1899).
6. Un épisode de l’histoire du Roussillon au temps de Charles VII. Revue d’histoire et d’archéologie du Roussillon, t. I (1900).
7. Les origines de la première Maison comtale de Barcelone, Mélanges d’archéologie et d’histoire publiée par l’École française de Rome, t. XX (1900).
8. La diplomatie carolingienne du traité de Verdun à la mort de Charles le Chauve (843-877). Paris, Bouillon, 1901 ; in-8° de 224 p. (Bibliothèque de l’École des Hautes Études, fasc. 135).
9. Documents relatifs à don Carlos de Viane (1460-1461) aux archives de Milan. Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, t. XXI (1901).
10. L’avènement de Ferdinand le Catholique et la » leuda » de Collioure (1479). Revue d’histoire et d’archéologie du Roussillon, t. I (1900).
11. Rampon, comte de Gerona et marquis de Gothie sous Louis le Pieux. Moyen âge, t. VIII (1901).
12. Documents relatifs à la prise de Perpignan sous Louis XI (1463). Revue d’histoire et d’archéologie du Roussillon, t. II (1901).
13. Una informacion acerca de la sede de Barcelona en el año 1464. Revista de la Asociacion artistica-aqueológica barcelonesa, t. II (1901).
14. Notes sur Wifred le Velu. Revista de Archivos, Bibliotecas y Museos (julio 1901).
15. Libellus d’Antoine Pastor (1473), texte latin inédit publié d’après le manuscrit de la Bibliothèque Nationale. Revue d’histoire et d’archéologie du Roussillon, t. II (1901).
16. De Bernardo, sancti Guillelmi filio (?-844). Tolosae, Privat, 1902 ; in-8° de 116 p. (Thèse latine de lettres, Paris 1902).
17. Louis XI, Jean II et la Révolution catalane (1461-1473). Toulouse, Privat, 1902 (Thèse) et 1903 (Bibliothèque méridionale, 2, série, t. VIII) ; in-8° de 612 p. (Thèse française de lettres, Paris, 1902).
18. Les marquis de Gothie sous Charles le Chauve. Annales du Midi, t. XIV (1902).
19. Rapport sur une mission en Espagne. Annuaire de l’École pratique des Hautes Études, section des sciences historiques et philosophiques (1902).
20. Une lettre close originale de Charles le Chauve. Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, t. XXV (1902).
21. Note sur les premiers comtes carolingiens d’Urgel. Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, t. XXII (1902).
22. Un poème latin sur la prise de Perpignan sous Louis XIII. Revue d’histoire et d’archéologie du Roussillon, t. III (1902).
23. Un mandement de Louis XI à Dunois (4 juin 1469). Revue d’histoire et d’archéologie du Roussillon, t. III (1902).
24. Notice sur la seconde partie du manuscrit catalan P. 13 de la Bibliothèque Nationale de Madrid. Bibliothèque de l’École des Chartes, t. LXIII (1902).
25. La légation du cardinal de Sienne auprès de Charles VIII (1494). Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, t. XXII (1902).
26. La fin de la domination française en Roussillon au XVe siècle. Étude d’histoire diplomatique. Bulletin de la Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales, t. XLIII (1902).
27. Benoît XIII et le muscat de Claira. Revue d’histoire et d’archéologie du Roussillon, t. IV (1903).
28. Sur la lettre de Charles le Chauve aux Barcelonais. Bibliothèque de l’École des Chartes, t. LXIV (1903).
29. L’élection du Pape Nicolas V (1447). Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, t. XXIII (1903).
30. Notes de Bibliographie catalane. Revue d’histoire et d’archéologie du Roussillon, t. IV (1903).
31. La France et l’Espagne à la fin du XVe siècle. Du rôle de leur premier grand conflit dans l’élaboration du système politique moderne. Revue des Pyrénées, t. XVI (1904).
32. Sur une lettre du Grand Capitaine, Gonzalve de Cordoue (14 mai 1495). Bulletin hispanique, t. VII (1904).
33. Documentos para la historia de Gerona durante el siglo XV. Revista de la Asociación artistico-aqueologica barcelonesa, t. IV (1904).
34. [En collaboration avec H. PATRY.] Les comtes d’Auvergne et les comtes de Velay sous Charles le Chauve. Annales du Midi, t. XVI (1904).
35. Contribution à la critique des Mémoires de Commynes. Les ambassades françaises en Espagne et la mort de D. Juan de Castille en 1497. Moyen âge, t. XI (1904).
36. Le comitatus germanique et la vassalité. Nouvelle Revue historique de Droit français et étranger (1904).
37. Un protestant de Montpellier réfugié à Londres en 1690. Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français (1904).
38. Les abbés Hilduin au IXe siècle. Bibliothèque de l’École des Chartes, t. LXV (1904).
39. Les comtés et les comtes de Toulouse et de Rodez sous Charles le Chauve. Annales du Midi, t. XVII (1905).
40. Une ambassade espagnole à la Cour de Bourgogne en 1477. Bulletin hispanique, t. VIII (1905).
41. L’origine bourguignonne de l’alliance austro-espagnole. Bulletin de la Société des Amis de l’Université de Dijon, t. VIII, n° 2 (mai 1905).
42. L’histoire du Roussillon vue à travers les archives et les bibliothèques de l’Europe. Revue d’histoire et d’archéologie du Roussillon, t. VI (1905).
43. Epitaphes et poèmes sur Charles VII, extraits des manuscrits de la reine (Bibliothèque Vaticane). Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, t. XXV (1905).
44. Le travail d’histoire moderne en province. La Bourgogne ; année 1904. Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. VII (1905-1906).
45. La correspondance de la ville de Perpignan de 1399 à 1659 (recherches dans les archives municipales de Barcelone). Revue des Langues romanes, t. XLVIII (1905) à LXX (1927) [en collaboration avec G. HURTEBISE] ; tirage à part, Montpellier, Société des Langues romanes, 1927 ; in-8°.
46. Bibliographie roussillonnaise [en collaboration avec M. Pierre VIDAL]. Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire, t. XLVII (1906) ; Perpignan, 1906 ; in-8° de 558 p.
47. Un incident franco-espagnol en 1484. Revue des Pyrénées, t. XVIII (1906).
48. La famille de saint Guilhem. Annales du Midi, t. XVIII (1906).
49. Gaucelme, marquis de Gothie sous Louis le Pieux. Annales du Midi, t. XVIII (1906).
50. Un jugement original de Wifred le Velu pour l’ abbaye d’Amer. Bibliothèque de I’École des Chartes, t. LXVII (1906).
51. Les éléments communs et les éléments spéciaux dans l’architecture romane de Bourgogne. Revue Bourguignonne, t. XVI (1906), n° 3.
52. Un syndicat de scribes de la chancellerie aragonaise sous Ferdinand le Catholique. Revue des Pyrénées, t. XVIII (1906).
53. La politique espagnole dans la guerre de Ferrare (1482-1484). Revue historique, t. XCII (1906).
54. Notes bourguignonnes, 1ère partie. Revue Bourguignonne, t. XVII (1907).
55. Les lettres de Charles VII et de Louis XI aux Archives municipales de Barcelone. Annales du Midi, t. XIX (1907).
56. Pierre Vidal et son oeuvre. Revue Catalane (15 août 1907).
57. Quatre thèses de 1574 conservées aux Archives de la Faculté de Médecine de Montpellier. Montpellier médical, 2e série, t. XXV (1907).
58. Note rectificative sur la date d’une lettre de Charles VII. Annales du Midi, t. XX (1908).
59. Els documents epistolars d’arxius y l’história de la llengua. Empori, revista catalana memorial (Barcelona), XIII (juliol 1908) ; Primer Congres Internacional de la Llengua catalana (Barcelona), octobre 1906 [1908] (en français).
60. Venise et les Maîtres vénitiens. Bulletin de la Société des Amis de l’Université de Dijon, t. IX (1908).
61. Les historiens du Roussillon. Anuari del Institut d’Estudis catalans (1908).
62. Un concours professoral à Montpellier au XVIe siècle. Annales du Midi, t. XX (1908) et XXI (1909).
63. Le Roussillon [en collaboration avec Pierre VIDAL]. Revue de synthèse historique, t. VIII (1908) et IX (1909) ; t. à p. Paris, Cerf, 1909 ; in-8°.
64. La question de l’histoire provinciale et l’exemple de la Bourgogne. Annales de l’A. et du Collège [Perpignan], (janvier 1909).
65. La sculpture historique et patriotique de Rude. Les Marches de l’Est (1909), n° 3.
66. Études sur la Réforme et les guerres de religion en Bourgogne. 2e série, Préface. Revue bourguignonne (1910).
67. Sur quelques travaux relatifs à la haute antiquité en Espagne. Revue préhistorique illustrée de l’Est de la France (1909).
68. Le génie sculptural de la Bourgogne et le dualisme gothique. Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon, 4e série, t. XI (1910).
69. Note sur le mot Cartipel. Annales du Midi, t. XXII (1910).
70. La domination française en Roussillon. Le Bassin du Rhône (1910).
71. Raoul Glaber et la Bourgogne de son temps. Revue de Bourgogne (1911).
72. L’apogée de la maison carolingienne. Charlemagne et Louis le Pieux. Revue des Cours et Conférences (1910 et 1911).
73. François Rude et le Royal-Bonbon. Enquêtes sur la Révolution en Côte d’Or, fasc. 2 (1911).
74. Aperçu du passé historique et artistique de la Bourgogne [en collaboration avec Henri DROUOT], dans Dijon et la Côte d’Or, Congrès de l’A.F.A.S., 1911.
75. L’esprit bourguignon dans la miniature cistercienne du XIIe siècle. Société des Bibliophiles de Bourgogne (1911).
76. Le projet de mariage bourguignon-napolitain en 1474, d’après une acquisition récente de la Bibliothèque Nationale. Bibliothèque de I’École des Chartes, t. LXXII (1911).
77. La Bourgogne [en collaboration avec Henri DROUOT]. Paris, A. Laurens, 1912 ; gr. in-8° de 248 p. ; 2e éd., 1929 ; 3e éd., 1939.
78. Cartulaire de l’Université de Montpellier. Montpellier, LaurioI, 1912 ; in-4° de CLVIII-930 p.
79. Le testament artistique de Rude au Musée de Dijon. Revue de Bourgogne (1912).
80. La politique espagnole dans l’affaire des barons napolitains (1485-1492). Revue historique, t. CX (1912).
81. Antoine Rude, ouvrier d’art. Mémoires de la Commission des Antiquités de la Côte dOr, t. XVI (1912).
82. La couverture de nef à Saint-Bénigne de Dijon au XIe siècle. Mémoires de la Commission-des Antiquités de la Cote d’Or, t. XVI (1912).
83. La frontière pyrénéenne entre la France et l’Aragon. Revue des Pyrénées, t. XXV (1913).
84. Notes bourguignonnes ; 2e série. Revue bourguignonne, t. XXIII (1913).
85. A propos d’un duché de Roussillon au Xe siècle. Ruscino (1913).
86. L’influence de Saint-Andoche de Saulieu sur les églises d’Avallon. Mémoires de la Commission des Antiquités de la Côte dOr, t. XVI (1913).
87. Les limites architectoniques du gothique bourguignon. Mémoires de la Commission des Antiquités de la Côte d’Or, t. XVI (1913).
88. Contribution à l’histoire de l’empirisme médical. Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 11e série, t. II (1914).
89. La politique espagnole dans la crise de l’indépendance bretonne. Revue historique, t. CXVII (1914).
90. Contribution à l’histoire du commerce franco-catalan sous Charles VII. Annales du Midi, t. XXVII (1915).
91. La langue catalane du Roussillon. Montanyes regalades (1916).
92. Le problème des origines de Perpignan. Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France, n° 43 (1914-1915).
93. La crise actuelle du catalan. Montanyes regalades (1916).
94. Le siège de Toulouse par les Normands en 864 et les circonstances qui s’y rattachent. Annales du Midi, t. XXIX (1917).
95. Un foyer de vie catalane : l’Université de Perpignan. Revue catalane (1919).
96. Notes d’histoire anglo-franco-aragonaise. Annales du Midi, t. XXXI (1919).
97. Deux provinces sœurs : l’Alsace et le Roussillon. Montanyes regalades (1919).
98. Une date de l’histoire du Roussillon : le tournant de 865. Revue catalane (1919).
99. François Rude. Paris, Floury, 1920 ; in-4° de 200 p., ill. et pl. h.-t.
100. Comment le Roussillon devint catalan. Revue catalane (1920).
101. Les origines historique et légendaire de la Catalogne. L’Amitié Franco-Espagnole (mars 1921).
102. Quelques aspects de l’histoire du Roussillon. Ruscino (1921).
103. El feudalisme i els origens de la nacionalitat catalana. Quaderns d’Estudis [Barcelona] (1921).
104. Notes de paléographie hispanique. Annales du Midi, t. XXXIII (1921).
105. L’aventure d’un évêque d’Elne sous Louis XI. Revue historique et littéraire du diocèse de Perpignan (1922).
106. Toulouse et les relations franco-anglaises sous Louis XI. Annales du Midi, t. XXXIV (1922).
107. Histoire du Roussillon [en collaboration avec Pierre VIDAL]. Paris, Boivin, 1923 ; in-8° de 268 p., ill. et pl. h.-t.
108. La Société Féodale. Paris, A. Colin, 1923 ; in-16 de 217 p. ; 2e édition, 1927 ; 3e édition, 1932 ; 4e édition, 1939 ; 5e édition, 1942 ; 6e édition, 1947.
109. Mémoires de Commynes. Paris, Champion, 1924-1925 ; 3 vol. in-8° de XXXVI-257, 351 et 442 p.
110. Éléments pour une notice sur Jean Brassac (1747-1809). Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France, n° 46 (1921-1925).
111. L’Europe carolingienne – Le régime féodal – La France capétienne – La France sous les Valois, dans Histoire générale des Peuples, Paris, Larousse, 1925.
112. A propos de la famille de Joffre le Poilu. Annales du Midi, t. XXXVII (1925).
113. Contribution à l’histoire du commerce catalan en Provence. Bulletin du Comité des Travaux historiques et scientifiques, section des sciences économiques et sociales (1921-1922).
114. Le sentiment national dans la Marche d’Espagne au IXe siècle. Mélanges d’Histoire du Moyen âge offerts à M. Ferdinand Lot, Paris, Champion, 1925.
115. Les origines du duché de Bourgogne, à propos d’un livre récent. Revue de Bourgogne (15 juin 1926).
116. Émigrants lyonnais à Barcelone en 1789. Annales du Midi, t. XXXVIII (1926).
117. Notes carolingiennes d’intérêt méridional. Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France, n° 47 (1925-1930).
118. Comtes de Toulouse inconnus. Mélanges de philologie et d’histoire offerts à M. Antoine Thomas, Paris, Champion, 1927.
119. La Cour des Valois de Bourgogne. Journal des Savants (1927).
120. Histoire de Bourgogne [en collaboration avec Henri DROUOT]. Paris, Boivin, 1928 ; in-8° de 400 p., ill. et pl. h.-t.
121. La famille de saint Guilhem et l’ascendance de Robert le Fort. Annales du Midi, t. XL (1928).
122. Louis XI. Journal des Savants (1928).
123. Une manœuvre politique de Louis XI : l’aventure de l’évêque d’Elne, Charles de Martigny, ambassadeur de France à Londres. Revue d’histoire moderne (1929).
124. Les sept siècles de l’Université de Toulouse. Bulletin des Amitiés franco-étrangères (1929).
125. Le mariage de Charles le Téméraire et de Marguerite d’York. Annales de Bourgogne, t. I (1929).
126. Louis XI et l’Angleterre [en collaboration avec G. PÉRINELLE]. Paris, Picard, 1930 ; in-8° de XXIV-424 p. (Mémoires et documents publiés par la Société de I’École des Chartes, t. XI.)
127. Le règne de Louis XII. Journal des Savants (1930).
128. Un diplôme original du comte Frédelon. Annales du Midi, t. XLII (1930).
129. Le professeur Anglade. Bulletin des Amitiés franco-étrangères (1930).
130. Ludwig XI, dans Menschen die Geschichte machten, Vienne, 1931, t. II.
131. Jeanne d’Arc. Bulletin des Amitiés franco-étrangères (1931).
132. Campobasso. Annales de Bourgogne, t. V (1933).
133. Les incidents municipaux de Perpignan en 1492 ; épisode des relations franco-espagnoles. Annales du Midi, t. XLV (1933).
134. Jean Petit. La question du tyrannicide au commencement du XVe siècle. Journal des Savants (1933).
135. Le Monde Féodal (coll. Clio, t. IV), avec avant-propos de S. CHARLÉTY. Paris, Presses Universitaires de France, 1934 ; in-8° de LII-450 p. ; 2e éd., 1938, LV-496 p. ; 3e éd., 1942 ; 4e éd., 1946, LV-512 p. ; 5e éd. refondue [avec la collaboration de Ch. HIGOUNET], 1951, LI-480 p.
136. L’élaboration du Monde Moderne (coll. Clio, t. V). Paris, Presses Universitaires, 1934 ; in-8° de XXXVIII-586 p. ; 2e éd., 1942, 602 p. ; 3e éd., 1949.
137. Les statues de Saint-Bertrand-de-Comminges vues par M. Charles Picard. Bulletin des Amitiés franco-étrangères (1934).
138. Campobasso et Commynes. Annales de Bourgogne, t. VII (1935).
139. L’art italien à Paris. Bulletin des Amitiés franco-étrangères (1935).
140. Atlas historique (coll. Clio). Paris, Presses Universitaires, 1936.
141. L’art flamand à Paris. Bulletin des Amitiés franco-étrangères (1936).
142. Le règne de Charles VII et la fin de la guerre de Cent ans, dans Cambridge medieval History, t : VIII (1936).
143. Un épisode des guerres de Cerdagne sous Louis XI, dans Homenatge a Antoni Rubío y Lluch, Barcelone, 1936.
144. Louis XI, dans Les Hommes d’État, t. II (1937).
145. Le mouvement ouvrier en France de 1830 à 1871, à propos d’un ouvrage récent. Revue de Synthèse (février 1937).
146. Textes et Documents d’Histoire (coll. Clio, t. XI), Le Moyen âge. Paris, Presses Universitaires, 1937 ; in-8° de 233 p. ; nouv. éd. [refondue par Ch. HIGOUNET], 1952, 260 p.
147. L’Europe occidentale de la fin du XIVe siècle aux guerres d’Italie, t. VII de l’Histoire Générale de G. Glotz, Moyen âge. 1ère, partie : La France et l’Angleterre en conflit. Paris, Presses Universitaires, 1937 [en collaboration avec E. DÉPREZ] ; in-8° de XXI-580 p.
148. Le vrai Louis XI. Bulletin des Amitiés franco-étrangères (1937).
149. Le grand règne de Louis XI. Paris, Hachette, 1938 ; in-8° de 272 p.
150. Qu’est-ce que le Moyen âge ? Bulletin des Amitiés franco-étrangères (1938), et Discours de réception, dans le Recueil de l’Académie des Jeux Floraux (1938).
151. Histoire et Biologie. La théorie ondulatoire du professeur Biró. Bulletin des Amitiés franco-étrangères (1938).
152. L’Europe occidentale de la fin du XIVe siècle aux Guerres d’Italie, t. VII de l’Histoire générale de G. Glotz, Moyen âge. 2e partie : Les premières grandes puissances [en collaboration avec E. DÉPREZ]. Paris, Presses Universitaires, 1939 ; in-8° de 647 p.
153. Réponse au discours de réception de M. Joseph de Pesquidoux. Recueil de l’Académie des Jeux Floraux (1939).
154. Saint Louis, dans Les Grandes Figures de l’Humanité, sous la direction de S. CHARLÉTY. Paris, Larousse, 1939.
155. Conviction et objectivité en histoire contemporaine, à propos d’un livre récent. Revue d’histoire moderne (1939).
156. L’effondrement d’un Empire et la naissance d’une Europe (IXe-XIe siècles). Paris, Aubier, 1941 ; in-8° de 268 p.
157. Le Sud-Ouest dans l’histoire de la France. Études régionales pour l’enseignement. I. L’originalité du Sud-Ouest (1941).
158. L’Aquitaine carolingienne. Études régionales pour l’enseignement. II. Aspects historiques et géographiques du Sud-Ouest (1941).
159. La montée féodale à l’époque carolingienne. Comptes rendus de l’académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1941).
160. Bourgogne et Midi à l’époque carolingienne. Annales de Bourgogne, t. XIII (1941).
161. La formation de la France au Moyen âge. Paris, Presses Universitaires, 1942 ; pet. in-8° de 128 p. (coll. Que sais-je ?).
162. L’Europe, création du Moyen âge. Pyrénées (1942).
163. Souvenirs de Bourgogne, dans Autour d’une Bibliothèque, pages offertes à M. Charles Oursel, Dijon, 1942.
164. Les Rois de France. Paris, Stock, 1943 ; pet. in-8° de 207 p. ; 2e édition, 1948.
165. Les dernières étapes du Moyen âge français. Paris, Hachette, 1944 ; in-8° de 255 p.
166. Le Languedoc dans l’histoire de France. Revue de Languedoc (1944).
167. Éloge de M. Henri Duméril. Recueil de l’Académie des Jeux Floraux (1944).
168. Chute et relèvement de la France sous Charles VI et Charles VII. Paris, Hachette, 1945 ; in-8° de 255 p.
169. Charlemagne, sa vie et son oeuvre. Paris, A. Michel, 1945 ; in-8° de 319 p., 1 carte, planches h.-t. Traduction espagnole, Buenos-Ayres, 1950 ; traduction allemande, Wien, 1951.
170. Charles V. Paris, Fayard, 1945 ; in-8° de 372 p. (Les Grandes Études Historiques).
171. La formation de l’unité espagnole. Paris, Flammarion, 1946 ; in-8° de 269 p. Traduction espagnole, Barcelona, Caralt, 1952 ; cf. n° 201.
172. Observations sur la chronologie du règne de Clovis. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1946).
173. Jeanne d’Arc. Paris, Presses Universitaires, 1946 ; pet. in-8° de 128 p. (coll. Que sais-je ?) ; trad. japonaise, Tokio, 1950.
174. Études Médiévales. Toulouse, Privat, 1946 ; in-8° de 332 p. [Ce recueil contient deux articles inédits : Unité française, diversité régionale, p. 23-29 ; Deux lettres du XVe siècle en portugais aux Archives municipales de Barcelone, p. 183-188.]
175. L’inquiétude française au XIXe siècle et les méthodes de la psychologie historique. Revue de Languedoc (1946).
176. Les rêveries de l’économie hitlérienne. Revue de Languedoc (1946).
177. Les finances municipales de Perpignan aux états généraux de Tours. Tramontane, t. XXIX (1946).
178. La question des Pyrénées et la Marche d’Espagne au Moyen âge. Paris, Janin, 1947, in-8° de 310 p.
179. Histoire de l’Espagne. Paris, Flammarion, 1947 ; in-8° de 430 p.
180. Autour de Louis XI. Paris, Éditions de Fontenelle, 1947 ; in-8° de 348 p.
181. L’Europe et le péril allemand du traité de Verdun à l’armistice de Reims (843-1945). Paris, Aubier, 1947 ; in-8° de 509 p., cartes.
182. Une synthèse de l’art roman. Revue de Languedoc (1947).
183. L’importation des épices sous Louis XI. Revue de Languedoc (1947).
184. Une affaire de bétail en 1643. Tramontane, t. XXX (1947).
185. De Ramsès II à Hitler. Revue de Languedoc (1947 et 1948).
186. Trilogie de l’Histoire de France. I. Le Moyen âge. Paris, Fayard, 1948 ; in-8° de 663 p.
187. Le réveil capétien. Paris, Hachette, 1948 ; in-8° de 271 p.
188. Documents d’histoire franco-catalane. I. La monarchie aragonaise et la campagne des Français en Roussillon en 1474-1475. Annales du Midi, nouvelle série, t. LXI (1948-1949).
189. La dynastie raimondine et le comté de Tripoli, à propos d’un ouvrage récent. Annales du Midi, nouvelle série, t. LXI (1948-1949).
190. Trilogie de l’Histoire de France. II. L’ère classique. Paris, Fayard, 1949 ; in-8° de 799 p.
191. Les grands Ducs de Bourgogne. Paris, A. Michel, 1949 ; in-8° de 405 p., 32 pl. h.-t.
192. De l’historique Girard de Vienne au légendaire Girard de Roussillon, à propos d’une thèse récente. [En collaboration avec Henri David]. Annales du Midi, nouvelle série, t. LXII (1950).
193. Charlemagne [abrégé]. Paris, Presses Universitaires, 1951 ; pet. in-8° de 128 p. (Collection Que sais-je ?).
194. Le Reich allemand au Moyen âge. Paris, Payot, 1951 ; in-8° de 439 p.
195. Les grandes heures de Vézelay [en collaboration avec Henri David]. Paris, S.E.F.L.T., 1951 ; in-8° de 269 p., 20 pl. h.-t.
196. Les comtes Bernard sous Charles le Chauve. Etat actuel d’une énigme historique, dans Mélanges d’histoire du Moyen âge dédiés à la mémoire de Louis Halphen, Paris, Presses Universitaires, 1951.
197. Napoléon. Paris, aux Editions de Paris, 1952 ; in-8° de 340 p.
198. Trilogie de l’Histoire de France. III. Les Révolutions. Paris, Fayard, 1952 ; in-8° de 852 p.
199. Saint Bernard [en collaboration avec Henri David]. Paris, Fayard, 1953 ; in-16 de 372 p.
200. Jean II de Catalogne-Aragon et la conservation des archives de la Révolution catalane, dans les Miscellanea Puig i Cadafalch, Barcelone.
201. Historien du Moyen âge [notice nécrologique sur M. F. Lot], dans Les Nouvelles Littéraires, 21 août 1952.
202. Souvenirs de mes premiers voyages d’études en Espagne. Préface à la traduction espagnole de La formation de l’unité espagnole, cf. n° 171 et Hommage à la mémoire de Joseph Calmette, tirage spécial du n° 65 des Annales du Midi, Toulouse : Privat [1954], p. 269-274.
203. L’iconographie toulousaine de Louis XI. Hommage à la mémoire de Joseph Calmette, tirage spécial du n° 65 des Annales du Midi, Toulouse : Privat [1954], p. 275-281.
Abbé CARRIÈRE (1821-1881)
Président de la Société Archéologique du Midi de la France (1870-1879)
A. Janot, Notice sur M. l’abbé Carrière, dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XIII (1883-1885), p. 37-41.
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MESSIEURS,
Vous m’aviez chargé de vous présenter une notice biographique sur l’un de vos confrères, qui fut l’un des membres les plus actifs et les plus dévoués de la Société archéologique, M. l’abbé Carrière.
Je dois d’abord m’excuser pour le retard que j’ai mis à m’acquitter de cette tâche, que des circonstances impérieuses m’ont fait négliger, à mon grand regret. Enfin, aujourd’hui, après avoir demandé votre indulgence, je viens vous entretenir sommairement de la vie et des œuvres de notre confrère si regretté, et si digne de l’être.
L’abbé Barthélemy-Marie Carrière naquit à Frouzins le 21 novembre 1821, et fit ses premières études chez l’abbé Saint-Martin, curé de Soubens.
Entré à quinze ans au petit séminaire de l’Esquile, il y fut remarqué, et y obtint des succès ; toutefois, s’il était appliqué aux études, son état de santé l’empêchait de participer aux jeux bruyants de ses condisciples ; il se livrait avec ardeur, pendant les récréations, à l’étude de la musique ; de bonne heure il aimait les beaux-arts, laissant ainsi déjà pressentir en lui ces tendances, qui le porteront plus tard à fouiller le passé pour y chercher la poésie des souvenirs, et, dans les traces laissées par les générations disparues, un aliment à ses facultés esthétiques.
Nommé vicaire à Saint-Jérôme, en 1850, il fut envoyé, comme curé, dans la paroisse de Gourdan, en 1852, et c’est là qu’il commença ces études archéologiques et historiques, qui lui devinrent si chères, par la publication de la Vie de saint Jean de Poulat, avec une notice à l’usage des pèlerins qui se rendaient à la chapelle du lieu.
Envoyé à Saint-Élix en 1855, il y composa une monographie très intéressante sur le château de ce nom ; mais, loin de Toulouse, il se trouvait comme exilé. C’était là que l’attendaient de nombreux amis, et ces occasions si désirées d’étudier les monuments et les annales de notre vieille et illustre cité.
Il y fut définitivement rappelé en 1859, et devint aumônier du collège Saint-Raymond, fonctions peu laborieuses qui lui laissèrent des loisirs pour ses recherches archéologiques, et qu’il garda pendant dix ans.
Ce fut cette même année qu’il fut nommé membre de votre compagnie, et on peut affirmer avec certitude que ce fut là une de ses joies les plus vives, parce qu’elle répondait à l’un de ses goûts les plus ardents et les plus obstinés.
En 1862, il fit paraître, dans la Semaine catholique, l’histoire de l’église de Notre-Dame de la Dalbade ; à cette même époque, il collabora à la Revue de l’année, de M. Duilhé de Saint-Projet, et à l’Illustration du Midi.
A cette époque, il publia sa notice sur l’église des Jacobins, et, en 1866, une étude approfondie sur les martyrs d’Avignonet.
C’est au mois d’août de cette même année qu’il fit son voyage à Urgel pour y recueillir les éléments d’une histoire de quatre martyrs de l’Ordre de Saint-Dominique.
A son retour, il écrivit aussi une Monographie de l’église d’Urgel, dans laquelle il avait passé (de longues heures à observer et à méditer.
En 1867>, il fit paraître un journal intitulé : De l’Archéologie populaire, dans lequel il s’efforça de vulgariser les notions techniques qui se rapportent à nos études.
Cette publication le mit en relation avec Mgr Montaut, dont il devint l’intermédiaire empressé pour le faire entrer dans votre société, et l’associer à vos travaux.
En 1868, il fut nommé membre correspondant de la Société des antiquaires de l’Ouest ; en 1813, membre de l’institut des Provinces, et enfin, membre de la Société française d’archéologie, titre qu’il ne conserva que jusqu’au 18 avril 1879, époque où il donna sa démission.
Dans cette période de sa vie, on peut dire qu’il donnait une grande partie de son temps à la Société archéologique, dont il était le président, jusqu’au jour où, par suite de la nomination de Mgr Goux à l’évêché de Versailles, il fut choisi comme secrétaire de l’œuvre des comptes rendus des conférences ecclésiastiques du diocèse de Toulouse. Le grand travail, à la fois intellectuel et matériel, que ces fonctions exigèrent, ne contribua pas peu à préparer les crises désastreuses que devait bientôt subir sa santé. Il avait eu déjà une première attaque, qui avait très notablement affaibli ses forces et laissé un embarras sensible dans la parole. Toutefois, il avait pu reprendre la présidence de vos séances, mais, en 1879, il se vit forcé de donner sa démission.
Afin de ne pas le condamner à une oisiveté qui répugnait à ses habitudes d’activité, on lui donna l’aumônerie du pensionnat Saint-Joseph, mais il ne la garda que trois mois.
A partir de cette époque , la difficulté de s’exprimer avec netteté et les hésitations de sa marche ne présagèrent que trop une fin prochaine. Le 30 avril 1881, une seconde attaque vint l’atteindre, qui rompit tout commerce de ses sens avec le monde extérieur. Il mourut paisiblement le 12 mai de cette même année.
Je fais suivre cette courte notice d’une liste supplémentaire des publications de l’abbé Carrière, mais je ne veux pas quitter cette chère mémoire sans vous rappeler quelques traits du caractère si aimable et si sympathique de votre confrère.
C’est -vous surtout, les assidus, les vaillants de la Société archéologique, qui avez pu, alors qu’il était votre président, juger et apprécier sa physionomie morale.
L’abbé Carrière joignait, à une érudition variée, une science solide, un jugement sûr, une exposition lucide, même ornée quelquefois, et à laquelle on n’aurait pu reprocher qu’un peu de longueur, par une sorte de scrupule d’être complet et de ne rien laisser en arrière. Sous ce rapport, son esprit avait les délicatesses de sa conscience.
Dans ses écrits comme dans ses résumés à la fin de vos séances, n’omettant aucun détail important, il se faisait un devoir de relever tous les droits et d’encourager par de justes éloges toutes les communications ou coopérations utiles des membres de la Société.
Sa bienveillance naturelle, sa bonté de cœur se reflétaient dans sa figure souriante, et, si l’on me permet le mot, attractive. On se sentait, avec lui, porté à l’intimité et aux confidences.
Je ne parlerai pas de ses vertus sacerdotales ; il me semblerait que la modestie de ce prêtre, si digne et si vénéré, me reprocherait, même d’outre-tombe, ces éloges téméraires. Je ne parlerai pas non plus de sa profonde science théologique, que je ne pourrais apprécier avec compétence, et je ne me permettrai que de rappeler à ce sujet le choix que l’autorité diocésaine avait fait de lui pour résumer les conférences ecclésiastiques. Dans l’ordre de vos études, il s’est montré d’une sagacité rare, d’une patience de recherches remarquable, et, plus d’une fois, d’un bonheur de découverte, qui nous feront relire avec autant d’intérêt que de profit quelques-unes de ses brochures archéologiques.
Nous conserverons un souvenir précieux de ce cher et si regretté confrère. Ce n’est pas un petit avantage pour une Société comme la nôtre, d’avoir des coopérateurs aussi zélés et aussi pénétrants.
Les sociétés se, fondent et se développent un peu comme les édifices dont vous avez à étudier les origines et à suivre les progrès.
S’il est des ouvriers qui n’ont à peu près d’autre rôle que celui de figurer sur votre catalogue, il en est d’autres, au contraire, qui ont toujours pourrait-on dire, la truelle à la main pour agrandir et perfectionner la construction : l’abbé Carrière a été un de ceux-là ; il a fait beaucoup pour nous.
Pendant que quelques-uns recherchaient les premières traces de l’homme sur la terre, que d’autres étudiaient, avec un talent d’évocation si remarquable, l’histoire, les institutions de notre vieille Gaule et de nos vieilles villes narbonnaises, que d’autres écrivaient l’histoire de nos grands ordres religieux et militaires, il est entré, lui, non seulement en pieux pèlerin, mais encore en docte archéologue, dans les basiliques, dans les monastères, et là, après de longues observations, il nous en a fait connaître les trésors cachés et- les précieuses annales. Soyons-lui reconnaissants de ce tribut compendieux qu’il Dons a payé. Conservons-lui, alors qu’il n’est plus au milieu de nous, un culte de souvenirs et de cette affection confraternelle qui lui était si chère. Ne doit-on pas croire que cette persévérance de nos sentiments, même au delà de la tombe, est un des éléments du bonheur que la religion, – je dirai plus, – la simple philosophie, assure aux hommes qui ont consacré leur vie à la pratique du bien et à des œuvres utiles ?
Liste des ouvrages de M. l’abbé Carrière publiés dans
les mémoires de la Société archéologique.
Monographie de l’église de Cazères, t. VII, p. 356.
Castelsarrazin, description de la tour et de l’église Saint-Sauveur, tome VIII, p. 116.
Cimetière romain à ustion à La Madeleine, près Auterive, tome VIII, p. 305.
Continuation des fouilles, tome VIII, p. 344 bis.
Mélanges archéologiques. Souvenir d’une promenade de quelques heures, tome IX, p. 125.
Eloge de M. le vicomte de Lapasse, tome 1X, p. 153.
Inscriptions latines, tome IX, p. 357.
Discours de rentrée, tome IX, p. 367.
Tapisseries de Saint-Etienne, tome IX, p. 389.
Château d’Oiron (Deux-Sèvres), tome X, p. 249.
Tapisserie du quatorzième siècle, tome XI, p. 515.
Dans le bulletin de la Société, on trouve
Discours, séance publique, 13 juin 1869.
Travaux de l’église du Taur, avril 1872.
Résumé de la conférence de M. César Daly, 3 décembre 1872.
Discours, séance publique, 4 juin 1874.
Iconographie du Sacré-Cœur, 1 1 janvier 1876.
Peintures de l’église Saint-Michel-Ferrery, 6 juin 1876.
Médaille commémorative frappée et gravée à Toulouse en 1714, 24,juillet 1877.
Description de la châsse de saint Thomas d’Aquin, 28 mai 1878.
A. JANOT
Membre résidant.
Joseph Léonard, marquis de CASTELLANE (1761-1845)
Membre fondateur et président de la S.A.M.F. (1831-1845)
ÉLOGE DE M. LE MARQUIS DE CASTELLANE
Maréchal de camp, Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis et de la Légion-d’Honneur, ancien Colonel de la Garde nationale de Toulouse, Président de la Société archéologique du Midi de la France ;
Prononcé à la séance du samedi 14 février 1845 (extrait des Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. V, 1841-1847, p. 297-316)
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Chargé de rendre un dernier hommage à la mémoire de celui que nous regretterons long-temps, permettez-moi, Messieurs, de vous faire part des impressions qui se sont réveillées dans mon cœur, et des préoccupations de ma pensée. Lorsque je cherchais à rappeler tous mes souvenirs sur M. le marquis de Castellane, lorsque je parcourais la longue nomenclature de ses travaux de tout genre, un sentiment pénible se mêlait à mes tristes sollicitudes ; je me demandais involontairement, si notre société, nouvelle encore, pourrait impunément subir une aussi grande perte, et si cette tombe entr’ouverte, objet de tant de regrets, ne devait pas détruire aussi nos espérances d’avenir. D’un autre côté, lorsque ma pensée me retraçait les qualités éminentes qui le distinguaient, les dons si rares qui paraient cette nature d’élite, je me prenais à trembler sur la difficulté de ma tâche, et à redouter l’insuffisance de ma parole. Cependant j’ai dû surmonter toutes ces préoccupations. Nos voeux étaient impuissants contre les lois de la nature, et ne pouvaient reculer le terme d’une existence si précieuse. Pour moi, une pensée me rassure ; je vais vous parler de celui qui dirigea nos travaux pendant quatorze années, de ses ouvrages, de ses titres nombreux à notre reconnaissance, et les souvenirs de vos cœurs suffiront, je l’espère, pour faire revivre une image, que ma faible esquisse ne pourra vous retracer que d’une manière bien imparfaite.
| Joseph Léonard, marquis de Castellane, naquit à St-Paul-Trois-Châteaux, le 6 novembre 1761. La branche d’où sortait ce nouveau rejeton, était connue depuis long-temps sous le nom de Castellane d’Esparron. C’était un rameau de l’illustre maison de Castellane, issue de ces anciens barons féodaux, qui chassèrent les Sarrazins de la Provence, s’établirent en souverains dans les domaines devenus le prix de leurs exploits, et les réunirent à leur ancien patrimoine. C’est à ce titre que les sires, ou princes de Castellane, ainsi qualifiés dans les chartes des dixième et onzième siècles, possédaient, depuis 890, la ville et baronnie de Castellane, située près de Sénez, sur la rive droite du Verdon. Trente-quatre paroisses relevaient de cette ville, qui porte encore aujourd’hui les armes de Castellane. Ce ne fut qu’en l’année 1189, et après une guerre longue et malheureuse, que Boniface marquis de Castellane fut obligé de faire hommage de toutes ses terres à Alphonse, roi d’Aragon, comte de Provence. |
Malgré cet échec, les richesses et la magnificence des Castellane étaient proverbiales dans toute la Provence. Boniface IV était un des troubadours les plus célèbres de son temps ; il dédia ses poésies à Charles d’Anjou, frère de saint Louis, qu’il accompagna à la conquête du royaume de Naples, en 1264, et fut l’un des seigneurs les plus distingués de sa cour. Enfin il n’est pas de famille qui ait fourni plus de chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ; on en compte plus de cent, qui moururent en possession de commanderies, ou d’autres dignités de l’ordre. Elle a donné à l’église deux archevêques et huit évêques, à l’état une foule d’officiers supérieurs, parmi lesquels on compte trois lieutenants-généraux, et huit maréchaux de camp, des ambassadeurs, et plusieurs chevaliers des ordres du roi. Environné de tant d’illustrations, bercé, sous ce beau ciel de la Provence, par de si anciens et de si poétiques souvenirs, fallait-il s’étonner de retrouver dans M. de Castellane, cet attrait instinctif pour tout ce qui portait le cachet de la noblesse et de la distinction. Ce fut là aussi, n’en doutons pas, qu’il puisa cet amour passionné des lettres et des arts, charme et précieux ornement d’une si longue vie.
Selon le vieil usage de la plupart des grandes familles, M. de Castellane fut destiné de bonne heure à la carrière des armes. Dès l’âge le plus tendre, son nom fut inscrit dans la brillante compagnie des mousquetaires. En attendant, il fut envoyé au collège de Juilly, qui jouissait alors de la plus haute faveur, et était dirigé par les sujets les plus marquants de l’ordre des Oratoriens. Il s’y distingua par de bonnes et solides études, et s’y fit remarquer surtout par son aptitude singulière à tous les arts du dessin. En 1778, il fut nommé sous-lieutenant au régiment du roi, et en 1786 il obtint une compagnie au régiment Ségur-Dragons. Par une ordonnance du 17 mai 1788, le roi établit dans ses armées le grade nouveau de major en second. Ce grade, dit l’ordonnance, était une école d’instruction pour les officiers, que sa majesté destinait à être placés à la tête de ses régiments. M. de Castellane fut pourvu, un des premiers, d’un de ces nouveaux grades, et dès 1788 il fut nommé major en second du régiment de Médoc-Infanterie.
Mais les terribles événements de la révolution vinrent bientôt agiter la France ; fidèle à son drapeau, M. de Castellane n’hésita pas à le suivre sur la terre étrangère, et il alla à Coblentz renforcer les rangs des nobles émigrés. Il fit avec les princes la campagne de 1792, après laquelle il quitta ses compagnons d’armes, et se retira en Angleterre, pour y attendre la solution des grands événements qui agitaient l’Europe, et se tenir prêt à donner de nouvelles preuves de son dévoûment à sa cause, aussitôt qu’il croirait à l’utilité de sa coopération.
Arrivé à Londres, et privé de toutes ressources par la confiscation de ses biens, il n’hésita pas cependant à refuser les secours, que le gouvernement britannique offrait alors aux émigrés français, et ne les accepta que pour le fidèle serviteur, qui n’avait jamais voulu l’abandonner dans son exil. Il ne voulut devoir qu’à lui-même ses moyens d’existence, et reprenant ses pinceaux avec confiance, il leur demanda ce qu’il croyait ne pouvoir accepter du pays qui lui avait offert un asile. Son talent ne lui fit pas défaut : ses camées, peinture alors à la mode, dans laquelle il excellait, eurent bientôt un succès de vogue ; les plus habiles joailliers de Londres se les disputaient, et le prix élevé qu’il en retirait, le mit toujours à même de vivre honorablement, et de venir souvent en aide à ceux de ses compagnons d’infortune, qui n’avaient pas les mêmes ressources.
Au milieu de cette vie paisible, de nouvelles commotions vinrent agiter son exil. Les cris énergiques des provinces qui résistaient, les armes à la main, au torrent révolutionnaire, furent entendus en Angleterre. Les princes résolurent de se rendre au milieu de leurs intrépides partisans, et d’opérer une descente sur plusieurs points de la côte de France. Un appel fut fait à tous les émigrés, et plusieurs corps furent organisés. Au milieu de ce mouvement, M. de Castellane voulut avoir sa part du danger, et il fut nommé adjudant-général du corps d’armée commandé par le prince de Léon. Les troupes s’embarquèrent, et après avoir long-temps et inutilement tenu la mer, la flotte ramena dans les ports d’Angleterre, ces hommes découragés, mécontents de leur inaction et de leurs efforts infructueux. Ce fut à cette occasion que M. de Castellane fut nommé chevalier de St-Louis, et qu’il reçut des mains de M. le comte d’Artois le ruban de l’ordre, comme on le pratiquait alors, en attendant qu’un état plus prospère rendit aux princes la faculté d’ajouter la riche décoration au simple ruban, dont l’exil leur permettait de disposer.
Etranger désormais à tout mouvement politique, M. de Castellane s’empressa de redemander aux beaux-arts des consolations, et d’honorables ressources. C’est ainsi que se passèrent les cinq dernières années de son séjour sur la terre étrangère. Dans cet intervalle, après les journées dont le travail régulier de l’artiste occupait souvent une partie, le noble marquis reprenant son rôle naturel, allait se mêler avec aisance aux personnages les plus éminents de l’époque, dans les salons aristocratiques, où l’on se plaisait à reconnaître en lui un des types les plus remarquables de la grâce et de l’élégance française.
Les jours de proscription cessèrent enfin. Une main puissante avait détrôné l’anarchie qui pesait sur la France, et la radiation de M. de Castellane de la liste des émigrés lui permit de revoir enfin sa patrie. Ce fut au commencement du siècle nouveau, qu’il toucha le sol de cette France tant désirée. L’heureux conquérant qui avait rétabli la tranquillité, faisait alors un généreux appel aux arts et aux talents long-temps proscrits, et confiait à la gloire la noble mission de cicatriser les plaies de la patrie, et de faire oublier les mauvais jours. Paris reprenait une nouvelle vie. M de Castellane assista avec bonheur à cette autre renaissance, à cet élan simultané des lettres et des arts, qui reprenaient possession de la terre de France, avec un enthousiasme présage de tant d’avenir.
Ce fut alors qu’il conçut l’idée d’un travail, exécuté depuis avec le goût exquis qui le caractérisait. On sait que la maison de Sévigné s’était fondue dans celle de Castellane, par le mariage de la fille de Mme de Simiane avec M. de Castellane d’Esparron. Notre président voulut consacrer un souvenir de famille précieux, et élever en même temps un monument nouveau à cette femme célèbre, dont les œuvres inimitables sont un des plus beaux fleurons de la couronne littéraire de la France. Avec une patience infatigable, il rechercha les portraits de tous les personnages dont Mme de Sévigné parle dans ses lettres. Ce n’était pas chose facile : aidé de son fils, qui possédait comme lui à un degré éminent l’art du dessin, il réussit à découvrir, et à reproduire la plupart de ces portraits ; dix années suffirent à peine à ce travail, et il parvint enfin à composer ce beau volume, dont chaque page est enrichie d’un portrait authentique accompagné de la citation littéraire la plus remarquable du personnage qu’il représente. Précieuse collection, que son importance ne permet pas de confondre avec un titre de famille, mais que l’homme de goût se plaira toujours à parcourir, et qui retrace d’une manière si neuve et si heureuse le grand siècle de la monarchie française.
Après deux années de séjour dans la capitale, M. de Castellane revint enfin parmi nous, retrouver sa famille et ses nombreux amis. Pendant sa longue proscription, le dévoûment de tous les siens avait paralysé une partie des mesures odieuses prises contre lui ; grâce à cette vigilance intelligente, il put réunir les nombreux débris de sa grande fortune, et reprendre dans notre ville une position convenable à son rang, et qu’il ne devait plus quitter.
Pendant les temps les plus orageux de la révolution, le conseil municipal de la ville de Toulouse avait accordé une généreuse protection aux sciences et aux arts. Il avait formé un musée, pour soustraire à la spoliation les objets précieux, que le respect religieux ne pouvait plus protéger ; il avait réuni les livres, les chartes, et les manuscrits des congrégations dispersées ; les cours publics avaient été successivement rétablis, et mis à la charge
de la ville ; enfin il avait créé un bureau d’administration, pour surveiller et diriger tout ce qui concernait les sciences et les arts. M. de Castellane fut appelé à en faire partie, dès son origine ; et sa coopération non interrompue, pendant quarante années, aux travaux de ce bureau, signalé par de si grands services, est un de ses titres les plus honorables à la reconnaissance de tous les amis des beaux-arts.
Dans les premiers jours de l’année 1808, une nouvelle inattendue se répandit subitement dans nos murs. Après le traité de Thilsitt, au faîte de la gloire, l’empereur fit porter à la ville de Toulouse l’assurance qu’il viendrait bientôt la visiter ; aussitôt tout fut mis en mouvement, pour assurer au grand capitaine une réception digne de lui. Le Capitole et plusieurs édifices publics furent restaurés ; une garde d’honneur fut formée, et la fleur de la jeunesse Toulousaine s’empressa de remplir les rangs de cette milice improvisée. Investi du commandement de la garde à cheval, M. de Castellane apporta les soins les plus intelligents à sa belle organisation. Tout ce qui concernait ces corps d’élite devint la préoccupation et l’intérêt des Toulousains ; au théâtre ils applaudissaient le nouvel et gracieux uniforme et la faveur populaire accompagnait l’élégant colonel qui figurait avec tant de grâce à la tête de ses escadrons. L’empereur, auprès duquel il se trouva pendant son séjour, le distingua bientôt au milieu de ceux qui se pressaient autour de lui ; il l’honora de sa bienveillance, et finit par lui offrir de reprendre du service dans les armées impériales avec son grade, offre dont il fut toujours extrêmement avare. Enfin en se retirant, il le nomma chevalier de la Légion-d’Honneur, et le gratifia d’une tabatière en or, enrichie de son chiffre en diamant. Un accueil aussi flatteur, une si haute appréciation laissa des traces profondes dans l’âme de M. de Castellane, et plus tard, quel que fût son dévoûment aux princes que la providence rendit à la France, il ne renia jamais ces faveurs. En vain la malveillance chercha-t-elle à s’en faire une arme contre lui, il méprisa cette attaque, et pensa que ce n’était pas renier ses affections, que de respecter un passé qui avait tant de gloire.
Napoléon se souvint de sa parole en 1812, lorsqu’il conçut l’idée de former ces régiments privilégiés, où il voulut appeler l’élite de la France, sans doute pour augmenter ses ressources dans un moment de détresse, mais peut-être aussi pour se donner des otages, alors que sentant sa fortune ébranlée, il jetait un coup d’oeil inquiet, et sur l’extérieur et sur l’intérieur de l’empire. Une lettre du grand maréchal du palais appela à Paris M. de Castellane, en lui annonçant que l’empereur lui réservait le commandement de l’un des régiments des gardes d’honneur, que l’on allait former. Surpris par cette nouvelle inattendue, enlevé à toutes ses affections et à toutes ses habitudes de famille, il s’empressa de se rendre ; mais en se présentant devant le duc de Frioul, il ne put lui dissimuler ses hésitations. Prenez garde, lui dit le maréchal : vous verrez l’empereur, mais songez-y ; on ne peut lui répondre par un refus. Cependant les événements se précipitaient, l’empereur ne revint pas à Paris, et bientôt la chute de l’empire fit succéder aux prestiges des armes et de la victoire, les droits sacrés de la légitimité.
Dans cette époque intermédiaire et de transition, entre le gouvernement qui s’écroulait, et celui qui se relevait si miraculeusement, un malheur domestique vint frapper notre président. Mme la marquise de Castellane fut enlevée à sa famille de la manière la plus inattendue, au milieu des inquiétudes que la gravité des événements politiques excitait dans tous les esprits. M. de Castellane alla chercher quelques consolations auprès d’une fille chérie dans ses propriétés du Midi, et il n’assista pas aux premiers jours de la restauration à Toulouse. Deux mois après il y revint prendre le commandement de la garde nationale Toulousaine, auquel des voeux unanimes l’avaient appelé, et il s’acquitta avec fermeté des devoirs de sa charge, à l’époque désastreuse où le retour de Napoléon amena sur la France cette suite de calamités, dont elle se releva avec tant de peine.
Après les cent jours il reprit son commandement, et tout le monde sait l’esprit de modération qu’il apporta dans l’exercice de ces fonctions si délicates, à une époque où il était difficile de maîtriser l’exaltation, excitée par les événements récents dans notre ville et dans tout le midi. Bien souvent, son calme et sa prudence reçurent de bien injustes interprétations ; mais fort du témoignage de sa conscience, il n’abandonna jamais la ligne qu’il s’était tracée ; il n’était pas de ceux qui avaient à faire oublier, ni de ceux qui avaient besoin de donner des gages d’un dévoûment vivant dans son cœur, lors, comme au temps où il avait bravé les fatigues et les dangers de la proscription ; aussi pendant qu’il était en butte à quelques mécontentements isolés, son noble caractère justement apprécié par la grande majorité, lui assurait une immense influence sur les nombreux bataillons de la garde nationale ; ils acceptaient avec respect son commandement doux et bienveillant, et ils furent toujours flattés de voir figurer à leur tête un commandant de si noble race, et de si séduisantes manières.
Le gouvernement de Louis XVIII s’occupait depuis quelque temps de régler les grades, et les pensions militaires. M. de Castellane reçut à cette époque du ministère de la guerre un brevet de colonel, et une pension de deux mille francs. Vivement blessé d’une faveur apparente, qui déguisait la privation d’un grade justement acquis, il renvoya le brevet, et remercia le ministre d’une pension que l’état de sa fortune lui permettait de refuser. Quelque temps après, il fut honoré par le roi du brevet de maréchal de camp honoraire, et modéré dans son ambition comme dans sa conduite, il reçut ce nouveau témoignage de la bienveillance royale avec bonheur et comme la plus honorable récompense de ses services.
En 1818, M. de Castellane résigna ses fonctions de colonel de la garde nationale ; ce fut le moment de son entrée au conseil municipal de la ville de Toulouse, dont il fit partie jusqu’à la révolution de 1830. Dans cette position nouvelle il se fit remarquer par la rectitude et l’élévation de ses vues, et dans les affaires surtout qui concernaient les beaux arts et les embellissements de la cité, ses collègues s’en remettaient avec déférence à sa haute intelligence et à la sûreté de son goût. Plusieurs fois dans ce long intervalle, on voulut le placer à la tête de notre administration municipale, mais il refusa toujours avec modestie ces honneurs dangereux, se bornant à l’utilité d’un concours, qui ne fit jamais défaut aux véritables intérêts de la ville.
Les événements de 1830 rendirent pour toujours M. de Castellane à la vie privée, et par une conséquence naturelle les beaux arts de vinrent son unique occupation. Il me tardait, Messieurs, d’arriver à cette période de sa vie, celle qui lui a acquis des droits éternels à notre reconnaissance. Quel que soit l’intérêt qui se rattache aux incidents variés de sa longue et honorable carrière, j’étais empressé de me retrouver au moment où il nous appartint tout entier, où il employa toutes les ressources de son esprit, de son talent, de sa volonté, à l’établissement et à la prospérité de notre société, et où il contracta avec elle cette union intime aussi puissante, j’oserai le dire, que les liens de la famille, et qui devait se prolonger au-delà du terme que la nature semblait lui assigner.
Profondément versé dans la connaissance de l’antiquité, et surtout amant passionné de ce moyen-âge, si long-temps méconnu, M. de Castellane jetait souvent un coup-d’œil inquiet sur les délicieuses productions de cette époque, livrées depuis si long-temps aux excès du vendalisme (sic). Dans ses fréquents entretiens avec plusieurs d’entre nous, et surtout avec celui de nos collègues, auquel ses fonctions et ses études donnaient une connaissance plus approfondie des monuments du midi, M. le chevalier du Mège, il se demandait souvent s’il n’existait pas un moyen de prévenir toutes ces destructions, si fâcheuses à la cause des beaux arts. La solution de ces questions ne se fit pas attendre, et telle fut l’origine de la Société archéologique du Midi. Douze d’entre nous furent convoqués dans les salons de l’hôtel Castellane, le 2 juin 1831 ; les bases de la Société furent arrêtées, le but des travaux publiquement annoncé ; et proclamé à l’unanimité président de la société nouvelle, M. de Castellane se dévoua à son œuvre avec une ardeur juvénile, que l’on retrouve bien rarement à un âge aussi avancé. Si je voulais rendre un compte exact, et faire connaître en détail les travaux de tout genre que M. de Castellane a faits pour la société, j’excéderais les bornes d’une simple notice ; vous vous rappelez en effet, Messieurs, combien il était rare qu’il n’apportât quelque tribut à nos séances hebdomadaires. Cependant je ne puis passer sous silence plusieurs de ses ouvrages, devenus l’ornement de nos Mémoires, et qui ont assigné à notre président un rang distingué parmi les maîtres de la science.
En 1831, M. de Castellane publia une intéressante dissertation sur deux bas-reliefs en pierre, tirés de l’ancienne abbaye de Saint-Saturnin. Plus tard il nous fit connaître une partie d’un manuscrit de 1466, sur le voyage du vicomte de Périlhos, au purgatoire de Saint-Patrice en Irlande. Plusieurs auteurs, entr’autres Marie de France, avaient donné la description du purgatoire de Saint-Patrice ; mais le voyage du vicomte, depuis Avignon jusques en Irlande, ses singulières aventures, ses descriptions si piquantes des mœurs irlandaises au XIVe siècle, sont un délicieux spécimen du langage roman de cette époque.
A la fin de l’année 1832, M. de Castellane se dirigea vers les Pyrénées, et sut faire tourner son voyage au profit de la science. Compagnon de toutes ses excursions, je m’étonnais plus d’une fois de l’activité de ce vieillard déjà septuagénaire, à qui l’amour de la science rendait toute la vigueur de la jeunesse. Visitant à cheval les points les plus reculés de nos montagnes, s’arrêtant à tous les objets qui excitaient son attention, tantôt dessinant une inscription, tantôt un de ces nombreux monuments que l’on retrouve épars dans les Pyrénées, il ne rentrait jamais sans rapporter des dessins curieux, et sans avoir consigné quelque précieuse découverte. M. de Castellane analysa une partie de ses souvenirs, dans la description de l’église pittoresque de Saint-Avantin, qui domine la jolie vallée de Larboust, et présente d’une manière si complète tous les caractères du style néo-grec. Il fit connaître en même temps une série considérable d’inscriptions, d’autels votifs, de sculptures antiques, de divinités payennes, qui peuplent les contrées voisines des anciens thermes onésiens, et qui s’élèvent intacts et religieusement conservés pendant une longue série de siècles, au milieu des sauvages habitants des montagnes, tandis qu’ils n’ont pu résister aux caprices et aux vicissitudes de la civilisation.
Un travail historique du plus grand intérêt suivit ceux dont je viens de parler : c’est le mémoire sur l’empire des Goths, dans le midi, et sur les monuments qu’ils y ont laissés. Dans cet ouvrage remarquable, M. de Castellane a suivi d’une manière non interrompue, la période des trois siècles, pendant laquelle ces rois ont régné sur le midi de la France, et sur une partie de l’Espagne. Ce sujet soigneusement dégagé des fictions orientales dont il a plu à certains auteurs de l’environner, a été réduit par lui à des proportions justes et exactes, qui en font le travail le plus complet, et le plus authentique sur cette matière ; quelques faits les plus incontestables d’après les historiens espagnols, et les chroniques françaises sur chaque souverain, une recherche scrupuleuse de tous les monuments que nous leur devons, tel est le plan simple qu’il a suivi, et au moyen duquel chaque fait se trouve appuyé sur le témoignage incontestable des marbres, des monnaies et des monuments malheureusement trop rares, qui sont arrivés jusques à nous. Au milieu de ce vaste tableau, il a su placer de savantes digressions si simplement exposées, et amenées d’une manière si naturelle, que la réflexion seule fait apercevoir des recherches profondes qu’elles ont occasionées.
Un travail plus important encore ne se fit pas attendre je veux parler des trois mémoires sur les inscriptions antiques, depuis le Ve jusqu’au XVIe siècle. Le sujet était vaste, il ne fallait rien moins que le zèle infatigable de M. de Castellane, pour ne pas se trouver au-dessous de la tâche entreprise. Vous vous rappelez en effet, Messieurs, qu’il a recueilli 316 inscriptions, et qu’il a pris la peine de lithographier de sa main 147 fac-simile de ces mêmes inscriptions. Il a eu le soin d’accompagner chacune d’elles de notes intéressantes, tantôt sur les lettres qui les composent, et sur les changements introduits par le temps dans l’écriture lapidaire, tantôt sur les familles dont les noms s’y trouvent rappelés. Il donne la clef des abréviations employées, la valeur des monnaies qu’elles énoncent, et des lieux où elles ont été trouvées. En relisant avec attention ces petits commentaires, on peut prendre une connaissance exacte des anciennes circonscriptions diocésaines, des antiques abbayes, et des communautés religieuses disséminées dans nos contrées. Enfin, et je ne sais à l’aide de quelles recherches, il est parvenu à nous donner une notion assez précise des personnages auxquels ces monuments ont été élevés, personnages connus jadis dans l’intérieur de leur couvent, ou de leur église, mais dont plusieurs doivent toute leur célébrité à la pierre qui nous a transmis leur nom. Il a porté ses investigations non seulement dans le midi de la France, mais encore dans le Nord, en Angleterre, et jusques en Irlande et en Ecosse. Un ouvrage aussi remarquable ne pouvait passer inaperçu ; il obtint le suffrage des sociétés savantes de la capitale, qui se plurent à lui prodiguer de justes éloges, et il assigna à M. de Castellane une place éminente parmi les plus habiles paléographes de la France.
Toujours infatigable, notre président entreprit, dans les dernières années de sa vie, un travail qui nous manquait, et qui devait exciter toutes nos sympathies. C’est son catalogue chronologique de l’imprimerie Toulousaine, pendant les 15me 16me et 17me siècles. Cet ouvrage important par son étendue et par ses recherches multipliées, avait pour nous un intérêt de cité, qui doit en augmenter le prix. Il nous prouve que, sous le rapport de l’art typographique, Toulouse fut encore une des premières villes de France, à se lancer et à se signaler dans la nouvelle carrière offerte à l’intelligence. Des notes intéressantes et fréquemment intercalées, enlèvent à ce travail l’aridité de la nomenclature. Une entreprise de ce genre devait par sa nature même offrir de nombreuses lacunes ; cependant elle a été conduite à un degré de perfection qui étonne, et qui laisse bien peu à faire à celui qui voudra la compléter.
Si je voulais parler de tous les travaux de M. de Castellane, ainsi que je vous l’ai dit, Messieurs, ce serait excéder les bornes que je dois me prescrire ; je regrette d’être forcé de m’arrêter, car ce n’est ni votre attention ni votre intérêt qui me feraient défaut. Les publications de la société sont là pour prouver, bien plus que mes paroles, la multiplicité, la variété et la perfection des travaux que nous devons à la plume, aux pinceaux et au burin de M. de Castellane. Malheureusement ils n’y sont pas en entier, et c’est avec regret que je n’ai pu y retrouver certains d’entr’eux, dont ma mémoire conservait le souvenir.
Témoins et admirateurs d’une vie si utilement remplie, nous aimions à penser qu’une vieillesse aussi pleine de sève échapperait encore aux ravages du temps, et que la nature prolongerait son heureuse exception en faveur de celui qu’elle avait si constamment favorisé ; mais nous ne pûmes long-temps nous abuser ; dès l’année 1841, des atteintes fâcheuses vinrent ébranler notre confiance, et il nous fut bientôt impossible de méconnaître les symptômes de cette triste décadence, à qui rien ici bas ne saurait échapper. La parole du vieillard devint traînante et embarrassée ; sa démarche jadis si élégante était pesante et difficile, et l’ingénieuse sollicitude d’une fille qui s’attachait à ses pas, ne put long-temps lui dissimuler une affligeante impuissance. Pour lui épargner un pénible déplacement, la société fut obligée d’exiger qu’il ne quittât plus ses appartements, et elle se fit un religieux devoir de venir dans son salon tenir ses séances hebdomadaires, dont il n’eût pu supporter la privation. Dès ce moment nos liens devinrent plus intimes ; depuis long-temps toutes ses pensées étaient pour nous, mais désormais il s’accoutuma à nous regarder comme une seconde famille, qui rivalisait avec la sienne, pour tromper l’amertume et les douleurs des derniers jours.
Ainsi commença cette dernière époque de la vie de M. de Castellane, qui devait se prolonger quatre années. Long-temps encore il prit part à nos travaux ; la semaine entière était pour lui une préoccupation continuelle du jour de séance qui devait la terminer. Il nous présentait encore d’utiles recherches, mais sa voix émue et des larmes involontaires trahissaient son affaiblissement. Sa main conserva long-temps son habileté, et quelquefois de remarquables dessins vinrent nous prouver que son goût plus puissant que la nature, avait assez d’énergie pour diriger et rectifier sa débile main. Mais chaque jour se faisait sentir de tout son poids indifférent aux choses ordinaires de la vie, on ne retrouvait plus en lui que des éclairs momentanés de son intelligence artistique. Cicéron a dit quelque part ce mot bien souvent répété, que les lettres sont la distraction de la vieillesse. Combien cette expression est faible et insuffisante à rendre ce que nous avons tous observé dans ce vieillard déjà affaissé, mais retrouvant sa vie et son intelligence, aussitôt qu’arrivait à son oreille quelque chose de ces beaux arts et de ces études qu’il chérissait. Jusques à ces derniers moments, ces mots sacrés produisaient sur lui un effet instantané, et pour ainsi dire galvanique, comme si plus puissant encore que les lettres, l’amour des beaux-arts communiquait à ses adeptes une autre vie, dont les organes plus subtils que ceux de la vie ordinaire, s’attachent à l’organisation physique d’une manière indissoluble, sans être assujettis à aucune de ses décadences.
Vers la fin de l’année 1845, les symptômes qui nous alarmaient depuis long-temps, s’aggravèrent de la manière la plus effrayante. Lorsque nous nous réunîmes autour de lui, à la clôture de nos travaux annuels, pour presser sa main, et lui donner, selon l’usage, l’adieu du départ, il n’est aucun de nous qui ne rapportât de cette entrevue, qui devait être la dernière de bien tristes pressentiments. Nos craintes ne tardèrent pas à se réaliser : une maladie aiguë, se joignant à sa faiblesse ordinaire, ne laissa plus d’espérance à sa famille désolée. Dans cet instant suprême, le noble vieillard, dont l’esprit s’était tourné depuis long-temps vers les idées religieuses, sembla se réveiller pour donner des preuves non équivoques de ses sentiments chrétiens, et il rendit le dernier soupir, le 17 octobre 1845.
Eloignés de Toulouse à cette époque, plusieurs d’entre nous eurent le regret de ne pouvoir assister à ses derniers moments ; il nous semblait que nous aussi nous avions le droit d’entourer son lit de mort, d’augmenter le nombre de sa famille, et d’obtenir de lui un dernier regard ; mais un assez grand nombre eut le temps d’accourir pour représenter la société à ces tristes funérailles, et une voix amie put être notre organe pour saluer d’un dernier adieu la dépouille de celui qui venait de nous être enlevé. Nous ne fûmes pas les seuls à comprendre la perte que venait de faire la ville de Toulouse. Jamais concours plus nombreux n’avait accompagné les obsèques d’un simple particulier. Chacun voulut payer un dernier hommage à celui qui avait su, dans sa longue vie, se concilier de si nombreuses sympathies. Le peuple, que ses instincts ne trompent guère, se pressait en masse autour du noble seigneur qu’il avait aimé pour lui-même, sans qu’il se fût fait courtisan de popularité, et les membres isolés de la garde nationale suivaient tristement le cercueil, regrettant que la garde entière n’eût pas été convoquée, pour rendre les derniers honneurs à celui qui l’avait si long-temps et si honorablement commandée.
Ces regrets, cet empressement, ces suffrages unanimes, c’était, Messieurs, l’hommage et le jugement impartial et spontané de la cité, envers un des citoyens qui l’avaient le plus honoré. Pour nous, Messieurs, qui avons été plus à même d’apprécier le noble caractère de M. de Castellane, et qui avons été l’objet de son affectueuse intimité, il nous appartient de dire combien il est rare de trouver réunies tant de distinctions et d’éminentes qualités. Issu d’une famille illustre, riche des faveurs de la nature et des dons de l’esprit, ceux qui ne le connaissaient pas, purent seuls donner à ses grandes manières une interprétation qui ne leur convint jamais. Son abord fut toujours facile et bienveillant ; jamais il ne sortit de sa bouche un mot qui pût rappeler des avantages dont tant d’autres s’enorgueillissent ; son esprit élevé mais inoffensif, acceptait le présent sans récrimination et sans retours chagrins vers un passé détruit ; pour ceux qui le connurent le mieux sa politesse exquise, et parfois réservée, cachait presque toujours un sentiment d’embarras et de timidité naturelle, qu’il ne put jamais surmonter.
Sous le rapport de la science, il se distinguait par une absence complète de prétention, et cependant peu de vies ont été plus pleines que la sienne. Ses études longues et assidues lui avaient acquis les connaissances les plus étendues ; mais jaloux de les dissimuler, il fallait une longue habitude, pour s’apercevoir que peu de sciences lui étaient étrangères, et que pour toutes choses il avait un jugement certain, et une appréciation éclairée. Dans les arts chacun a connu sa supériorité. Riche de ses souvenirs, de tout ce que lui avaient appris ses longs voyages, il s’était environné de outes les ressources de la science. Ses immenses collections, œuvre intelligente et non interrompue d’une si longue carrière, lui retraçaient sans cesse ce que la peinture, la sculpture, l’architecture avaient produit de plus parfait, et ajoutaient chaque jour à ce goût exquis, produit de l’étude sans doute, mais avant tout précieuse faveur d’une nature éminemment artistique.
Enfin dans la science de l’archéologie, occupation exclusive des 14 dernières années de sa vie, c’est encore le meilleur modèle que nous puissions nous proposer. Malgré ses profondes connaissances, il écartait avec soin le pédantisme de la science, pour ne présenter que les idées les plus claires et les plus précises ; dirigé par son goût, il ne s’attachait qu’aux sujets intéressants par eux-mêmes, et la sobriété et la bonne foi de ses dissertations lui valurent toujours une confiance, que l’on refuse avec raison aux interprétations vagues et à des commentaires hasardés.
Tel était, messieurs, celui que nous avons perdu. En retraçant son caractère, pourrait-on m’accuser de m’être laissé aller aux sentiments de mon cœur, ou bien à des impressions exagérées, résultats ordinaires de la concentration de la pensée. Je ne crains ce reproche d’aucun de ceux qui ont connu l’homme éminent auquel cet éloge est consacré. Ils n’y verront, je l’espère, que l’expression d’un jugement réfléchi et d’une profonde conviction ; et nous, messieurs, qui regardons avec anxiété le vide immense que la mort a fait dans nos rangs, rappelons-nous toujours les exemples de celui qui dirigea si long-temps nos travaux, et réunissons nos efforts pour faire prospérer une société qu’il avait créée, dans laquelle il avait placé toutes ses affections ; ce sera la meilleure manière
d’honorer sa mémoire.
AUGUSTE D’ALDEGUIER,
président de la société.
LISTE DES OUVRAGES DE M. LE MARQUIS DE CASTELLANE,
AVEC L’INDICATION DU TOME ET DE LA PAGE DE LA COLLECTION DES MEMOIRES DE LA SOCIETE ARCHEOLOGIQUE
Discours d’ouverture de la Société archéologique…….. tome I page 11
Notice sur deux bas-reliefs du moyen-âge, de l’ancienne abbaye de Saint-Saturnin……. t. I p. 1
Voyage du vicomte de Périlhos au purgatoire de Saint-Patrice en Irlande……. t. I p. 51
Dissertation sur un coffret représentant le lai d’Aristote et le lai du Ménestrel (inédit).
Traduction d’une partie du roman de Philomena du XIVe siècle (inédit).
Notice sur l’église de Saint-Aventin, dans la vallée de l’Arboust (Pyrénées)……. t. I p. 237
Notice et extraits de la vision de Tindal, légende manuscrite du XIVe siècle……. t. 2 p. 1
Notice sur les rois Goths qui ont régné dans le Midi de la France, et sur leurs monuments (1re partie)……. t. 2 p. 109
Notice sur les rois Goths qui ont régné dans le Midi de la France, et sur leurs monuments (2e partie)……. t. 2 p. 387
Inscriptions du Ve au Xe siècle, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 2 p. 175
Inscriptions du XIe au XIIe siècle, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 3 p. 53
Inscriptions du XIIIe siècle, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 3 p. 193
Inscriptions des XIVe, XVe et XVIe siècles, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 3 p. 237
Supplément aux inscriptions du Ve au XVIe siècle, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 4 p. 255
Abrégé des curieuses recherches de François Filhol, hebdomadier de l’église métropolitaine de Tolose……. t. 2 p. 373
Description de quelques vases péruviens……. t. 3 p. 401
Notice sur l’ancienne église cathédrale de Notre-Dame à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) ……. t. 4 p. 63
Dissertation sur le sceau de Guillaume VI, seigneur de Montpellier……. t. 4 p. 343
Essai d’un catalogue chronologique de l’imprimerie à Toulouse (1re partie)……. t. 5 p. 1
Supplément à l’essai de Catalogue chonologique de l’imprimerie à Toulouse dans les XVe, XVIe et XVIIe siècles……. t. 5 p. 137
Dissertation sur quelques fragments en marbre blanc, tirés en 1842 et 1843 des fouilles de Martres……. t. 5 p. 457
Nouvelle dissertation sur quelques fragments trouvés à Martres (inédit)
Autre dissertation sur plusieurs fragments de sculpture trouvés dans les dernières fouilles de Martres (inédit).

Émile CARTAILHAC (1845-1921)
Président de la Société Archéologique du Midi de la France (1914-1921)
Éloge de M. Émile Cartailhac, prononcé par M. le comte Bégouen, à la séance publique de la Société Archéologique du Midi de la France, le 15 avril 1923.
Extrait du Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, nouvelle série n° 46 (novembre 1917 à novembre 1921), p. 7-17.
Lire la notice
MESSIEURS,
Deux fois déjà j’ai été appelé à l’honneur de prendre la parole dans cette enceinte pour prononcer l’éloge de mon regretté maître et ami Émile Cartailhac. La première fois c’était au nom de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres. Je me suis efforcé de retracer sa carrière de publiciste, de professeur et de directeur de Musée. La seconde fois, à l’Académie des Jeux Floraux, j’ai rappelé ses goûts littéraires, son amour de la tradition et de la petite patrie méridionale. Aujourd’hui je dois compléter ces différentes esquisses en vous dépeignant l’archéologue.
Au cours de ces trois études, j’ai dû, en semant çà et là quelques traits de son caractère et de son esprit, rappeler quelques événements de sa vie qui les font chevaucher en quelque sorte les unes sur les autres. Mais ces répétitions étaient inévitables et d’ailleurs peut-être ont-elles facilité ma tâche, en reliant ensemble ces différents éloges et en rendant plus vivant, plus ressemblant le portrait que j’avais à vous présenter.
Cartailhac était d’ailleurs une de ces personnalités ayant une physionomie caractéristique aussi bien au physique qu’au moral, qui marquent de leur forte empreinte toutes les œuvres qu’elles entreprennent et dont l’influence se fait sentir longtemps encore après leur disparition. Pendant plus de cinquante ans il a été membre de la Société archéologique du Midi de la France, plein de son esprit et de ses principes, l’animant de son activité et de son dévouement, si bien que l’on peut dire qu’avec son ami de Lahondès ils s’étaient, durant ces dernières années, en quelque sorte identifiés avec elle.
Reportons-nous à près d’ un siècle en arrière, car bientôt notre Société, la doyenne des sociétés archéologiques de France, va être centenaire. Nous sommes en 1831, sous l’influence du romantisme : on commence à ne plus traiter de barbares nos merveilleuses cathédrales romanes et gothiques. Quelques amateurs et quelques savants s’intéressent au Moyen âge, aux vestiges du passé et à l’histoire locale. Du Mège dont on peut dire beaucoup de mal, mais qui a droit quand même à notre reconnaissance, est à Toulouse à la tête du mouvement. Il trouve des adeptes : l’abbé Jammes, M. d’Aldéguier, le marquis de Rességuier, Sauvage, etc. Le marquis de Castellane les réunit chez lui, et c’est dans son salon que, le 2 juin 1831, les quatorze fondateurs de la Société d’archéologie signent la déclaration de principes suivante :
« Le Midi de la France est couvert de monuments de tous les âges, mais négligés, inconnus ou dédaignés même par les habitants de cette vaste région. Les étrangers viennent contempler ces précieux restes, souvent ils en font l’acquisition et des objets inappréciables qui nous auraient fait connaître les origines et les illustrations de nos pères, qui répandraient de nouvelles clartés sur notre histoire sont à jamais perdus pour nous. »
Ne vous semble-t-il pas, que ce programme eût pu être rédigé par notre regretté président ? On y trouve, avec le même amour du passé, cette haine des brocanteurs que vous lui avez souvent entendu exprimer en termes virulents, maintenant surtout que le dollar entraîne plus que jamais nos œuvres d’art au-delà des océans avec une force contre laquelle nos sentiments traditionnels peuvent difficilement lutter. Et cependant c’est là un des buts de notre Société archéologique et nous pouvons dire avec fierté que notre œuvre n’a pas été inutile. Nous avons sauvé de la destruction et conservé parmi nous, malgré des offres alléchantes, plus d’un monument artistique et historique. Mais ce n’est pas tout. Notre œuvre scientifique est importante, nos seize volumes de Mémoires et notre Bulletin montrent notre activité et notre science. Même parmi les anciens travaux, beaucoup n’ont pas vieilli et conservent leur autorité. Du Mège sur lequel je reviens a publié de bons travaux, ceux de M. d’Aldéguier ne sont pas à négliger, et quant aux études bibliographiques, du marquis de Castellane et de Desbarreaux-Bernard, elles sont la base nécessaire de tout travail dans cet ordre d’idées.
Il faut reconnaître cependant qu’il y eut un moment de fléchissement dans l’activité de la Société. Lorsqu’on feuillette les procès-verbaux des séances de 1863-66 on constate souvent que le nombre des membres présents est réduit, cinq ou six tout au plus ; et, après le dépouillement de la correspondance, rien n’étant inscrit à l’ordre du jour, la séance est levée.
![]() Émile Cartailhac en 1872 | Le besoin d’une infusion de sang nouveau se faisait sentir. Elle eut lieu en 1867, et dans son éloge d’Eugène Trutat prononcé ici en 1911, Cartailhac la raconte ainsi : « De février 1867 à février 1868 la Société archéologique du Midi accueillait une fournée de jeunes gens, on pourrait dire que ce fut la promotion de l’archéologie préhistorique. Le comte Victor d’Adhémar apportait les quartzites taillés des vallées de la Saune et de la Ceillonne, affluents du Lhers à l’est de Toulouse, Eugène Trutat, qui naguère étudiant au Museum de Paris, avait recueilli et publié le cours du professeur d’Archiac sur l’ancienneté de l’homme, venait d’être nommé conservateur du Musée naissant de Toulouse. Louis de Malafosse parlait avec une verve séduisante des lacs, des ruines, des tumulus du Gévaudan. Émile Cartailhac étalait devant les Toulousains surpris les jolies pointes de flèches en silex et toute la bijouterie des dolmens du Larzac rouergat. Avec ces jeunes, et comme pour les présider et les guider, entrait dans notre Compagnie un maître renommé, un romaniste habile qui fut aussi le meilleur naturaliste toulousain du dix-neuvième siècle, le Dr Noulet, émule de Boucher de Perthes, qui avait noté à Clermont d’Ariège dès 1852 la coexistence de l’homme et de quelques espèces éteintes. » |
En traçant le portrait de la jeune équipe qui entrait à la Société d’archéologie, Cartailhac s’est modestement placé dans le rang. En réalité, il ne tarda pas à s’en montrer le chef, et en même temps, grâce à cette qualité d’animateur qu’il possédait au plus haut degré, il réveilla la Société qui imitait l’exemple du bon Homère. Le ton des procès-verbaux change aussitôt : c’est, comme le dit Cartailhac, la science préhistorique alors si discutée qui est la cause de ce renouveau, et tout de suite l’activité de Cartailhac se manifeste non seulement par ses communications, mais aussi par la part qu’il prend aux travaux des commissions. Il fait tout de suite fonctions de secrétaire adjoint et y apporte dès lors le soin méticuleux que vous lui avez connu.
Il ne tarda pas à se rendre compte que ce n’était pas tout pour une Société scientifique que d’écouter de belles communications, de les discuter et de les garder ensuite pour soi. A la séance du 29 juin 1869, Cartailhac propose la publication du compte rendu de nos séances : ainsi des communications précieuses ne seraient plus condamnées à l’oubli lorsqu’elles n’auraient pas l’accès de nos Mémoires. Le résumé de nos travaux, expédié à nos membres correspondants, serait un moyen efficace d’établir un lien plus étroit entre eux et nous. On pourrait espérer alors de voir plus souvent arriver jusqu’à nous des notes, des renseignements sur le mouvement archéologique dans le rayon de l’influence de notre Compagnie. Après discussion, cette excellente proposition était adoptée et notre Bulletin naquit. D’abord il fut imprimé sur deux colonnes dans le format de nos Mémoires, puis plus tard, également sur la proposition de Cartailhac, son format fut modifié ; mais qu’il soit in-4° ou in-8° il n’en est pas moins un recueil précieux à consulter, où nous voyons revivre la physionomie même de nos séances avec leurs communications variées, les mémoires étudiés et complets à côté des petites notes et des présentations d’objets, toutes choses d’importances diverses, mais toujours utiles, car elles amènent des discussions, éveillent nos curiosités et augmentent notre savoir.
Non seulement Cartailhac fit créer le Bulletin, mais pour faire une propagande utile proposa-t-il à la Société de tenir des séances publiques, et d’inaugurer ainsi sa nouvelle activité scientifique en y conviant le public. Cette proposition fut adoptée, et comme pour le punir de sa hardiesse, on chargea le plus jeune membre de la Société, c’est-à-dire Cartailhac, de présenter un rapport sur les travaux de la Compagnie. Le 13 juin 1869 cette séance eut lieu, et elle fut suivie de plusieurs autres. Le 26 juin 1870 c’est encore Cartailhac, devenu secrétaire, qui rend compte de nos travaux. Puis les événements interrompent quelque temps une tradition en voie de formation, mais en 1877 c’est encore Cartailhac qui la renoue. Ses discours sont des modèles de netteté et de précision, il ne sacrifie pas aux charmes du style, mais résume clairement les différents travaux, disant l’essentiel pour chacun d’eux, ce qui est d’un talent rare mais fort appréciable et préférable aux fleurs de rhétorique.
Nous retrouverons ces mêmes qualités dans toutes les communications qu’il a faites au cours des cinquante-quatre années durant lesquelles il a fait partie de la Société ; il fut toujours des plus assidus à nos séances et sa présence se relève sur presque tous nos procès-verbaux ; s’il manque, c’est généralement qu’il est en voyage ; mais alors, à son retour, il rend compte à ses collègues de ses recherches et de ses observations. Il n’y a d’absence non motivée par des voyages d’études que vers 1884, époque où la politique l’avait disputé à la science, mais Cartailhac ne tarda pas à revenir à ses chères études.
Vous n’attendez pas de moi que je relève ici toutes les communications qu’il nous a faites. Une bibliographie complétant, par l’indication des études locales, la belle et déjà si importante bibliographie que Marcellin Boule a publiée dans l’Anthropologie, est en voie de préparation et paraîtra dans notre Bulletin. Vous verrez quelle somme énorme de labeur représente la vie toute de travail de Cartailhac et quelle variété de sujets il a traités. Mais vous m’en voudriez si je ne vous indiquais pas d’un trait rapide quelques-uns des principaux travaux de Cartailhac. Vous verrez que même en ce qui concerne ses publications les plus importantes, éditées à grands frais à Paris ou ailleurs, c’est toujours à la Société d’archéologie qu’il donne la primeur de ses découvertes ou de ses observations. On peut même parfois suivre toute la genèse d’une œuvre dont le point de départ se retrouve parmi nous.
C’est ainsi que le 16 février 1869 il fait une lecture sur les haches de pierre considérées comme des amulettes. Cela donna même lieu à une discussion qui malgré l’objectivité du procès-verbal paraît avoir été assez vive entre quelques membres, l’abbé Carrière, MM. Causse, Sauvage entre autres, que certaines hardiesses de l’auteur paraissent avoir épouvantés. Quelques années après, Cartailhac revient sur le même sujet, le développe et enfin ces diverses communications deviennent, en 1878, le volume si recherché aujourd’hui, L’Age de la pierre dans les souvenirs et les superstitions populaires. J’en dirai de même de son livre classique sur la France préhistorique. La Société a eu la primeur de ses différents chapitres et même des phases de transformation qu’ils ont subies.
L’esprit de Cartailhac était en effet perpétuellement en éveil et en travail. Le vieil étudiant, comme i1 se plaisait à s’appeler, ne se reposait jamais et il acquérait toujours des connaissances nouvelles. Surtout lorsqu’il s’agit d’une science en formation, comme la préhistoire, où des découvertes successives viennent parfois détruire des conclusions trop hâtivement tirées de précédentes découvertes et où, par conséquent, la prudence s’impose plus que partout ailleurs, il faut se garder de formuler trop vite des principes et savoir les abandonner parfois. Nous avons en anthropologie des exemples fameux et regrettables de savants qui se figent dans des idées controuvées par des faits nouveaux. La scrupuleuse droiture et la curiosité naturelle de Cartailhac l’empêchaient de tomber dans ce travers. Il n’hésitait pas à s’infliger à lui-même des démentis. Son attitude à propos des peintures préhistoriques est trop connue pour que je la rappelle encore une fois. Mais il ne rougissait pas de sa conversion, et toutes les fois que l’occasion se présentait pour lui de parler de nouvelles grottes ornées, il ne manquait pas d’ajouter avec un soupir : « Et dire que je ne voulais pas y croire jadis ! »
Mais par contre, lorsqu’il croyait avoir découvert une théorie juste, il recherchait avec soin et sans parti pris tout ce qui pouvait se rapporter à elle, soumettant les faits à une critique serrée, attendant parfois longtemps avant de se décider à lancer cette idée, mais une fois que sa conviction était bien établie, il la soutenait avec énergie, ne redoutant pas les polémiques les plus vives. Nous en avons un exemple dans ce qui s’est passé à propos de la question aurignacienne. Je vais être obligé d’entrer ici dans quelques détails techniques un peu ardus, mais l’affaire est d’importance en préhistoire ; elle est un des points où le nom de Cartailhac restera des plus attachés, et d’ailleurs ne sommes-nous pas entre archéologues.
Lors des premières études sur l’âge des cavernes, Édouard Lartet avait on le sait fouillé, dans la Haute-Garonne, la célèbre grotte d’Aurignac. De l’examen des objets, aussi bien en os qu’en pierre qu’il y avait trouvés, il avait tiré, dans son Essai de paléontologie préhistorique (1861), la conclusion qu’on se trouvait en présence d’un niveau présentant quelques points de ressemblance avec le magdalénien, mais devant cependant se placer bien avant lui, entre le moustérien et le solutréen. Quelque temps le type d’Aurignac, caractérisé par une pointe en os, à base fendue, avait été accepté par les préhistoriens, puis Mortillet le rejeta et les observations de Lartet tombèrent dans l’oubli. « En fait, dit Cartailhac, l’influence de G. de Mortillet nous bloqua trente ans dans une voie fausse, dans une véritable impasse », car en ayant rayé cette période de la chronologie préhistorique, on se heurtait à des bizarreries, à des faits absolument contradictoires et inexplicables. Cela troublait particulièrement Cartailhac, d’autant plus que nous avons dans notre riche galerie préhistorique du Musée de Toulouse des séries d’objets provenant de grottes de la région et présentant ce même caractère : une d’elles surtout, celle de Tarlé, près de Marsoulas, fouillée avec soin et méthode par M. Harlé, rendait Cartailhac fort perplexe. « C’est, vous a-t-il dit le 7 mai 1907, dans la galerie préhistorique du Musée d’histoire naturelle de Toulouse, que cette phase s’est révélée d’abord, puis à Monaco. » Il avait en effet été appelé par le prince de Monaco pour étudier et classer le résultat des belles fouilles que ce prince ami de la science avait entreprises dans les célèbres grottes de Baouné Bonssé, près de Menton. Là aussi le même problème se posait. Il en parla avec l’abbé Breuil, en des conversations que celui-ci qualifie de « précieuses ». Et, « M. Breuil ayant fait alors à travers la France une révision générale des collections publiques et privées, reconnaissait et publiait l’identité de nos conclusions. » Ainsi s’exprime Cartailhac au Congrès de Monaco (1906), qui fut pour lui, comme d’ailleurs tous ceux auxquels il assistait, à Genève comme à Liège, l’occasion d’un véritable triomphe et sa consécration comme maître de la préhistoire. Il fit en effet accepter, d’accord avec l’abbé Breuil, le terme d’aurignacien pour dénommer la période paléolithique qui se place entre le moustérien et le solutréen. Depuis qu’à Monaco cette époque eut reçu droit de cité dans la science préhistorique, elle a pris un développement tout à fait extraordinaire. De nombreuses découvertes venaient en confirmer l’importance et l’étendue, non seulement au point de vue de la durée, mais encore quant à son aire de répartition, qui va jusqu’en Pologne. Chacune de ces découvertes remplissait Cartailhac de joie ; il considérait cette époque un peu comme sa pupille et même son enfant. Il en avait compris l’importance et lui avait donné un nom. Avec quelle joie il aurait accueilli la belle découverte que fit M. de Saint-Périer, en août de l’an passé, dans une grotte des gorges de la Save, à Lespugue. C’est une étrange statuette de femme, maigre et stéatopyge, stylisée, ayant un point de ressemblance avec toutes les autres statuettes féminines pourtant si différentes, mais de cette même époque aurignacienne et trouvées en Autriche, à Menton ou dans les Pyrénées. Que de problèmes sont soulevés devant cette statuette primitive et pourtant d’un art déjà très évolué ! Que de points d’interrogation cela nous pose sur la mentalité et la civi1isation de cette époque ! Et que penser du vêtement, ce simple pagne accroché par derrière et posé si bas qu’il paraît bien inutile ? Notre première pensée, à Saint-Périer et à moi, lorsqu’il me montra sa sensationnelle statuette sur le lieu même de sa découverte, fut : « Qu’en eût dit Cartailhac ! »
Une œuvre de lui qui restera également, quoique inachevée et incomplète, c’est le grand Dictionnaire archéologique de la Gaule, auquel il s’est consacré avec une science et un dévouement dont il n’a été récompensé ni matériellement ni moralement. Après sa mort, en effet, alors qu’il n’était plus là pour se défendre, on a élevé contre son travail quelques critiques injustifiées. Si, en effet, il y a des défauts dans cet ouvrage, ils ne sont pas du fait de Cartailhac, mais du programme tracé et de la mauvaise méthode imposée. Ce Dictionnaire, dont l’établissement fut décidé en 1858 par Napoléon III, devait être l’œuvre d’une Commission qui travailla comme l’Académie à son Dictionnaire, c’est-à-dire lentement et très mal. Il faut lire dans la Revue archéologique de 1915 l’historique publié par Salomon Reinach de ce Dictionnaire, pour se rendre compte des difficultés de travail que rencontrait Cartailhac. Ce Dictionnaire avait déjà coûté des sommes énormes, le premier volume avait paru en 1869, le second restait en plan, lorsqu’en 1892 on fit appel au dévouement de Cartailhac qui, sans aucune rétribution, se mit à l’œuvre. Il y travailla longtemps, mais on laissa dormir son travail, ce qui fait que lorsqu’on se décida à le publier il n’était plus à la hauteur de la science actuelle et on ne voulut pas faire un travail d’adaptation nécessaire en y ajoutant les découvertes nouvelles. Le Ministère a donc publié, en 1918 un ouvrage écrit en 1895 environ. Comme l’a dit S. Reinach dans l’article que j’ai cité, c’est une publication facile à critiquer, mais non à remplacer et qui peut rendre de grands services. Elle fait en somme honneur à Cartailhac, non seulement à sa science mais à son désintéressement. Tandis que les Parisiens, comme il disait plaisamment, se partageaient soi-disant pour ce travail des centaines de mille francs, on lui refusait le montant d’une mission à l’étranger, qu’il jugeait nécessaire pour mener à bonne fin son œuvre de révision.
Ce n’est pas à vous, Messieurs, qu’il est besoin de dire que si Cartailhac était surtout préhistorien il n’était pas que cela, et aucune des branches de l’archéologie ne lui était étrangère. Plus d’une fois il a fait des communications sur des monuments de l’époque romaine ou même plus récente, mais dans cet ordre d’idées il se montrait surtout excitateur. C’est ainsi que c’est à lui que nous devons cet Album des Monuments du Midi de la France qui, quoique inachevé, forme déjà un tout des plus remarquables.
Cartailhac avait réussi à s’assurer les plus précieuses collaborations : une magistrale étude sur Saint-Sernin avait été composée par Anthyme Saint-Paul ; le futur Mgr Douais avait fourni une étude sur l’église et le couvent des Jacobins ; une étude sur le couvent des Augustins par Roschach avait pris place à côté d’une étude sur le château de Foix, par un savant membre de notre Compagnie dont je suis heureux de saluer la présence… Un docte archiviste de nos correspondants avait promis d’écrire sur Sainte-Cécile d’Albi. Pourquoi l’œuvre qui s’annonçait si belle s’est-elle brusquement interrompue ? Quelle fatalité pèse sur Toulouse, qui la contraint de vérifier si souvent – et à son dam – la douloureuse interrogation tracée sur une des tapisseries de la cathédrale : Cur imperfecta decedere cogeris aede ?…
![]() Portrait par Madeleine Cartailhac, 1922. Huile sur toile, Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse. | Fait étrange, Cartailhac qui était pour lui-même si détaché des choses matérielles et paraissait même si peu pratique était au contraire un organisateur de premier ordre, actif, entreprenant, entrant dans les moindres détails, mettant tout à sa place. Nous l’avons vu aussi dans les entreprises considérables telles que l’exposition de Toulouse et aussi dans celles de moindre importance comme la préparation d’une excursion, d’un congrès, d’un banquet. Il s’est occupé de notre bibliothèque avec autant de vigilance que de zèle, faisant la chasse aux emprunteurs oublieux. Partout dans notre Société il a mis son empreinte. Maintenant encore il semble nous présider. Dans la salle ordinaire de nos séances, derrière le fauteuil qu’il a occupé si longtemps, son image fidèle tracée par une main pieuse fait vis-à-vis au portrait de son ami Lahondès, dû au même artiste. Ils se sourient l’un à l’autre, semblant continuer une conversation amicale et savante, et nous, sous ce double regard bienveillant, inspirés de leur amour de la science, nous continuerons leur œuvre. |
BIO-BIBLIOGRAPHIE
Cette bibliographie, parue dans L’Anthropologie, a été composée par M. Marcellin Boule, professeur au Muséum. Elle a été complétée par M. le comte Bégouen et publiée dans le Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, nouvelle série n° 46 (novembre 1917 à novembre 1921), p. 17-24.
ÉDOUARD- PHILIPPE-ÉMILE CARTAILHAC, né à Marseille le 15 février 1845.
Attaché au Muséum de Toulouse en 1867 ; Membre de la Société archéologique du Midi, 1867 ; Chevalier de la Légion d’honneur, 1887 ; Membre de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 1899 ; Mainteneur des Jeux Floraux, 1899 ; Correspondant de l’Institut, 1900 ; Chargé de cours à la Faculté des Lettres de l’Université de Toulouse, 1910 ; Docteur de l’Université d’Oxford honoris causa, 1912 ; Officier de la Légion d’honneur, 1912 ; Mort à Genève le 25 novembre 1921.
1864.
• Funestissimus Micheli Morini trepassus. Tolosae, apud Troyes typographiam. MDCCCLXIV, 8 pages. (Cette réimpression du célèbre poème macaronique est la première publication de Cartailhac.)
1865.
• Détails antéhistoriques sur l’arrondissement de Saint-Affrique (Aveyron). Matériaux pour l’histoire positive et philosophique de l’Homme, 2e année, p. 144-154. Fig.
1866.
• Dolmens de l’Aveyron et stations d’âge inconnu. Matériaux, 3e année, p. 65.
• Des monuments dits celtiques, à propos du dolmen de Chamant, près Senlis (Oise), par M. l’abbé Legoix. Moniteur de l’archéologue, mars et avril 1866.
1867.
• Note sur la grotte de Saint-Jean d’Alcas (Aveyron). Revue archéolog. du Midi, t. II, p. 2.
• Tumulus de Villemur (Haute-Garonne). Matériaux, 3e année, p. 66.
• Les civilisations primitives à l’Exposition universelle de Paris, 1867.
• Lettre à M. le Dr Noulet. Revue de Toulouse, nov. 1867.
1868.
• Distribution des dolmens dans le département de l’Aveyron. C. R. du Congrès intern. d’anthropologie et d’arch. préhistoriques. Session de Paris, 1867.
1869.
Rapports sur les travaux de la Société archéologique du Midi de la France. Extrait du Bulletin de la Société archéol. du Midi.
1869-1889.
• Matériaux pour l’histoire naturelle et primitive de l’Homme. Revue mensuelle illustrée, 18 vol. – Direction TRUTAT-CARTAILHAC, de 1869 à 1873. Direction CARTAILHAC, de 1874 à 1884. Direction CARTAILHAC-CHANTRE, de 1884 à 1889. – Cartailhac s’est dépensé beaucoup dans la création de cette revue. Ne figurent dans cette bibliographie que les articles les plus importants.
1869.
• (En collab. avec E. TRUTAT). Une visite au Musée de Narbonne. Matériaux, 2e série, t. I., p. 62. Avec pl.
• Note sur les fouilles de M. de Sambucy au Sargel. Matériaux, 2e série, t. I, p. 96. 1 pl.
• Monuments mégalithiques du département de l’Aveyron. Trans. Intern. Congres of Prehistor. Archeology. Londres, 1868, p. 351. 7 pl.
• (Avec E. TRUTAT) Projet d’un rapport annuel sur les études préhistoriques. Ibid., p. 356.
1870.
• Rapport sur les travaux de la Société archéologique du Midi de la France. Extrait du Bulletin.
1871.
• (Avec E. TRUTAT) Sur la distinction à établir entre les races humaines dont on a trouvé les traces dans la grotte d’Aurignac. C. R. de. l’Académie des Sciences, 31 juillet 1871, et Matériaux, 2e série, t. III, p. 207-214.
• Voyage en ballon de Paris en Norvège du capitaine Paul Rollier. Toulouse, Bonal.
1872.
• Un squelette humain de l’âge du Renne à Laugerie-Basse (Dordogne). Bulletin de la Société de l’hist. natur. de Toulouse, 6e année, 1871-1872, avec 3 pl., et Matériaux, 2e série, t. VII.
• (Avec CAZALIS DE FONDOUCE) Compte rendu du Congrès international de Bologne, 2e série, t. III, p. 1.
• Sur la non orientation des dolmens. Les Terramares du Midi de la France. Ibid., p. 171, et aussi dans Congrès international d’anthropologie et d’archéologie préhistorique, 5e session, Bologne, 1871.
• Sur l’intervalle des deux grandes périodes de la Pierre. Matériaux, 2e série, t. III, p. 327.
• Le Musée d’histoire naturelle de Bruxelles. Ibid., p. 372.
• (Avec E. MASSENAT et Philippe LALANDE) Découverte d’un squelette humain de l’âge du Renne à Laugerie-Basse (Dordogne). Note présentée à l’Institut par M. de Quatrefages, le 15 avril 1872.
1873.
• (Avec CAZALIS DE FONDOUCE) L’exposition italienne d’anthropologie et d’archéologie préhistorique à Bologne, 1871. Matériaux, 2e série, t. IV, p. 109. Avec pl. et fig.
• Discussion sur la station de Solutré. Matériaux, 2e série, t. IV, p. 320.
• Nouveaux dolmens dans les Pyrénées. Ibid., p. 397.
• Rapport sur l’excursion du Congrès scientifique de Pau à Buzy et Arudy. Congrès scientif. de France. Pau, t. I, 1 pl.
• Rapport sur les travaux de l’année 1872. Société d’hist. nat. de Toulouse.
1874.
• Congrès archéologique de France, 41e session. Toulouse et Agen. Matériaux, 2e série, t. V, p. 277.
• Notes sur la lacune qui aurait existé entre la Pierre taillée et la Pierre polie. Matériaux, ibid., p. 413.
1875.
• Le bronze et l’incinération dans divers dolmens du Midi,. Matériaux, 5e série, t. VI, p. 446.
• Sur une carte des dolmens du Midi. Ibid., p. 466.
• Poteries ornées d’une grotte de Meyrueis (Lozère). Ibid., p. 519.
1876.
• Nouveaux dolmens du centre de l’Aveyron. Matériaux, 2e série, t. VII, p. 88-92 et 515-520. Fig.
• Pointes de flèches en silex de la Gironde. Ibid., p. 207. Fig.
• Dolmens de Saint-Rome-de-Tarn (Aveyron). Ibid., p. 513. Fig.
1877.
• Le Roc del Fodat, le camp de las gainos, légendes aveyronnaises. Matériaux, 2e série, t. VIII, p. 117-120. Fig.
• Les grottes de Bize et de la Crouzade (Aude). Ibid., p. 319. Fig.
• Le dolmen de Thérondels (Aveyron). Ibid., p. 480. Fig.
• Le dolmen de Peyrolevado à Saint-Germain, près Millau (Aveyron). Ibid., p. 543. Fig.
• Les plus anciennes oeuvres de l’Homme aux environs de Toulouse. Bull. de la Soc. d’hist. nat. de Toulouse, 11e année, 1876-1877, et Matériaux, 1878. Fig.
• L’art chez les chasseurs de Rennes de l’Europe préhistorique. Bull. de la Soc. d’hist. nat. de Toulouse, 11e année, 1876-1877.
• Rapport sur les travaux de la Société archéologique du Midi de la France. Extrait du Bulletin de la Société archéologique. Toulouse, A. Chauvin.
1878.
• L’âge de la Pierre dans les souvenirs et superstitions populaires. Br. gr. In-8°. Paris, Reinwald. Avec 68 fig. et 9 pl.
• Rapport sur la paléoethnologie. Période néolithique ou de la Pierre polie. Matériaux, 2e série, t. IX, p. 348.
• L’Autriche et la Russie à l’exposition des sciences anthropologiques. Matériaux, ibid., p. 469 et 553.
1879.
• Pièces intéressantes du Muséum de Toulouse. Matériaux, 2e série, t. X, p. 96. Fig.
• Une hache de bronze à deux ailerons dans les Hautes-Pyrénées. Ibid. p. 191. Fig.
• L’homme tertiaire. Ibid. p. 433. Avec 1 pl.
• Note sur l’archéologie préhistorique du département du Tarn. Ibid., p. 481. Fig. et pl.
• Caverne sépulcrale de Brusque (Aveyron). Ibid., p. 528.
• Note sur la patine de certains quartzites taillés des environs de Toulouse. Bull. Soc. d’hist. nat. de Toulouse, t. XIII.
• Transition du Paléolithique au Néolithique. Bull. Soc. d’hist. nat. de Toulouse, t. XIII.
1880.
• L’âge de la Pierre en Asie. Congrès des Orientalistes, 3e session. Lyon, 1878. In-4° de 20 pages avec 1 pl.
• Tombe gallo-romaine dans un dolmen de l’Aveyron. Matériaux, 2e série, t. XI, p. 435.
• La question de l’anthropophagie à l’âge de la Pierre. Ibid., p. 535.
• Congrès international d’anthropologie et d’archéologie préhistoriques. Rapport sur la session de Lisbonne. Br. In-8° de 102 pages. Paris, E. Boban.
1881.
• Notes sur l’archéologie préhistorique en Portugal. Bull. de la Soc. d’anth.
• Préhistorique dans les Pyrénées de la Haute-Garonne. p. 730-738 de la Description géologique et paléontologique des Pyrénées, par LEYMERIE. Toulouse.
• Les sépultures de Solutré (Saône-et-Loire). Matériaux, 2e série, t. XII, p. 223.
1882.
• A propos d’une note de A. de Quatrefages sur l’homme fossile de Lagoa Santa. Matériaux, 2e série, t. XIII. p. 26.
1883.
• Une excursion anthropologique dans la Dordogne. Progrès libéral, n° du 14 mai 1883.
• Une mine de silex exploitée à l’âge de la Pierre à Mur-de-Barrez (Aveyron). Comptes rendus de l’Acad. des Sc., 19 novembre 1883.
• Les gisements moustériens de l’Aude. Matériaux, 2e série, t. XIV, p. 499.
1884.
• Georges Cuvier et l’ancienneté de l’Homme. Matériaux, 3e série, t. I, p. 27.
• Cours libre d’anthropologie. 2e année. Leçon d’ouverture. Toulouse, imprimerie Durand.
• Catalogue de l’anthropologie à l’Exposition internationale de Géographie à Toulouse. Br. In-8°.
• Présentation d’un crâne humain néolithique avec trépanation cicatrisée et perforation posthume. Assoc. française pour l’avancement des sciences. Congrès de Blois, p. 203.
1885.
• Les grottes artificielles sépulcrales du Portugal. Matériaux, 3e série, t. II, p. 1. Fig.
• Œuvres inédites des artistes chasseurs de Rennes. Ibid., p. 63. Fig.
• Trouvailles de moules de bronze à Lombrive (Ariège). Ibid., p. 95.
• Gravures et objets sculptés de l’âge du Renne. Ibid., p. 295. Fig.
• Réponse à une note de MM. Martel et de Launay « sur des fragments de crânes humains et des débris de poterie contemporains de l’Ursus spelæus ». Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 23 novembre 1885.
1886.
• Le torques et le bracelet d’or de Lasgraïsses (Tarn). Matériaux, 3e série, t. III, p. 182. Fig. et pl.
• Histoire de la science. Les premiers travaux sur les monuments mégalithiques. Ibid., p. 229. Fig.
• Sépultures adventives et violations diverses des ossuaires mégalithiques de l’âge de la Pierre. Ibid., p. 325.
• Collection archéologique de l’École d’artillerie de Tarbes. Ibid., p. 557. Fig.
• Les sépultures à deux degrés et les rites funéraires de l’âge de la Pierre. Assoc. française pour l’avancement des sciences, Congrès de Nancy, I, p. 169, et Matériaux, 3e série, t. III, p. 441.
• Les habitants de la vallée de Bethmale (Ariège). Assoc. française pour l’avancement des sciences. Congrès de Nancy, I, p. 88.
• Les Ages préhistoriques de l’Espagne et du Portugal. Un vol. gr. In-8°, avec 450 fig. et 4 pl. Paris, Reinwald.
• Ossements et squelettes humains dans les cavernes et les stations quaternaires. Rev. d’anthropologie, 3e série, t. I, p. 448.
1888.
• L’incinération des morts à l’âge de la Pierre. Matériaux, 3e série, t. V, p. 2.
• Une grotte sépulcrale à Tournemire-Roquefort (Aveyron). Matériaux, 3e série, t. IV, p. 157. Fig.
• Moule de hache de bronze des Pyrénées-Orientales. Matériaux, p. 158.
• Une nouvelle caverne à ossements dans les Pyrénées, entre Foix et Saint-Girons. Ibid., p. 456-458.
1889.
• L’or gaulois. Rev. d’anthropol., 3e série, t. IV, p. 272.
• (Avec Marcellin BOULE.) La grotte de Reilhac, causse du Lot. In-4° avec 70 fig. Paris, Masson.
• La France préhistorique d’après les sépultures et monuments. Un vol. de la Bibl. scient. internationale, Paris, Alcan.
1890.
• Les bronzes préhistoriques du Cambodge et les recherches de M. Ludovic Jammes. L’Anthropologie, I, p. 641. 15 fig.
• Discours prononcé à la distribution des prix du petit Lycée. Toulouse, Lagarde et Sébille.
1891.
• Les fouilles de M. Piette dans la grotte de Mas d’Azil (Ariège). L’Anthropologie, t. II, p. 141. Fig. et pl.
• Observations sur « l’hiatus ». Congrès intern. d’anthrop. et d’archéol. préhist., 3e session. Paris. 1889, p. 212.
• Sur les « Silex tertiaires ». Ibid., p. 541.
1892.
• Notice sur A. de Quatrefages. L’Anthropologie, t. III, p. 1.
• Indications bibliographiques pour l’histoire des premières populations et pour la géologie et la paléontologie quaternaire des Pyrénées. Bull. de la Soc. d’hist. nat. de Toulouse, t. XXVI.
• Monuments primitifs des Baléares. Gr. In-4°. Texte avec 80 dessins et plans. Album de 51 planches en phototypie. Toulouse, Éd. Privat.
• Les enceintes de blocs à Bilhères, vallée d’Ossau. Objets de l’âge du Renne dans le dolmen de Buzy. Assoc. franç. pour l’avancement des sciences. Congrès de Pau, I, p. 2-118.
• Une vertèbre lombaire pénétrée par une flèche de silex. Ibid., p. 310.
• L’âge de la Pierre en Afrique. L’Anthropologie, t. III, p. 405. 26 fig.
• François de Belleforest, Commingeois, à propos de la découverte de l’Amérique. Extrait de la Revue de Comminges, Saint-Gaudens, Abadie.
1893.
• Quelques mots sur les Basques. Rev. des Pyrénées, t. V, p. 58-80.
• Bibliographie aveyronnaise. Br. In-8° de 27 p. Toulouse, Éd. Privat.
1894.
• Quelques faits nouveaux du Préhistorique ancien des Pyrénées. L’Anthropologie, t. V, p. 1, et t. VII, p. 309. Fig.
• La divinité féminine et les sculptures de l’allée couverte d’Épône. Ibid., t. V, p. 147. 11 fig.
• Sur une statuette d’ivoire de Brassempouy. Ibid., t. V, supplément à la 4e livraison. Fig.
• Le temple de Koptos et l’Égypte préhistorique. Ibid., t. V, p. 683.
1896.
• Huit jours en Grèce. Extr. du Bull. de la Soc. de géogr. de Toulouse. Br. In-8° de 83 p.
1897.
• Le torques d’or du Musée de Bordeaux. L’Anthropologie, t. VII, p. 584. 1 fig.
1898.
• Gabriel de Mortillet. Notice nécrologique. L’Anthropologie, t. IX, p. 601-612.
• Bronzes inédits du Midi de la France. Ibid., p. 666. 21 fig.
1899.
• Académie des Jeux Floraux. Remerciement de M. Émile Cartailhac, nommé mainteneur. Br. In-8° de 20 p.
• Notes sur Toulouse à l’occasion du Congrès des Sociétés savantes. Petit guide publié par la Revue des Pyrénées, Éd. Privat.
1900.
• Quelques souvenirs de la Société archéologique du Midi. Br. In-8° de 11 p.
• Éloge de Louis Lartet. Mém. de la Soc. archéolog. du Midi, t. XVI, 10 p.
1902.
• Observations sur une sculpture de Thayngen. Congrès intern. d’Anthrop. et d’archéol. préhist., XIIe session. Paris, 1900, p. 129.
• Le Préhistorique dans la région de Montauban. Assoc. franç. pour l’avancement des sciences. Congrès de Montauban, t. I, p. 246.
• L’âge de la Pierre du Sud Algérien ; identités avec l’Égypte. Ibid., p. 251.
• Exploration préhistorique et protohistorique de la Sardaigne. Ibid., p. 259.
• Les caves ornées de dessins. La grotte d’Altamira. Mea culpa d’un sceptique. L’Anthropologie, t. XIII, p. 348. 2 fig.
• Notes sur les dessins préhistoriques de la grotte de Marsoulas. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions, p. 478-483.
• Notes sur Altamira. Ibid., p. 549.
• Éloge de Clémence Isaure. Académie des Jeux Floraux. Toulouse, imp. Douladoure.
• Le Préhistorique pyrénéen. Mélanges Couture. Toulouse, Éd. Privat.
1903.
• (Avec l’abbé H. BREUIL.) Les peintures de la grotte d’Altamira à Santillana (Espagne). Comptes rendus de l’Acad. des Inscrip. et Belles-Lettres, p. 256-264, et C. R. de l’Académie des Sciences, p. 534.
• Gravure inédite de l’âge du Renne. L’Anthropologie, t. XIV. 1 fig.
• Les Stations de Bruniquel. L’Anthropologie, t. XIV, p. 129-150 et 295-315. 133 fig.
1904.
• Les peintures préhistoriques de la caverne d’Altamira. Conférence faite au Musée Guimet. In-18 de 25 p. Paris, Leroux.
• Les anneaux-disques préhistoriques. L’Anthropologie, t. XV, p. 359.
1905.
• (Avec H. BREUIL.) Les peintures et gravures murales des cavernes pyrénéennes. Altamira et Marsoulas. L’Anthropologie, t. XV, p. 625. Fig.
• Le Périgord préhistorique et le prochain Congrès de Périgueux. Revue des Pyrénées, t. XVII, p. 392.
• Plaquettes de schiste des dolmens aveyronnais analogues aux palettes égyptiennes. Assoc. franç. pour l’avancement des sciences. Congrès de Cherbourg, p. 694. Fig.
• L’Ambre dans les dolmens du Midi. Ibid., p. 697.
• La soi-disant stéatopygie de quelques statuettes préhistoriques. Ibid., p. 7.
• Éloge de M. Gustave d’Hugues. Académie des Jeux Floraux. Toulouse. Éd. Privat.
1906.
• (Avec H. BREUIL.) Les peintures et gravures murales des cavernes pyrénéennes. Marsoulas. L’Anthropologie, p. 431. Fig.
• Note sur la caverne de Niaux. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions, p. 533.
• Les palettes des dolmens aveyronnais et des tombes égyptiennes. Bull. de la Soc. archéolog. du Midi, n° 36, 1916. Avec 1 pl.
• (Avec H. BREUIL.) Note sur les cavernes de Niaux et de Gargas. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions, p. 213-222.
• Archeological discovery at Gargas. Rep. British Association. London.
• Un gisement inédit de silex pygmées en Dordogne. Congr. préhist. de France, 1ère session. Périgueux, p. 241.
• Les mains rouges et noires de la grotte de Gargas. Assoc. franç. pour l’avanc. des sciences. Congr. de Lyon, II, p. 717, et Matériaux, 1907, n° 4.
• (Avec H. BREUIL.) Les oeuvres d’art de la collection de Vibraye au Muséum national. L’Anthropologie, t. XVIII, 16 fig. et 1 pl.
• Le Moustérien et le Pré-Solutréen ou Aurignacien des grottes de Grimaldi. Congr. internat. 13e session. Monaco, p. 135-154.
• Les cavernes ornées des Pyrénées, du Midi de la France et du nord de l’Espagne. Extrait de la Revue de Comminges. St-Gaudens, Abadie.
1908.
• (Avec l’abbé H. BREUIL.) La caverne d’Altamira à Santillana, près de Santander (Espagne). – 1er volume de la série des Peintures et gravures murales des cavernes paléolithiques, publiées sous les auspices du Prince de Monaco. Gr. In-4°, 287 p., 37 pl. et fig. dans le texte. Monaco, 1906 (paru en 1908).
• Les plus anciens artistes de l’humanité, leurs oeuvres dans nos cavernes. Rev. des Pyrénées, Toulouse, t. XX, p. 509-727.
• (Avec les Drs ROULE, RIDAUT, MM. PRUNET et PAQUIER.) Rapports des conservateurs du Musée d’histoire naturelle de Toulouse. (s. 1. n. d.)
• (Avec H. BREUIL.) Les peintures et gravures murales des cavernes pyrénéennes. Niaux (Ariège). L’Anthropologie, p. 15. Fig.
• (Avec H. BREUIL.) Les peintures et gravures murales des cavernes pyrénéennes. Gargas. Ibid., t. XXI, p. 129. Fig.
1911.
• (Avec J. PICOT et L. BERTRAND.) L’histoire locale. Conférences faites à Saint-Bertrand de Comminges, le 22 juin 1911. Toulouse, Douladoure-Privat.
1912.
• Compte rendu sommaire du 14e Congrès international d’anthropologie et d’archéologie préhistoriques (Genève). Ibid., t. XXIII, p. 587.
• Les grottes de Grimaldi, t. II, fasc. 2. Archéologie. Gr. In-4° de 112 p. avec 12 pl. et fig. dans le texte. Monaco.
1914.
• Dr Joseph Montano, explorateur et anthropologiste, sa vie, son oeuvre. Bull. de la Soc. de géogr. de Toulouse, 1914.
1917.
• Notice sur le général Galliéni. Extrait des Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Toulouse, imp. Douladoure.
• Allocution à la distribution des prix du Lycée de Toulouse. Toulouse, Éd. Privat.
1919-1921.
• Dictionnaire archéologique de la Gaule, époque celtique, continué après la lettre L par les soins de M. Émile Cartailhac, t. II, 2e, 3e et 4e fascicules, 1919. 5e fascicule, 1921. Imprimerie Nationale.
1919.
• Le professeur J.-B. Noulet. Sa biographie. Le géologue et le préhistorien. Mém. de l’Académie des Sciences de Toulouse, 12e série, t. VI.
• Éloge de M. Jules Lahondès. Académie des Jeux Floraux. Toulouse, imp. Douladoure.
1920.
• Découvertes de M. le comte Bégouen dans les grottes de l’Ariège. C. R. de l’Ac. des Inscript., p. 320.
• Marques d’envoûtements sur les représentations d’animaux. Ibid., p. 424.
• Discours prononcé à l’inauguration de l’Institut de paléontologie humaine. L’Anthropologie, t. XXV, p. 571.
1921.
• Éloge de M. Louis de Malafosse. Académie des Jeux Floraux.
• Le Dr Félix Garrigou et l’Ariège préhistorique. Bull. de la Soc. Ariègeoise, avec un portrait.
Rodolphe DE CHAMPREUX D’ALTENBOURG (1839-1913)
Allocution de Jules de Lahondès
Séance du 23 avril 1913
Extrait du Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, 2e série n° 42-43, p. 105-106
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Le marquis RODOLPHE DE CHAMPREUX D’ALTEMBOURG vient de nous être enlevé, le 17 avril, après six mois d’une maladie qui, à travers des alternatives de relèvements et de rechutes, minait peu à peu ses forces. Il était âgé de soixante-douze ans.
C’était un aimable esprit, très cultivé, s’appliquant à connaître et à apprécier les œuvres d’art, surtout celles qui intéressaient sa ville natale. Il les recherchait même au dehors, et la Société archéologique, dans laquelle il était entré, le 5 mai 1896, a bénéficié de plusieurs de ses découvertes, entre autres des portraits de capitouls échappés des registres des Annales qu’il a fait photographier au musée de Troyes et dans la collection de M. de Betzman à Paris.
Il fit aussi photographier pour nos Mémoires la belle miniature du missel d’Alan représentant le martyre de saint Sernin, ainsi que d’autres. Lors de notre installation à l’hôtel d’Assézat, il nous donna une partie importante de notre mobilier.
Il a publié dans notre Bulletin une étude sur la chapelle de la Visitation de Moulins, où repose le duc de Montmorency, avec une photographie du rétable et du tombeau ; puis une note sur le château de Lasserre construit par Bachelier.
Sa conversation, nourrie des souvenirs de nombreux et lointains voyages, était aussi semée de traits piquants. Il avait été attaché à l’ambassade de Florence, où l’avait introduit M. de Malarel, puis à celle de Turin. Son goût s’était formé dans ces contrées et il avait souvent résidé à Rome. Il avait d’ailleurs poussé des excursions jusqu’au cap Nord et jusqu’à Madère.
Dans les derniers temps de sa vie, il habitait Paris pendant plus de la moitié de l’année et il s’y plaisait à suivre le mouvement de l’art contemporain. Il a donné au musée de la Légion d’honneur une collection fort belle de décorations diverses.
Mais pendant ses séjours à Toulouse, il ne manquait jamais une seule de nos séances du mardi et il s’était attaché l’affection de tous les collègues par sa cordialité et sa bonne grâce. Il a pensé encore à nous dans ses dernières volontés et nous a laissé un legs de 5.000 francs.
La famille de Champreux d’Altembourg est originaire du pays de Vaud où est le château de ce dernier nom. Une branche s’établit à la Rivière, dans le Bugey. Claude-Joseph de C. d’A. servit dans les dragons de la Ferronays pendant la guerre de Hanovre. Son fils Jean-Claude fut chef d’état-major du comte de Précy au moment du siège de Lyon par la Convention, passa pour mort et put ainsi s’échapper en Suisse. Il fut nommé plus tard directeur de la Manufacture des Tabacs à Bordeaux puis à Toulouse. Il y maria son fils Léonard-Pierre de C. d’A., avec Mlle de Saint-Félix, et c’est de ce mariage, qui allia les Champreux à plusieurs anciennes familles toulousaines, que naquit notre regretté confrère, le 25 juillet 1839.
Il avait été élu, pendant le second empire, conseiller général de la Haute-Garonne par les électeurs du canton de Nailloux.
Jean COPPOLANI (1918-2009)
Membre de la S.A.M.F., Secrétaire-adjoint, Secrétaire général, Directeur, Directeur honoraire (1950-2009)
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ÉLOGE
prononcé par Michèle Pradalier-Schlumberger lors de la séance publique du 5 avril 2009
Jean Coppolani, âgé de 91ans, était membre de la Société archéologique depuis 1950, membre titulaire en 1951. Notre précédent président, Louis Peyrusse, avait fêté son jubilée, 50 ans dans la Société en 2001, au cours d’une fête très chaleureuse. Il venait encore à nos séances, jusqu’à ce qu’une chute dans son jardin etune fracture l’éloignent définitivement, il y a trois ans.
Jean Coppolani a été une figure majeure de notre Société, il a occupé plusieurs postes au Bureau : secrétaire-adjoint, secrétaire général, directeur (sa grande modestie lui a fait refuser la présidence et demander à être directeur honoraire, quand il a commencé à être moins actif). On retrouve sa petite écriture régulière sur nombre de fiches de notre ancien fichier, et sur nombre de dossiers de nos archives.
Jean Coppolani était le géographe de Toulouse, et selon la formule de Louis Peyrusse dont je reprends les termes « l’exemple parfait du savant à la fois historien et géographe, de ceux qui ne veulent pas séparer l’étude de l’espace et du temps ». Il était élève de Daniel Faucher, et dans sa thèse Toulouse, étude de géographie urbaine, publiée en 1955, s’affirmait d’emblée comme un pionnier en matière de géographie urbaine. C’est cette spécialité qui l’orienta vers le ministère de l’Équipement où il fit carrière, et devint urbaniste en chef de l’État à la Direction régionale de l’Équipement. C’est là qu’il assista aux transformations de la ville pendant les Trente Glorieuses et en fit son miel, dans nombre d’articles parus dans la Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest ou dans les Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France ( des titres comme « L’évolution des paysages urbains de Toulouse depuis 1945 », ou « Les plans d’urbanisme de Toulouse au XXe siècle » témoignent de ses intérêts et sont précieux pour les chercheurs).
Il était aussi historien et historien de l’art, on lui doit de nombreux articles sur « Les clochers toulousains », l’église de Seyssse-Tolosane, « Les clochers-murs du pays toulousain », « Les noms anciens des voies publiques de Toulouse ». Parmi ses ouvrages, je citerai le volume « Églises et chapelles de la Haute-Garonne, le canton de Muret » et le très beau livre sur les « Ponts de Toulouse », publié chez Privat en 1992, qui rappelle le souvenir des ponts disparus, étudie les ponts anciens et les ponts contemporains si souvent reconstruits, comme le pont Saint-Pierre. Jean Coppolani était un infatigable travailleur (le fonds Coppolani de nos archives, avec ses manuscrits et ses fonds de cartes en témoigne), il était un humaniste et un homme de cœur, qui a beaucoup donné de son temps et de sa personne.
La disparition de Jean Coppolani, non seulement creuse un vide affectif parmi nous, mais elle clôtaussi un chapitre de l’histoire de la Société Archéologique du Midi de la France, la période qui fut marquée par la génération de l’après-guerre, ces fortes personnalités que furent Michel Labrousse, Georges Fouet, Gratien Leblanc, ettant d’autres.
Michèle PRADALIER-SCHLUMBERGER
Gustave DE CLAUSADE (1816-1889)
Président de la S.A.M.F. (1880-1889)
NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR M. GUSTAVE DE CLAUSADE DE SAINT-AMARAND par TH. DE SEVIN
Extrait des Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XIV, 1886-1889, p. 317-324.
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MESSIEURS ,
Désigné par vous pour rendre un tribut d’hommage à la mémoire de M. de Clausade, mon insuffisance devait me faire décliner cet honneur, mais il est des charges qui ne se refusent pas, des dettes de reconnaissance que l’on doit acquitter.
Vos regrets et les miens, Messieurs, sont bien vifs de ne plus retrouver au milieu de nous Gustave de Clausade, cet érudit, cet homme de bien. Nous, les derniers venus, nous lui avions voué amitiés et respects.
Je ne vois plus ici aucun de ses premiers collègues, mais un compagnon de ses jeunes ans m’écrivait naguère : « Je lui suis resté attaché par des liens étroits, que l’absence et le temps n’ont pu rompre ; nous nous aimions comme deux frères, et j’ai pu ainsi reconnaître ce qu’il y avait de délicat et de distingué dans sa nature et son caractère. » Ce que je pourrais ajouter ne ferait qu’affaiblir un témoignage d’estime et d’affection aussi vivace après un demi-siècle. Gustave de Clausade, né à Rabastens en août 1816, fil de fortes éludes à Montauban et obtint les diplômes de bachelier ès lettres et de bachelier ès sciences ; il suivit ensuite les cours de la Faculté de droit, mais le Digeste et le Code civil ne le captivaient pas entièrement ; ses goûts le portaient vers la littérature et l’histoire locale. Son grand plaisir était de retrouver de vieux manuscrits, de collectionner de vieilles monnaies, vaste matière à recherches.
Reçu licencié et docteur en droit à Toulouse, il fit son stage d’avocat à Paris. Il se préparait en même temps à entrer à l’école des Chartes, lorsqu’une grave maladie de son père le rappela à Rabastens, où, dès lors, il dut se fixer ; conseiller municipal, il fut nommé maire ; bientôt après élu au conseil général et pendant près de vingt ans secrétaire de celle assemblée, il se montra digne du choix de ses collègues par l’exactitude et l’élégance de ses procès-verbaux.
En 1850, il fut nommé correspondant du Comité historique des arts et des monuments, membre de la société des antiquaires de France, de la société de numismatique et de nombreuses sociétés savantes.
Sa place était marquée à l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres, où il fut reçu en 1853 comme correspondant et en 1859 comme membre résidant.
Entré en 1847 à la Société archéologique du midi de la France, résidant en 1852, il devint directeur, puis président en 1880.
Ses travaux imprimés ne représentent que la très minime partie de toute une vie de travail. A partir de 1851, il fut soutenu pendant ce long labeur par une compagne dévouée Mlle de Fleury. Il avait alors trente-cinq ans, tout lui souriait ; à une haute situation, rehaussée par les dons de l’esprit et du cœur, venait s’ajouter le lustre d’une belle alliance. Mais qui peut se flatter de bonheur en ce monde ; vingt ans se passent, sa fille unique, sa joie, son espérance, lui est ravie. Jamais il n’en parlait ; les grandes douleurs sont muettes, mais ce deuil resté au fond de son cœur a avancé le nôtre. Profond chrétien, sa foi vive put seule lui donner la résignation nécessaire à une vie désormais brisée !… Reportons-nous par la pensée à la jeunesse studieuse el pleine de promesses de Gustave de Clausade. C’était vers 1840, époque de renaissance pour les études historiques ; on se rattachait au passé dans ce qu’il avait produit de grand et d’original ; plus de style imposé, plus de parti pris. Partout des archives à fouiller, des monuments non décrits, des ruines inexplorées, le champ était vaste et riche, la moisson assurée.
Sa première notice, que je n’ai pu retrouver, fut sur le Jacquemart de Lavaur. Il se repentit sans doute que Rabastens n’ait pas eu les prémices de sa plume et, dès 1841, parut dans la Mosaïque du midi un article sur Augé Gaillard, dit le Rodier de Rabastens, poète du seizième siècle.
L’enthousiasme qu’il montre pour une des gloires alors méconnue de l’Albigeois, pour ce dernier héritier des troubadours, s’allie à une saine critique et à des citations heureuses. Il s’attache à faire aimer le poète, non sans blâmer parfois sa licence ; il nous le dépeint calviniste militant, chassé de Rabastens, réduit à la misère et payant avec usure ses nombreux protecteurs en les inscrivant par ses vers au temple de Mémoire. Il nous le représente ami de Salluste du Bartas, tâchant de se former à l’école de Ronsard, tout en répudiant la dureté de ses vers et sa mythologie grecque.
Gustave de Clausade ne croit pas avoir assez fait ; en 1843, il publie les œuvres languedociennes et françaises d’Auger Gaillard avec des observations sur l’orthographe et la prononciation du dialecte albigeois. Le livre commence par un abrégé de la notice parue dans la Mosaïque du midi et se termine par un glossaire. De Clausade a devancé son époque, honneur à lui d’avoir ouvert la voie aux félibres de nos jours.
Avec la jeunesse se forment facilement ces amitiés que la mort seule peut rompre. Nous devons à une de ces liaisons, fortifiées par une conformité de goûts et d’études, un beau livre : Une visite au bon Henri, suivie d’une excursion en Guipuscoa par Bayonne. Texte par G. de Clausade, dessins par E. de Malbos, 1843.
Ces jeunes gens, deux enthousiastes rêvant de la cour si brillante de Gaston Phoebus, de Jeanne d’Albret, d’Henri IV, se lancent dans un voyage d’exploration des pays basques : Lourdes, Pau, Couarraze, Bayonne, Fontarabie et Saint Sébastien sont les principales étapes des touristes.
Le dessinateur et l’archéologue se donnent un mutuel secours : s’entr’aider est loi de nature ; peut seul s’en passer tel d’entre nous qui manie aussi bien la plume que le crayon.
Gustave de Clausade, dans sa modestie, ne veut pas agrandir l’horizon de la science mais seulement marcher le long des sentiers frayés.
Il n’en est pas moins un initiateur aux fortes études archéologiques, donnant le texte à l’appui avec toute la saveur de l’idiome du temps, ne citant que les maîtres. Ses descriptions, courtes et imagées, forment des tableaux aux vives couleurs, sa plume vaut le crayon de son ami.
Augé Gaillard, chassé de Rabastens, s’était retiré à Montauban ; Gustave de Clausade l’y suit, et en recherchant si son poète y a laissé des souvenirs et son tombeau, il se met à écrire les principaux faits de l’histoire de cette ville singulière s’élevant au douzième siècle sur les terres d’une abbaye, soutenant les albigeois, prenant le parti de la Réforme, résistant à Montluc, àTerride, à Louis XIII lui-même, et, malgré une soumission apparente, empêchant l’exercice du culte catholique jusqu’à la répression sanglante de la sédition de 1661.
A Montauban, rapporte G. de Clausade, la huguenoterie se montra rarement disputeuse de mots, elle préféra toujours une bonne arquebuse à une argumentation ; elle brûla sa vieille cathédrale remplacée maintenant par une église massive de la régence où, par un saisissant contraste avec les passions de la vieille cité rebelle, Ingres a déposé son célèbre vœu de Louis XIII.
Ce ne fut pas pour de Clausade un vain titre que celui de correspondant du Comité historique des arts et des monuments ; pénétré de la nécessité de sauver de la destruction ou de l’aliénation le vieux mobilier des églises du Tarn, il s’adresse à Mgr de Jerphanion, le supplie d’envoyer des circulaires à ses prêtres, d’établir dans son grand séminaire une chaire d’archéologie pour que le style des églises du diocèse soit respecté par ceux mêmes qui ont mission de les entretenir ou de les restaurer. Son zèle s’étend à la conservation de tous les monuments anciens ; il demande aux prêtres une statistique générale, une carte archéologique, des études descriptives et propose la création d’un musée diocésain. Il demande aussi le consentement préalable d’une commission ecclésiastique pour un changement quelconque à l’extérieur et à l’intérieur des églises. Même dans notre département doté d’une société archéologique, dont les membres, nos prédécesseurs, se sont toujours distingués par leur savoir et leur zèle, l’inventaire des richesses d’art était encore à faire. Nous avons dû l’année dernière, pour marcher vite et sûrement, demander le précieux patronage de l’autorité ecclésiastique et le concours de MM. les curés. C’est encore du vieux neuf, et si notre président n’avait pas été par la maladie retenu loin de nos séances il aurait pu revendiquer l’honneur de l’invention.
Le retour du jubilé universel de l’année sainte, en 1850, fournit à Gustave de Clausade l’occasion d’une excellente élude sur les jubilés, d’abord centenaires, puis à dates plus rapprochées. Le chrétien lira avec édification, l’archéologue avec intérêt, le résumé, en quelques pages élégamment écrites, de ces grands jubilés qui entraînaient les multitudes vers le tombeau des apôtres et donnèrent, par quelques abus, prétexte à la réforme.
Avant de continuer l’énumération de ses travaux, disons que les quelques monnaies qu’il avait achetées dans sa jeunesse décidèrent de sa vocation ; il fut avant tout collectionneur. Le voile de tristesse qu’il portait toujours sur son visage s’éclaircissait, son œil s’allumait dès qu’il parlait d’une trouvaille, il revenait à vingt ans avec toutes les ardeurs juvéniles. Je n’entreprendrai point de décrire toutes les merveilles qui sont entrées dans son cabinet, porcelaines, faïences, argenterie, tableaux et meubles anciens ; mais tous ses soins se reportaient à compléter et à épurer d’admirables séries de médailles et de monnaies qu’il classait, comparait et étudiait sans cesse ; de nouveaux achats retardaient toujours la confection de son catalogue en le jetant dans des recherches nouvelles.
Passons maintenant au tribut qu’il a payé à l’Académie des sciences par sept communications ou rapports sur des sujets les plus variés.
Tout d’abord sa pensée se porte sur les souvenirs historiques du château de Bruniquel appartenant à l’ancienne famille d’Ouvrier de Villegly, dont sa mère était issue. Là se déroule l’existence si dramatique de Baudoin de Toulouse, chanté par Guillaume de Tudela, ce poète troubadour dont la muse vénale, après la mort de son bienfaiteur, passa du camp des Croisés dans celui de Raymond VI (1).
Puis vient un second travail sur les premiers vicomtes de Bruniquel, cherchant par des alliances à se rendre indépendants de leurs aînés et suzerains les comtes de Toulouse, avec des détails intéressants sur une fausse charte d’Adhémar III.
En 1843 paraît dans les Mémoires : « Instruction primaire dans le département du Tarn , » fruit de ses préoccupations et de ses études comme conseiller général.
En 1867 et 1868, il revient aux recherches historiques par deux rapports sur la vicomté d’Auvillar et sur l’origine de Cordes. Il relaie, dans ce dernier travail, une fausse indication d’une charte donnée successivement par MM. Compayré, Croze et Rossignol ; lui seul avait connaissance du texte et en avait pris copie à la Bibliothèque nationale, il triomphe de ses rivaux avec un malin plaisir ; l’exposition est un peu lente, mais si le dénouement se fait attendre, il pique la curiosité. Ce n’est pas vous, Messieurs, qui blâmerez un peu de mise en scène, il faut faire la part du temps. Edward Barry, notre ancien secrétaire général, était chef d’école et aussi un peu avare de ses découvertes ; il disposait avec art de nombreux préambules et sa précieuse communication n’arrivait souvent qu’à une autre séance et comme deus ex machina, – mais quelles bonnes heures passées à l’écouler, soit à la Société, soit à son cours.
En 1871, de Clausade traite un sujet se rattachant à la direction dès lors constante de ses études et surtout de ses recherches comme collectionneur : « Note sur une monnaie grecque trouvée dans le sol de Toulouse ; » c’est une monnaie de Ptolémée reposant dans une couche profonde au même niveau que les pièces gauloises et celtibériennes, car la numismatique a sa stratification comme la géologie.
En 1872, il dit adieu à ses collègues par un excellent rapport sur le concours de l’année : il avait surtout à apprécier le livre de Charles Barry sur La Baumelle et il ne se montre au-dessous ni de l’œuvre ni de l’homme.
Rattaché de bonne heure à la Société archéologique comme membre correspondant, il ne se presse pas de faire ses preuves, pensant répondre à son heure aux espérances qu’on avait fondées sur lui.
Pour la première fois en 1869, à propos d’un sou d’or de Childebert, il fait un petit traité de l’étal actuel de la numismatique mérovingienne avec les réserves du vrai savant pour l’attribution de la pièce à l’un des trois Childebert, mais en se laissant aller à la douce folie des numismates qui abusent un peu du mot inédit pour un fleuron remplaçant une lettre ou pour un point déplacé.
Après avoir lu la première partie d’un travail sur les monnaies des papes dont malheureusement le Bulletin ne contient qu’une simple indication, il rend compte de l’achat pour la Société de quelques monnaies gauloises du trésor de Béziers et fait une étude critique des travaux de Lelewel, de Chaudruc de Crazannes et du marquis de Lagoy , sur les monnaies des Volkes à l’imitation du type de Rhoda.
A propos du pape Alexandre III vient une savante dissertation sur les bulles de plomb qui authentiquaient les documents officiels de la cour romaine et sur leur difficulté d’attribution quand, séparées de leurs chartes, elles ne portent pas une indication numérale.
Il décrit ensuite des substructions romaines découvertes à une de ses propriétés près de Rabastens ; dans la même séance, passant en Bretagne, il montre à ses collègues une médaille, unique en argent, frappée pour la construction d’un pont à Rennes en 1612, portant au droit les bustes accolés de Louis XIII enfant et de Marie de Médicis, au revers les armes de Rennes.
Traversant Lyon au moment où on retirait de la Saône des plaques de pèlerinage en plomb, il les achète, les décrit, les compare à d’autres plaques similaires et indique que, plus lard, on y joignait de vrais passeports sur parchemin comme celui de 1620 qu’il présente à la Société.
Depuis 1881, sauf une courte notice sur Chalande que lui seul pouvait louer dignement, il ne s’occupe plus que d’encourager et de stimuler nos travaux, de diriger nos discussions avec cette aménité de bon ton et cette exquise politesse dont il ne se départit jamais. C’était le vrai président ; ce titre était, je suis sûr, celui auquel il tenait le plus, pas peut-être toutefois autant que nous à le lui conserver ; aussi, malgré une maladie implacable qui le retenait loin de nos séances, nous n’aurions jamais songé à lui donner un successeur : il m’aurait semblé, pour ma part, faire une mauvaise action. Le titre de président d’honneur, s’il avait été dans nos usages, ne nous eût pas paru suffisant, car il était toujours à la peine, se préoccupant de nos travaux et de nos conditions d’existence un peu précaires ces dernières années.
Il semble qu’il était le palladium de la Société archéologique ; tant qu’il a vécu notre subvention a été respectée.
Qu’il eût été heureux de se retrouver à notre tête dans notre vieux palais municipal, même rajeuni. Quoique archéologue intransigeant, il eût été peut-être, sans s’en douter, plus indulgent pour des ventes imprudentes, des démolitions à jamais regrettables et des reconstructions sans caractère.
Ses dernières communications n’étaient que de courtes notes à l’occasion de dons qu’il faisait à la société d’œuvres d’artistes toulousains ou de monuments de notre histoire locale : d’abord les portraits de Jean-Pierre et d’Antoine Rivais gravés par leur neveu Barthélemy, d’après les tableaux du musée, pièces fort rares ; la pierre tombale des mêmes peintres trouvée à Saint-Cyprien et provenant du cloître de la Daurade ; le plan des promenades projetées à Toulouse, gravé par Baour en 1752, où l’on voit des monuments disparus et des embellissements exécutés seulement de nos jours, et enfin un-dessin d’Antoine Rivals, gravé par Ambroise Crozat, représentant le feu d’artifice tiré sur la Garonne, le 29 septembre 1729, à l’occasion de la naissance du dauphin.
Ces dons n’étaient que le prélude d’une plus grande libéralité que nous devons à des intentions nettement exprimées et pieusement recueillies par Mme et Mlle de Clausade. Nous avions à donner le prix Ourgaud ; nous aurons un prix plus considérable, le prix de Clausade : les érudits seront encore plus portés à nous adresser leurs œuvres et le nom vénéré de notre président reviendra à époques périodiques sur nos lèvres et sur celles de nos futurs collègues, car si les hommes passent les fondations restent.
Si j’ai donné à cet éloge plus de développement que de coutume, c’est qu’honoré de l’affection de notre regretté président il m’a semblé payer une dette sacrée en relisant et en consignant tout ce qu’une main amie a tracé.
(1) La critique moderne n’a plus les mêmes sévérités.
Alexandre DU MÈGE (1780-1862)
Membre fondateur et Secrétaire général de la S.A.M.F. (1831-1862)
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Nous n’avons pas résisté au plaisir de donner cette photographie d’Alexandre Du Mège, à partir de laquelle a été gravé le portrait bien connu.
Le personnage a une telle importance (et les travaux qui lui ont été consacrés sont si nombreux) qu’il faudra attendre un peu avant que sa biographie soit disponible ici.
Bibliographie sommaire des ouvrages et articles consacrés à Alexandre Du Mège
ALDÉGUIER (Auguste d’). Éloge de M. A. Du Mège, fondateur et secrétaire général de la Société archéologique du midi de la France, dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. VIII (1861-1865), p. 255-280.
BUNEL (Louis). Notice sur M. Alexandre Du Mège, dans Alexandre Du Mège, Archéologie pyrénéenne… .- Toulouse : 1858-1863, 3 vol. ; t. III, p. 431-446.
ALDÉGUIER (Auguste d’). Éloge de M. A. Du Mège, dans Recueil de l’Académie des Jeux Floraux, 1864, p. 229-283.
BOUDOIN (Ad.). Notice sur M. Du Mège, dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 6e série, I (1863), p. 264-287.
SOULÉ (Léon). Les hommes illustres de Toulouse : Le chevalier Du Mège de La Haye, dans Bulletin Municipal de la ville de Toulouse, avril 1940, p. 245-278, et juillet 1940, p. 363-426.
PELEGRIN (F.). Alexandre Du Mège et les collections romanes du musée de Toulouse.- Mémoire de maîtrise sous la direction de Marcel Durliat, Toulouse : Université de Toulouse-Le Mirail, 1970.
DURLIAT (Marcel). Alexandre Du Mège, Inspecteur des Antiquités de la Haute-Garonne. 1780-1862.- Toulouse : Archives Départementales de la Haute-Garonne, 1972 [catalogue d’exposition] ; 79 p.
DURLIAT (Marcel). Alexandre Du Mège et les mythes archéologiques à Toulouse dans le premier tiers du XIXe siècle, dans Revue de l’art, n° 23 (1974), p. 30-41.
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HERMET (André). Alexandre du Mège, bibliophile, dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XLIV (1981-1982), p. 87-108.
PEYRUSSE (Louis). Les premières années de la Société Archéologique du Midi de la France et l’art médiéval (1831-1870), dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XLIV (1981-1982), p. 13-40.
FABRE (Georges). Prosper Mérimée et Alexandre du Mège, dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XLV (1983-1984), p. 177-193.
SCELLES (Maurice). À propos de « l’Archaeologie du Département de Tarn-et-Garonne » d’Alexandre Du Mège, dans Bulletin de la Société Archéologique de Tarn-et-Garonne, t. CX (1985) ; p. 129-132.
PERRIS (Stéphanie). Alexandre Du Mège ou l’itinéraire d’un collectionneur (1780-1862).- Monographie de muséologie sous la direction de Chantal Georgel, Paris : École du Louvre, 1996-1997, multigraphié ; 82 + 62 p.
Documents concernant A. Du Mège dans les fonds ariégeois
inventaire par Marc Comelongue, mars 2001
1/ Archives départementales de l’Ariège :
a/ 4T18 :
(correspondance entre le Préfet de l’Ariège et A. Du Mège, à propos de la mission de ce dernier dans les départements du sud-ouest de la France)
– lettre de Du Mège au Préfet, Toulouse, 8 octobre 1849
– minute de lettre du Préfet à Du Mège, Foix, 11 octobre 1849
– lettre de Du Mège au Préfet, Toulouse, 12 octobre 1849
b/ 1N103 :
– lettre d’A. Du Mège au Préfet de l’Ariège, Toulouse, 1er août 1819 (il y demande l’autorisation de prospecter en Ariège en sa qualité d’inspecteur des Antiquités)
2/ Bibliothèque Municipale de Saint-Girons, fonds Duclos :
a/ C174 :
– (n° 7/2) lettre de Du Mège à Rambaud, inspecteur des Antiquités de l’Ariège, datée de Toulouse, 5 mai 1825 (il envoie une copie de l’intervention de Raoul Rochette à la commission des antiquités nationales concernant un rapport de Rambaud envoyé à Paris…)
– (liasse n° 13, 8 pièces) correspondance de Du Mège, essentiellement adressée à Labouisse-Rochefort, avec lettre à Périer, directeur du musée de Nîmes, du 1er octobre 1828, au sujet de Burlats, des fouilles de Martres…
– (liasse n° 14) 5 lettres de Du Mège à Rambaud, datées du 11 novembre 1824, 14 juin 1825, 25 décembre 1826, 22 octobre 1829, 12 mars 1845, et 5 autres non datées (il y est essentiellement question de mobilier ou de monuments ariégeois ; Du Mège y évoque aussi ses propres recherches)
– (n° 31) lettre de Du Mège à Rambaud, Toulouse, 15 septembre 1824 (à propos de mobilier ariégeois)
– (n° 32) lettre de Du Mège à Rambaud, Toulouse, juillet 1825 (à propos de mobilier ariégeois)
b/ C181 :
– (n° 50) lettre de Du Mège à Rambaud, non datée (au sujet d’une notice de Rambaud sur les antiquités de l’Ariège)
c/ C183 (liasse n° 3) :
– (n° 2) lettre de Rambaud à Du Mège, Foix, 4 novembre 1823 (il y est question des activités des deux chercheurs)
– (n° 3) lettre de Rambaud à Du Mège, Foix, 20 mai 1825 (il y est question des activités des deux chercheurs)
– (n° 4) lettre de recommandation de Du Mège pour Rambaud, afin que ce dernier puisse examiner le médaillier de l’académie de Toulouse.
– (n° 5) lettre de recommandation de Du Mège pour Rambaud, afin que ce dernier puisse visiter le musée de Toulouse.
– (n° 6) lettre de Du Mège à …, non datée.
– (n° 9) note de Du Mège à Rambaud, non datée.
Georges FABRE (1911-2002)
Membre de la S.A.M.F. (1946-2002)
Lire la notice
Le 27 septembre 2002, notre confrère Georges Fabre est décédé. Membre de notre Société depuis plusieurs décennies, il en était le vice-doyen en ancienneté. Élu membre correspondant en 1946, il devint membre titulaire en 1951. Il n’était ni archéologue, ni historien de l’art. Son érudition l’avait fait entrer en notre Compagnie à une époque où on aurait eu quelques difficultés à occuper les quarante fauteuils uniquement avec des professionnels de ces disciplines.
Né à Toulouse en 1911, Georges Fabre fut élève au Caousou avant de poursuivre à la faculté de droit des études achevées par un doctorat. Sa vie active, premier clerc dans une importante étude de notariat, ne l’éloigna jamais de Toulouse, cité à laquelle il voua un attachement constant. Issu d’une famille profondément toulousaine – son grand-père fut en 1871 maire de la ville pendant une brève période –, il fut conduit tout naturellement à entrer dès 1958 dans une association œuvrant pour la défense du patrimoine. C’est ainsi qu’il devint archiviste-bibliothécaire des Toulousains de Toulouse, fonction occupée pendant de nombreuses années avant d’accéder à la vice-présidence.
La fréquentation des livres anciens et des vieux papiers ne l’éloignait guère des registres notariaux et c’est à la pratique de ces documents que son comportement se forma peu à peu. Il en devint précis au point d’en être minutieux. Il fut aussi d’une grande discrétion mais cela n’était qu’une façade derrière laquelle se cachait un esprit curieux du passé toulousain. Ses connaissances en histoire locale et en généalogie ne pouvaient que satisfaire ceux qui s’adressaient à lui.
Discret, il l’était sur sa famille. Jamais il ne parla des fonctions de son grand-père, de son frère professeur de médecine, de son oncle professeur de faculté, auteur d’une remarquable encyclopédie sur la photographie.
Son penchant pour les vieux livres et les documents du passé n’était pas celui d’un collectionneur. Il trouvait là matière à réflexions et à interrogations. Cela le conduisit à rédiger quelques articles où se mêlaient thèmes juridiques et littérature.
Ainsi, dans les pages qu’il rédigea sur la décollation du duc de Montmorency à Toulouse en 1632, il essaya, après d’autres, de préciser le mode d’exécution : coutelas, hache, épée, doloire. Il s’appliqua à revoir tout ce qui avait été écrit sur le sujet, depuis les Mémoires de Puysségur jusqu’à l’Histoire du parlement de Dubedat, sans oublier les machines rudimentaires figurant sur des gravures de Georges Penez, d’Henri Aldegrever ou de Lucas Cranach au XVIe siècle, tout en critiquant les invraisemblances de l’image donnée par Thomas Alboui au XIXe siècle. L’étude de Georges Fabre, réfléchie et longuement argumentée, laissera cependant planer un doute sur la réponse à la question posée.
Ce doute, il l’a cultivé également dans l’affaire du suicide de Marc-Antoine Calas, objet d’un court article développant les thèses de plusieurs auteurs partageant des opinions contraires.
Il s’intéressa aussi aux séjours toulousains de la famille de Montijo qui, à Paris, rencontrera Prosper Mérimée, Mérimée qui va tenir une place importante dans une étude traitant des rapports de cet inspecteur général des monuments historiques avec Alexandre Du Mège. Cela commence en 1834 lorsque Mérimée part en voyage dans le Midi, voyage le conduisant à Narbonne, Carcassonne et Toulouse. Dans notre ville, il va rencontrer le marquis de Castellane, Léonce de Lavergne et Alexandre Du Mège. C’est l’époque des discussions sur les bas-reliefs découverts à Nérac. C’est aussi celle de l’affaire Du Mège dans laquelle Mérimée va se trouver engagé et il se prononcera pour l’authenticité des Tétricus. Dans l’histoire de cette mystification, Georges Fabre traite des correspondances échangées entre Mérimée, Du Mège et Ludovic Vitet. Notre confrère retrouvera par ailleurs Mérimée et Du Mège à l’église Saint-Nazaire de Carcassonne où la destination d’une dalle funéraire donna libre cours à l’imagination de l’archéologue toulousain.
Je ne citerai qu’un autre écrit de Georges Fabre, celui traitant des amitiés qui liaient le poète Pierre Paschal à Ronsard, étude qui nous convie à rencontrer d’autres poètes et aussi quelques musiciens dans la cité toulousaine de la Renaissance.
Lorsque l’âge et l’état de sa santé l’éloignèrent des sociétés qui l’avaient accueilli, notre confrère se retira dans un lieu de retraite du quartier de la Dalbade, proche de son ancien domicile. C’est là que cet esprit curieux, vif et quelquefois critique, s’est éteint. Nous garderons de lui le souvenir d’un homme d’une parfaite civilité et d’une grande discrétion, une discrétion qui masquait son savoir.
André HERMET
janvier 2003
Georges FOUET (1922-1993)
Bibliothécaire-archiviste de la S.A.M.F. (1966-1993)
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Éloge prononcé par Henri Pradalier, président de la Société Archéologique du Midi de la France lors de la séance publique du 16 avril 1994 (M.S.A.M.F., t. LIV, p. 177-178) :</p
« Georges Fouet fut une des grandes figures de la Société Archéologique. Il y fut admis dès l’âge de 25 ans en 1947 comme membre correspondant et fut élu membre titulaire en 1956. Dix ans plus tard il devint notre bibliothécaire-archiviste, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort.
Georges Fouet était né en 1922 à Toulouse. Ce fils d’un fonctionnaire des impôts [*] connut le cursus normal de l’école communale de Balma, où habitaient ses parents, jusqu’au Lycée Berthelot où il était toujours parmi les premiers de la classe comme me le confiait récemment un de ses anciens condisciples. Il poursuivit ses études à l’École Normale d’Instituteurs de Toulouse ce qui lui permit d’obtenir un poste d’instituteur qu’il n’occupa qu’après la guerre, ayant dû entre temps faire les Chantiers de Jeunesse et aller en Pologne dans le cadre du S.T.O.
Le hasard, ou le destin, voulut qu’à son retour, il soit nommé à Saint-Plancard en même temps que son épouse, institutrice également. Ce passionné d’antiquités se lança aussitôt dans des fouilles sur le site de la Chapelle Saint-Jean-des-Vignes dans le cimetière de Saint-Plancard. Il y découvrit des marbres gallo-romains mais aussi des fresques médiévales qu’avec l’abbé Laffargue il publia dans la Revue de Comminges en 1945. Découvertes et publications furent couronnées en 1946 par notre Société. Quelques mois plus tard Georges Fouet entrait dans notre compagnie.
Ces brillants résultats le poussèrent à poursuivre dans la voie de l’archéologie. Il mena dès lors des fouilles qui lui permirent de découvrir peintures murales et marbres gallo-romains à Saint-Pé d’Ardet et à Garraux. Ces découvertes ayant attiré l’attention sur lui, c’est tout naturellement qu’en 1954 il fut admis comme attaché de recherches au C.N.R.S. Alors il se consacra exclusivement à sa passion pour les fouilles et c’est le site de la villa gallo-romaine de Montmaurin qui bénéficia de ses recherches, site auquel il consacra, entre la fouille et la publication, 15 ans de sa vie.
La parution de son ouvrage sur Montmaurin assoit dès lors sa réputation et en fait un personnage incontournable dans son Comminges natal. Pour toute découverte on fait appel à lui. C’est ainsi qu’il se consacre au site de la Hillère et aux fouilles puis au musée de la villa gallo-romaine de Valentine, qu’on sollicite son avis sur la nécropole d’Arnesp ou sur les découvertes de Saint-Martory.
Mais déjà cet infatigable chercheur s’intéresse à d’autres aspects de l’antiquité commingeoise et lui, le fouilleur des villas des plaines, se tourne vers l’étude des cultes gallo-romains des sommets dans la montagne commingeoise : Montlas, le Pic du Ger, Montsacon, le Col de la Croix de l’Oraison sont l’objet de ses recherches.
Son activité de chercheur s’étendit tout naturellement à Toulouse et à ses environs. On le vit s’intéresser plus particulièrement au site de Vieille-Toulouse et au gué du Bazacle en compagnie de Georges Savès. Notre Société fut régulièrement informée des progrès de ses découvertes par des communications fréquentes en 1958, 1961, 1963, 1964, 1965, 1970, 1971. Elles furent en partie publiées dans nos Mémoires mais aussi dans d’autres revues comme par exemple Gallia. Citons entre autres les publications dans nos Mémoires sur La villa gallo-romaine de Gelleneuve, commune de Mouchan (Gers), en 1961, sur Un nouveau puits funéraire gaulois, rue Saint-Roch, à Toulouse, en 1964, sur Le plomb à Vieille-Toulouse durant le premier siècle avant notre ère, en 1968, en collaboration avec Georges Savès, enfin sur Les méreaux de la Garonne. Trouvailles archéologiques du gué du Ramier du Bazacle à Toulouse, en 1987, en collaboration avec Georges Savès et Jacques Labrot.
Les travaux de Georges Fouet l’amenèrent tout naturellement à participer aux activités de nombreuses Académies et Sociétés Savantes. C’est ainsi qu’il fut à la fois membre puis président de l’Académie Julien-Sacaze de Luchon, membre du conseil d’administration des Toulousains de Toulouse, et Amis du Vieux Toulouse, de la Société Méridionale de Spéléologie, de l’Académie des Sciences de Toulouse, et, bien sûr de notre Société. Quand il intervenait dans les débats, sa cigarette papier-maïs au coin des lèvres, auréolé d’un nuage de fumée bleuté, ses remarques pouvaient être vigoureuses, passionnées, véhémentes même et nous avons tous ici le souvenir de vives discussions s’éternisant entre antiquisants campés sur leurs positions.
On ne saurait oublier la place tenue par Georges Fouet dans la Société de Comminges, qu’il présida à partir de 1969, et du rôle tout particulier qu’il joua dans le développement de la Revue de Comminges. Je laisse ici pour en parler la parole à notre confrère Louis Anizan de la Société de Comminges : La mise au point de la revue l’absorbe entièrement. Sous sa direction, elle continue de paraître chaque trimestre. Il en améliore la présentation, sollicite des auteurs plus nombreux (près de 60 par an). Elle compte à présent 600 pages alors qu’au début elle n’en avait que 180. Commencée comme une publication régionale, pour un nombre réduit d’amateurs, elle devient un document apprécié des étudiants ou des chercheurs, même étrangers.
En effet c’est bien à Georges Fouet que la Revue de Comminges doit d’être devenue une revue de grande qualité unanimement appréciée. »
*
[*] Le père de Georges Fouet travaillait en fait à la Banque de France (précision due à son petit-fils, 7 décembre 2005).
*
Henri-Paul Eydoux a donné un tableau très vivant des fouilles conduites par Georges Fouet sur le site de la villa romaine d’Arnesp à Valentine, et de la personnalité de l’archéologue (Résurrection de la Gaule. Les grandes fouilles archéologiques, Paris, Plon, 1961, p. 333-360).
Les archives départementales de la Haute-Garonne, où ont été déposés les papiers de Georges Fouet, lui ont consacré une exposition en 1999 (Georges Fouet, archéologue, 1922-1993. Exposition, 26 juin-1er octobre 1999, Conseil général de la Haute-Garonne, Archives départementales, Antenne du Comminges, Toulouse : Imp. Gomés, 1999, 64 p.)
*
BIBLIOGRAPHIE
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Fouet G., « Un terroir de vallée sous-pyrenéen à l’époque romaine », dans Pireneos, n° 33-34 (1954), p. 381-408, p. 3-4.
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Fouet G. et Labrousse Michel, « Trouvailles romaines à Gensac-de-Boulogne », dans Pallas, III (1955).
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Fouet G., « La villa gallo-romaine de Montmaurin (Haute-Garonne) vers le milieu du IVe siècle », dans Revue de Comminges, t. LXXVI (1963), p. 121-133 [réédité dans Revue de Comminges, t. CVIII (1993), p. 315-326].
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Fouet G., « Le grand axe commercial toulousain sous le règne d’Auguste », dans Actes du Colloque de géographie commerciale de la Gaule. Paris 12-13 juin 1976, 1977, p. 468-481.
Fouet G. et Savès Georges, L’or de Tolosa volé à Vieille-Toulouse, Toulouse : Éditions de L’Auta, 1978, 53 p. [publication séparée de l’article paru en 1977].
Fouet G., « La villa gallo-romaine de Valentine (Haute-Garonne), aperçu préliminaire », dans Revue de Comminges, t. XCI (1978), p. 145-157 [réédité dans Revue de Comminges, t. CVIII (1993), p. 327-338].
Fouet G., « Une hache de fer dans un mur à Soueich (Haute-Garonne), chronique régionale », dans Revue de Comminges, t. XCI (1978), p. 562.
Fouet G., « Sauvetage d’une mosaïque dans la villa de Valentine (Haute-Garonne) », dans Revue de Comminges, t. XCII (1979), p. 153-163.
Fouet G., « La porcelaine opaque Ashwin, Valentine : 1864-1878 », dans Revue de Comminges, t. XCII (1979), p. 409-417.
Fouet G. et Castex J., « Un portrait de Jean Laffargue », dans Revue de Comminges, t. XCIII (1980), p. 285-289.
Fouet G., « Une église du IVe siècle à Valentine (Haute-Garonne) », dans Revue de Comminges, t. XCIII (1980), p. 495-508.
Fouet G., « Une église du IVe siècle à Valentine », dans Actes du 35e Congrès de la Fédération des Sociétés académiques et savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne, Saint-Gaudens et sa région, Revue de Comminges, t. XCIII (1980), p. 495-508.
Fouet G. et Bauzil Gérard, « L’utilisation domestique du plomb dans le Lézignanais à l’époque gallo-romaine : premier aperçu », dans Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, t. 41 (1980-1981), p. 5-21.
Fouet G., « Une lettre de Victor Cazes à Alexandre Du Mège », dans Revue de Comminges, t. XCIV (1981), p. 389-407.
Fouet G., « Pic Saillant : nouvel autel votif », dans Revue de Comminges, t. XCV (1982), p. 169.
Fouet G. et de Gorsse Pierre, « Du nouveau sur les campagnes archéologiques d’Alexandre Du Mège en Comminges », dans Revue de Comminges, t. XCV (1982), p. 313-334.
Fouet G., « Découverte à Miramont-de-Comminges, chronique régionale », dans Revue de Comminges, t. XCV (1982), p. 526.
Fouet G., Galinier M.-L. et Savès Georges, « La céramique toulousaine », dans Actes du Congrès des Sociétés académiques et savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne, Albi, 1982, et Toulouse, 1982, 150 p.
Fouet G., « Le sanctuaire gallo-romain de Valentine (Haute-Garonne) », dans Gallia, t. 42 (1984), p. 153-173.
Fouet G., « Georges Savès, nécrologie », dans Revue de Comminges, t. XCVIII (1985), p. 153-155.
Fouet G et Savès Georges, « La richesse archéologique du gué du Ramier du Bazacle à Toulouse ; aperçu des trouvailles de 1970-1972 », dans Revue de Comminges, t. XCVIII (1985), p. 313-321.
FOUET G., « La villa de Montmaurin », dans Musées et collections publiques de France, n° 169 (1985) (repris dans « La maison à l’époque romaine dans le Midi de la France : 69e session de l’École antique de Nîmes », Bulletin de l’École antique de Nîmes, n° 19 (1988), p. 40.
Fouet G. et Omnès Jacques, « Les rouelles de plomb antiques de la collection Frossard », dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. XLVI (1985-1986), p. 5-19.
Fouet G., « Une sépulture wisigothique à Valentine », dans Pallas, hors série 1986, Mélanges offerts à Michel Labrousse, p. 393-411.
Fouet G., « Le sauvetage de l’abbaye de Bonnefont continue », dans Revue de Comminges, t. XCVIIII (1986), p. 3-5.
Fouet G. et Béal J.-C. : « Une broche à tisser (?) dans la villa gallo-romaine de Valentine », dans Revue de Comminges, t. C (1987), p. 309-317.
FOUET G., « Le site archéologique d’Arnesp à Valentine (Haute-Garonne) », dans De l’âge du Fer aux temps barbares. Dix ans de recherches archéologiques en Midi-Pyrénées, Toulouse, Musée Saint-Raymond, 1987, p. 149-153.
Fouet G., Savès Georges (†) et Labrot Jacques, « Les méreaux de la Garonne, trouvailles archéologiques du ramier du gué du Bazacle à Toulouse », dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. XLVII (1987), p. 63-93.
FOUET G., « Valentine (Haute-Garonne) : Église d’Arnesp », dans Le paysage monumental de la France autour de l’an mil (sous la dir. de X. Barral i Altet), Paris, Picard, 1987, p. 535-536.
Fouet G., « Les découvertes archéologiques de la Croix de l’Oraison », dans Actes du Congrès des Sociétés académiques et savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne, Luchon et le Comminges, 1988, publiés par la Revue de Comminges, t. CII (1989), p. 33-46.
Fouet G. , « Robert Gavelle, 1910-1990 », dans Revue de Comminges, t. CIII ( 1990), p. 155-157.
Fouet G., « L’épitaphe de Nymphius à Valentine », dans Revue de Comminges, t. CIII, (1990), p. 305-317.
Fouet G., « Un pyrénéen gallo-romain émigré en Lauragais », dans Revue de Comminges, t. CIII (1990), p. 465-468.
Robert GAVELLE (1910-1990)
Membre de la S.A.M.F., conservateur du Musée de Saint-Bertrand-de-Comminges, (1945-1990)
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Éloge prononcé par Henri Pradalier, président de la Société Archéologique du Midi de la France lors de la séance publique du 9 juin 1990 (M.S.A.M.F., t. L, p. 191-192) :
« La Société Archéologique du Midi de la France a perdu avec Robert Gavelle un de ses membres les plus anciens. C’est en effet dès 1945 qu’il avait été élu membre correspondant de notre Société puis, en 1977, membre titulaire. Les liens établis entre notre Société et Robert Gavelle furent des liens privilégiés et il faut reconnaître que notre Société a une lourde dette envers lui. Dévoué, Robert Gavelle le fut jusqu’au bout. Responsable bénévole du Musée de Saint-Bertrand-de-Comminges dont la Société Archéologique du Midi de la France était propriétaire, c’est lui qui en assura le succès. Et ce sont les entrées du Musée qui, pendant une dizaine d’années, assurèrent la parution des volumes de nos Mémoires.
Pourtant, cet éminent connaisseur du Comminges n’était pas prédestiné, du moins si l’on en juge par son lieu de naissance, à devenir un spécialiste de l’art antique et médiéval de cette région du sud-ouest. En effet, il était né à Lille le 22 février 1910 et ce n’est qu’en 1937 qu’il s’installa définitivement à Labroquère où il vint rejoindre son père, ancien directeur de l’École des Beaux-arts de Lille, lorsque celui-ci se retira dans cette ville.
Cependant, avant cette date, Robert Gavelle avait rédigé une thèse sur la Renaissance en Comminges, thèse qui avait été préparée par une solide formation à l’École du Louvre. Des recherches entreprises à cette occasion, faites à vélo et en campant, il gardait un souvenir joyeux.
Admis comme pensionnaire à la Casa Velázquez, la guerre civile d’Espagne l’empêcha de rejoindre Madrid. C’est alors qu’il fit connaissance de Bertrand Sapène, directeur des fouilles de Saint-Bertrand-de-Comminges et Conservateur du Musée et qu’il devint son adjoint. La collaboration des deux hommes fut des plus fructueuses et s’enrichit des contacts avec Raymond Lizop qui, fréquemment, venait de Tarbes à Labroquère dans la maison des Gavelle.
Attaché, puis chargé de recherches au C.N.R.S. pour les Antiquités Nationales, Robert Gavelle consacra son temps à constituer méticuleusement le fichier des pièces du Musée de Saint-Bertrand-de-Comminges, œuvre de bénédictin qui, après cinquante ans de travail, nous laisse plus de douze mille fiches, véritable mine pour les recherches à venir.
Mais Robert Gavelle ne fut pas qu’un consciencieux conservateur de Musée. Il publia aussi et s’intéressa à d’autres périodes. Rappelons ses publications sur les peintures murales d’Ourde ou de Benqué-Dessus et sa passion pour la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges dont il était le meilleur connaisseur et sur laquelle il avait accumulé un grand nombre d’observations inédites.
Ses études que l’on retrouve dans Ogam, Gallia, les Congrès des Sociétés Savantes, la Revue de l’Art, les Monuments Historiques de la France mais surtout dans la Revue de Comminges fourmillent de renseignements de tous ordres. Au moment où la mort le surprit, il travaillait à deux grandes études : l’urbanisme antique de Lugdunum Convenarum et la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges. Souhaitons qu’un jour elles soient portées à la connaissance du monde savant.
Représentant de notre Société à Saint-Bertrand-de-Comminges, Robert Gavelle était de surcroît membre associé de l’Académie des Arts de Toulouse, membre titulaire de l’Académie Julien Sacaze, membre du Conseil d’Administration de la Société des Études du Comminges et Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres. D’un cœur généreux et très ouvert, d’une grande facilité de parole, souvent facétieux, il restera pour ceux qui le connaissaient comme un ami sincère et dévoué, mais aussi comme un grand humaniste et un savant. »
Robert GILLIS (1920-2004)
Membre de la S.A.M.F. (1990-2004) (1958-1988)
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En 1990, Robert Gillis fut élu membre correspondant de la Société Archéologique du Midi de la France. Ce choix n’était pas dû à ses compétences en les vestiges matériels des civilisations anciennes. En lui accordant cet honneur, la Société Archéologique reconnaissait ses mérites dans les domaines de la culture et de la vie sociale.
Né le 29 octobre 1920 à Toulouse, Robert Gillis ne quitta jamais notre cité, poursuivant ses études du lycée de la rue Gambetta à la Faculté de Droit. Tout naturellement, il s’orienta vers des fonctions administratives, faisant carrière à la préfecture de la Haute-Garonne. Reçu au concours de rédacteur, Robert Gillis occupa successivement les fonctions de chef de bureau, chef de division et enfin directeur des services financiers du département avant de diriger les services de la mission régionale Midi-Pyrénées.
Dans ses différentes fonctions, les qualités rédactionnelles de ce fonctionnaire furent distinguées et nombre d’allocutions prononcées par des personnalités administratives locales furent issues de sa plume. Car c’était un excellent rédacteur, maniant le français avec élégance et de surcroît un conférencier aux accents énergiques, toujours attentif à être compris.
Pendant sa vie professionnelle, il traita forcément de questions administratives et assez souvent de questions économiques, comme ce fut le cas lors de missions en Allemagne et en Autriche. De ses nombreuses conférences outre-Rhin, dans la langue du pays, nous retiendrons le discours qu’il prononça à Ratisbonne en 1963 pour célébrer l’anniversaire du traité franco-allemand et plus tard celui confrontant les économies de la Région Midi-Pyrénées à celles de la Bavière centrale.
Robert Gillis possédait l’esprit associatif. Pendant plusieurs décennies, il occupa les fonctions de secrétaire général de la Mutuelle des personnels des préfectures et des administrations territoriales. Lorsqu’il prit la retraite en 1982, il s’honorait d’être depuis 1964 membre de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Cette compagnie lui confia pendant vingt ans le poste de secrétaire perpétuel. Il en devint ensuit le président pendant deux ans.
Toulousain de naissance, il se devait d’être admis à l’association des Toulousains de Toulouse. Il en assuma la présidence pendant dix ans, se fixant comme objectif la progression du nombre des adhérents.
Depuis quelques années, son état de santé l’avait éloigné de ses diverses fonctions associatives. Il s’est éteint, âgé de 84 ans, au début du mois d’août. Il reste ses écrits. Ils sont nombreux et divers. En voici quelques sujets : La protection sociale avant la Sécurité sociale, Naissance des liaisons interurbaines à Toulouse, Heurs et malheurs de l’industrie toulousaine au XIXe siècle, Histoire des Amidonniers… Ses textes parurent dans les Mémoires de l’Académie des Sciences de Toulouse, dans les Actes des congrès des sociétés savantes, dans la Revue d’Histoire des communications, dans la Revue de Comminges, et bien sûr dans L’Auta.
Robert Gillis était commandeur des palmes académiques. L’Allemagne et l’Espagne l’avaient honoré de la croix du Mérite.
Au cours de sa vie liée aux fonctions administratives et aux associations sociales et culturelles, Robert Gillis sut, avec simplicité, être l’ami de beaucoup d’entre nous.
André HERMET
novembre 2004
Michel LABROUSSE (1912-1988)
Président de la Société Archéologique du Midi de la France (1958-1988)
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Michel LABROUSSE
Né à Brive (Corrèze) le 25 décembre 1912
Élève du collège Cabanis à Brive (1917-1924), du lycée Henri IV à Paris (1924-1931)
Élève de l’École Normale Supérieure (1931-1935)
Agrégé d’histoire et de géographie (1935)
Service Militaire (1935-1936)
Membre de l’École française de Rome (1936-1938)
Professeur d’histoire et de géographie au lycée de Bordeaux (1938-1939)
Mobilisé le 3 septembre 1939 : sert au 250e R.I. comme officier de renseignement, puis à l’E.M. de la 62e D.I.,
Fait prisonnier dans les Vosges le 22 juin 1940,
Prisonnier de 1940 à 1945 dans les OFLAG III B (Lübben), IV C (Colditz), IV D (Hoyerswerda), X C (Lübeck) ; a été professeur à l’Université de captivité de l’OFLAG IV D.
Délivré à Lübeck par les troupes anglaises le 2 mai 1945.
Participe à la » récupération » des Alsaciens-Lorrains incorporés dans l’armée allemande.
Rentré en France le 24 mai 1945.
Nommé chargé d’enseignement à la Faculté des Lettres de Toulouse en octobre 1945 ; dans cette faculté qui deviendra, en 1969, l’Université de Toulouse-Le Mirail, occupe comme chargé d’enseignement, puis comme professeur, la chaire d’histoire antique, puis d’histoire romaine.
Docteur-ès-lettres en 1969 (thèses soutenues à la Sorbonne)
Directeur de la Circonscription des Antiquités Historiques de Toulouse, puis de la région Midi-Pyrénées de 1946 à 1981.
Fouilles à Gergovie, Brive, Eauze, Montans, La Graufesenque, Toulouse et Vieille-Toulouse.
Membre pendant deux » législatures » du Comité National du C.N.R.S.
Membre du Conseil Supérieur de la Recherche Archéologique.
Président de la Société archéologique du Midi de la France (1959-1988)
Professeur émérite à l’Université de Toulouse-Le Mirail (1981-1988).
Décorations : Officier de la légion d’Honneur, Commandeur des Palmes, Chevalier des Arts et Lettres.
BIBLIOGRAPHIE
THESES
Toulouse antique des origines à l’établissement des Wisigoths, 1 vol., 644 p., 54 fig., 9 pl., Paris, De Boccard, 1968 (thèse principale pour le Doctorat d’État, soutenue à la Sorbonne en 1969 couronnée par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres).
Inventaire archéologique du département du Lot pour la période gallo-romaine, 589 p. dactylographiées, 1 vol. de cartes, planches et dessins (thèse complémentaire pour le doctorat d’État, soutenue à la Sorbonne en 1969).
CHRONIQUES
Chroniques de la Circonscription des Antiquités historiques de Toulouse, puis de Midi-Pyrénées, publiées dans Gallia :
| V, 1947, p. 469-477, VII, 1949, p. 132-140, IX, 1951, p. 126-140, XII, 1954, p. 211-231, XIII, 1955, p. 202-223, XV, 1957, p. 256-278, XVII, 1959, p. 409-449, XX, 1962, p. 547-609, XXII, 1964, p. 427-472, | XXIV, 1966, p. 411-448, XXVI, 1968, p. 515-557, XXVIII, 1970, p. 397-437, 30, 1972, p. 469-510, 32, 1974, p. 453-500, 34, 1976, p. 463-502, 36, 1978, p. 391-430, 38, 1980, p. 463-505 |
ARTICLES ET OUVRAGES
1. Le Pomerium de la Rome impériale : notes de topographie romaine, dans Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, LIV, 1937, p. 165-199.
2. Le tombeau de Grégoire XI à Sainte-Marie-Nouvelle de Rome, dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, LIX, 1937, p. 164-183.
3. Une mosaïque inédite du Musée de Brive (Corrèze), dans Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, LV, 1938, p. 78-95.
4. Sépulture gallo-romaine trouvée aux environs d’Ayen (Corrèze), dans Bulletin de la société (…) archéologique de la Corrèze, LX, 1938, p. 41-49.
5. Basilique et reliquaire d’Henchir-Tarlist (Algérie), dans Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, LV, 1938, p. 224-258.
6. Inscriptions de la région de Zraia et de Tarlist (Constantine), dans Revue africaine, fasc. 376-377, 1938, p. 354-359.
7. Les » burgarii » et le » cursus publicus « , dans Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome, LVI, 1939, p. 151-167.
8. Les sépultures gallo-romaines du Musée Ernest-Rupin à Brive, dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, LXII, 1940, p. 12-40.
9. Dernières recherches autour de Gergovie, dans Bulletin de la Société toulousaine d’études classiques, n° 68, janvier 1947, p. 7-10.
10. Herculanum, dans L’information historique, 10e année, n° 3, mai-juin 1948, p. 85-93.
11. Note sur la chronologie du premier voyage d’Hadrien, dans Mélanges de la Société toulousaine d’études classiques, t. II, 1948, p. 125-147.
12. Un cimetière gallo-romain du IIIe siècle près de Brive (Corrèze), dans Gallia, VI, 2, 1948 (1951), p. 349-364.
13. Trouvaille d’une monnaie d’or romaine dans la commune de Saint-Bonnet l’Enfantier (Corrèze), dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, LXX, 1948, p. 36-43.
14. Les fouilles de Gergovie : campagnes de 1945 et 1946, dans Gallia, VI, 1, p. 31-95.
15. Sur une statuette de Vénus d’inspiration classique trouvée à Montmaurin (Haute-Garonne), dans Mélanges offerts à M. le Professeur Magnien, Toulouse, 1949, p. 39-46.
16. Un sanctuaire rupestre gallo-romain dans les Pyrénées, dans Mélanges d’archéologie et d’histoire Charles Picard, Paris, P.U.F., 1949, t. II, p. 481-521.
17. (en collaboration avec Georges Fouet), Ivoires romains trouvés à Saint-Loup-de-Comminges (Haute-Garonne), dans Comptes rendus de l’académie des Inscriptions-et-Belles-Lettres, 1950, p. 147-153.
18. (en collaboration avec Georges Fouet), Découvertes archéologiques en Nébouzan de 1945 à 1948, dans Gallia, VII, 1, 1949 (1951), p. 23-54.
19. Les fouilles de Gergovie : campagnes de 1947 et 1949, dans Gallia, VI, 1950 (1952), p. 14-53.
20. Nouveaux autels votifs de Saint-Béat, dans Revue de Comminges, LXIV, 1951, p. 75-82.
21. Rappel d’un passé lointain : les temps celtiques et gallo-romains (dans le département de la Corrèze), dans l’œuvre collective La Corrèze, Brive, 1951, p. 31-38.
22. Recherches archéologiques à Eauze 1948-1949, dans Bulletin de la Société archéologique du Gers, LII, 1951, p. 201-213.
23. L’église abbatiale de Sainte-Marie de Souillac (Lot), dans Bulletin Monumental, CIX, 1951, p. 397-403.
24. Bague à l’effigie de Sérapis-Ammon trouvée près de Royan (Charente-Maritime), dans Revue archéologique, 1952, II, p. 91-93.
25. (en collaboration avec Georges Fouet), Ivoires romains trouvés à Saint-Loup-de-Comminges (Haute-Garonne), dans Monuments Piot, XLVI, 1952, p. 117-129.
26. (en collaboration avec Georges Fouet), Un nouveau dieu celtique en Aquitaine, dans Annales de la Faculté des Lettres de Toulouse (Antiquité-Linguistique-Préhistoire), 1952, p. 52-56.
27. Trouvaille gallo-romaine à Champagnac-la-Noaille (Corrèze), dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, LXXIV, 1952, p. 57-68.
28. Hitler et l’histoire romaine, dans Le Rotarien français, n° 9, mars 1953, p. 26.
29. Amiantus, briquetier de Cahors, dans Bulletin de la Société des Études du Lot, LXXIV, 1953, p. 117-119.
30. Un chapiteau mérovingien de Saint-Martin de Brive, dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, LXXV, 1953, p. 71-88.
31. Monnaie gauloise » à la roue » trouvée près de Labruguière (Tarn), dans Annales du Midi, LXV, 1953, p. 283-286.
32. (en collaboration avec Mary Larrieu et Yves Le Moal), La villa gallo-romaine de La Tasque, à Cadeilhan-Saint-Clar (Gers), dans Gallia, XI, 1, 1953 (1954), p. 41-67.
33. Inscriptions romaines de Saint-Pé-d’Ardet (Haute-Garonne), dans Actes du deuxième congrès international d’études pyrénéennes (Luchon-Pau, 21-25 septembre 1954), t. 6, section V (Archéologie, art, histoire, droit), p. 5-19.
34. Sous les pavés toulousains, dans Annales de la Faculté des Lettres de Toulouse, III, 3 (= Pallas, II), 1954, p. 128-153.
35. A Cahors et en Quercy au temps des Romains, dans Bulletin de la Société des Études du Lot, LXXV, 1954, p. 81-93.
36. Inscription romaine découverte à l’hôpital d’Auch, dans Bulletin de la Société archéologique du Gers, LV, 1954, p. 347-365.
37. Quelques lampes romaines du Musée de Brive, dans Bulletin de la Société archéologique de la Corrèze, LXXVI, 1954, p. 87-92.
38. Céramiques ornées d’Arezzo trouvées à Saint-Bertrand-de-Comminges, dans Gallia, XII, 2, 1954, p. 301-321.
39. Fouilles à Saint-Pierre-de-Brive, dans Bulletin de la Société archéologique de la Corrèze, LXXVII, 1955, p. 83-112.
40. (en collaboration avec G. Fouet et M. Moulis), Trouvailles romaines à Gensac-de-Boulogne (Haute-Garonne), dans Pallas (Annales de la Faculté des Lettres de Toulouse), III, 1955, p. 61-72.
41. Une statue du Cadurque M. Lucterius Leo au sanctuaire fédéral des Gaules, dans Bulletin de la Société des Études du Lot, LXXVI, 1955, p. 114-118.
42. L’archéologie gallo-romaine (dans le Comminges et les Quatre-Vallées) dans l’œuvre collective Le Comminges et les Quatre- Vallées, guide touristique et culturel, par Raymond Cahisa et Henri Seille, Toulouse, Imprimerie Cléder, 1955, p. 93-103.
43. Statuette funéraire égyptienne trouvée à Rabastens (Tarn), dans L’Écho de Rabastens, n° 30, octobre 1955, p. 1-5.
44. Préface du catalogue de l’exposition » De l’art des Gaules à l’art français « , Toulouse, Musée des Augustins, 1956, p. V-XII.
45. Trouvaille romaine à Sainte-Rafine, commune d’Albias (Tarn-et-Garonne) dans Actes du dixième Congrès de la Fédération des Sociétés Académiques et Savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne (Montauban, 29-31 mai 1954), Montauban, 1956, p. 77-91.
46. Un milliaire inédit de Constantin à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées) dans Pallas (Annales de la Faculté des Lettres de Toulouse), IV, 1956, p. 67-86.
47. Une image d’Hélios-Sérapis, dans Bulletin du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, année 1953, Paris, 1956, p. 257-267 et pl. XI.
48. Inscriptions religieuses inédites de Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges), dans Annales du Midi, LXVIII, 1956, p. 133-151.
49. Statuette funéraire égyptienne trouvée à Rabastens (Tarn), dans Actes du onzième Congrès de la Fédération des Sociétés Académiques et savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne (Albi, 11-13 juin 1955), Albi, 1956, p. 154-161.
50. Article « Lexis », dans Dizionario di antichita romane, vol. IV, fasc. Rome, 1957, p. 793.
51. Note complémentaire sur les monnaies et les marques de potiers trouvées à Galane (Gers), dans Gallia, XV, 1, 1957, p. 62-71 (en appendice à un article de Paul Mesplé, L’atelier de potier gallo-romain de Galane, dans Gallia, XV, 1, 1957, p. 41-71).
52. Mosaïque polychrome gallo-romaine découverte à Labastide-du-Temple (Tarn-et-Garonne), dans Pallas, V, 1957, p. 71-82.
53. Antéfixes en terre cuite du Quercy, dans Hommages à Waldemar Deonna Latomus, XXVIII, 1957, p. 300-308 et pl. XLIII.
54. Intaille romaine trouvée à La Palausié, commune du Ségur (Tarn), dans Revue du Tarn, 3e série, n° 9, 15 mars 1958, p. 1-7.
55. État-civil d’un autel votif gallo-romain de la Barousse, dans Revue de Comminges, LXXI, 1958, p. 1-7.
56. Deux milliaires de la route romaine de Toulouse à Narbonne, dans Pallas, VI, 1958, p. 55-78.
57. Recherches sur l’alimentation des populations gallo-romaines : escargots, huîtres et fruits de mer à Montmaurin, dans Pallas, VIII, 1959, p. 57-84.
58. Aux origines de Cauterets, dans Bigorre et France méridionale, Actes du XIIIe Congrès de la Fédération des Sociétés Académiques et Savantes Languedoc-Pyrénées-Cascogne (Tarbes, 15-17 juin 1957), Albi, 1959, p. 72-78.
59. Les découvertes de Cosa, dans Bulletin de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, 1959, p. 31-73.
60. Monnaies d’argent Gauloises trouvées près de Montredon-Labessonié (Tarn), dans Revue du Tarn, 3e série, n° 15, septembre 1959, p. 207-220.
61. Les lampes romaines du Musée de Lectoure, dans Bulletin de la Société archéologique du Gers, LX, 1959, p. 43-67.
62. Lampe de bronze romaine trouvée à Saint-Bertrand-de-Comminges, dans Revue de Comminges, LXXIII, 1960, p. 1-6.
63. Exploitations d’or et d’argent dans le Rouergue et l’Albigeois à époque romaine, dans Actes du Congrès tenu à Rodez en juin 1958 par la Fédération des Sociétés Savantes du Languedoc méditerranéen et la Fédération des Sociétés Académiques et Savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne, Rodez, 1960, p. 91-106.
64. Inscription municipale de la » cité » des Lémoviques trouvée à Limoges dans l’ancien couvent de la Visitation, dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, LXXXVII, 3, 1960, p. 275-280.
65. Station antique des » Allées « , près de la Fage, commune de Noailles (Corrèze), dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, LXXXII, 1960, p. 55-85.
66. Marbre funéraire gallo-romain de Bordères-Louron (Hautes-Pyrénées), dans Revue de Comminges, LXXIII, 1960, p. 113-122.
67. L’épitaphe chrétienne de Tour-de-Faure (Lot), dans Bulletin de la Société des Études du Lot, LXXXI, 1960, p. 153-165.
68. Dans la vallée de la Garonne aux temps gallo-romains, dans Bulletin de la Société de géographie de Toulouse, LXXX, 1960-1961, p. 330-333.
69. Monnaies gauloises de la collection Azéma au Musée du Vieux-Toulouse, dans Pallas, IX, 1960, p. 177-217.
70. (en collaboration avec J. Yvon et G. Savès), Trouvaille à Moissac de monnaies du XIVe siècle, dans Annales du Midi, LXXIII, 1961, p. 311-314.
71. Introduction à l’inventaire des monnaies antiques du Musée de Foix trouvées dans le département de l’Ariège, dans Pays de l’Ariège, Actes du XVIe Congrès de la Fédération des Sociétés Académiques et Savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne (Foix, 28-30 mai 1960), Auch, 1961, p. 55-64.
72. Monnaies grecques, numides, puniques et ibériques de la collection Azéma au Musée du Vieux-Toulouse, dans Pallas, X, 1961, p. 69-90.
73. Lampes romaines de Montans aux musées de Toulouse et d’Albi, dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, XXVIII, 1962, p. 9-39 et pl. I-III.
74. Imitation gauloise de la drachme ampuritaine, trouvée dans l’Aveyron sur le site de Cosa (Tarn-et-Garonne), dans Ogam, XIV, 1962, p. 185-193 et pl. 43.
75. Les thermes romains de la Roche, commune de Saint-Cernin-de-L’Arche (Corrèze), dans Revue archéologique du Centre, I, 1962, p. 31-48.
76. Recherches et hypothèses sur l’enceinte romaine de Toulouse, dans Hommages à Albert Grenier, Bruxelles, 1962, t. II, p. 900-927.
77. Notes d’épigraphie toulousaine, dans Pallas, XI, 1962, p. 189-203.
78. Découverte d’une station néolithique et gallo-romaine près de Bordes, commune de Vigeois (Corrèze), dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, LXXXV, 1963, p. 111-118.
79. Monnaies gauloises du Languedoc et des régions voisines, dans Monnaies du Haut-Languedoc, de l’Antiquité à nos jours, Toulouse, Exposition du Musée Paul-Dupuy, 1963, p. 17-65.
80. Les thermes romains de Cahors, dans Gallia, XXI, 1963, p. 191-225.
81. Nouvelle inscription romaine de Saint-Pé-d’Ardet, dans Revue de Comminges, LXXVII, 1964, p. 49-57.
82. Nouveaux fragments de lampes romaines de Lectoure, dans Bulletin de la Société archéologique du Gers, LXV, 1964, p. 25-30.
83. Marques de potiers gallo-romains trouvées à Saint-Genès, commune de Castelferrus (Tarn-et-Garonne), dans Moissac et sa région, Actes du XIe Congrès d’études régionales de la Fédération des Sociétés Académiques et Savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne (Moissac,1963), Albi, 1964, p. 11-24.
84. Céramique sigillée gallo-romaine trouvée à Auch en 1963, dans Bulletin de la Société archéologique du Gers, LXV, 1964, p. 289-299.
85. Toponymes gallo-romains de la commune de Donzenac (Corrèze), dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, LXXXVII, 1965, p. 69-70.
86. Toulouse (Musée Saint-Raymond) : monnaies gauloises, dans Centenaire de la Société française de numismatique 1865-1965, Paris, 1965, p. 263-277.
87. Au dossier d’Uxellodunum, dans Mélanges d’archéologie, d’épigraphie et d’histoire offerts à Jérôme Carcopino, Paris, 1966, p. 563-586.
88. Céramiques ornées d’Arezzo trouvées dans la région de Toulouse, dans Mélanges d’archéologie et d’histoire offerts à André Piganiol, Paris, 1966, t. I, p. 529-547.
89. Epitaphe gallo-romaine retrouvée à Rieux (Haute-Garonne), dans Pallas, XIII, 1966, p. 167-174.
90. Notes complémentaires sur les monnaies et les marques de potiers trouvées à Galane (Gers), dans Gallia, XXIV, 1966, p. 179-187.
91. Céramiques gallo-romaines trouvées à Brive, près du chevet de Saint-Martin, dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, XCI, 1969, p. 71-85.
92. II. La venue de Rome, III. La paix romaine, IV. Du Bas-Empire à la conquête franque, dans Documents de l’Histoire du Languedoc, sous la direction de Philippe Wolff, Toulouse : Privat, 1969, p. 31-45, 47-63, 65-80.
93. Mosaïque gallo-romaine trouvée à Cahors, rue Joachim Murat, dans Bulletin de la Société des Études du Lot, XCI, 1970, p. 41-55.
94. A propos d’une tête gallo-romaine de La Chapelle-aux-Saints (Corrèze), archéologie et toponymie antiques aux confins du Limousin et du Quercy dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, XCII, 1970, p. 61-82.
95. Un soldat de Châlus à l’époque du Consulat : le sous-lieutenant André Gourinchas, mort à Saint-Domingue en 1802, dans Bulletin de la Société d’ethnographie du Limousin, VIII, nos 38-39, juillet-décembre 1970, p. 52-62.
96. Amphores rhodiennes trouvées à Toulouse et Vieille-Toulouse, dans Revue archéologique de Narbonnaise, IV, 1971, p. 35-46.
97. Aspects sociaux et économiques du Quercy gallo-romain, dans Bulletin de la Société des Études du Lot, XCII, 1971, p. 51-63.
98. Un potier de Montans jusqu’ici inconnu, L. Asinius, dans Rei Cretariae Romanae Fautorum Acta, XIII, 1971, p. 47-55.
99. (en collaboration avec Michel Vidal et André Muller) Le puits funéraire XVI de Vieille-Toulouse, dans Actes du 96e Congrès National des Sociétés Savantes, Toulouse, 1971 (1976), Archéologie, t. I, p. 63-95.
100. Epitaphe romaine trouvée à la ferme de Saint-Martial, commune d’Auriac-sur-Vandinelle (Haute-Garonne), dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, XXXVI, 1971, p. 9-14.
101. Nouvelles marques de potiers gallo-romains trouvées par M. Besse sur le site de Saint-Genès, commune de Castelferrus (Tarn-et-Garonne), dans Montauban et le Bas-Quercy, Actes du XXVIIIe Congrès d’études de la Fédération des Sociétés Académiques et Savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne (Montauban, 9-11 juin 1972), Albi, 1974, p. 103-120.
102. Inventaire des monnaies gauloises du Musée de Brive, dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, XCIV, 1972, p. 47-60.
103. Deux statères d’or des Pictons trouvés à Vieille-Toulouse, dans Pallas, XIX, 1972, p. 119-124.
104. Boucle d’oreille romaine en or trouvée à Lectoure (Gers), dans Pallas, XIX, 1972, p. 125-130.
105. Épitaphe romaine du Ier siècle trouvée à Saint-Cizy, commune de Cazères (Haute-Garonne), dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, XXXVII, 1972, p. 55-61.
106. Épitaphe paléochrétienne de Saint-Pé-d’Ornézan, retrouvée à Seissan (Gers), dans Bulletin de la Société archéologique du Gers, LXXIII, 1972, p. 244-252.
107. Marques de potiers sur céramique sigillée trouvées à Auch au quartier de Matalin, dans Bulletin de la Société archéologique du Gers, LXXIII, 1972, p. 341-384.
108. Nouvelle station gallo-romaine découverte par M. Darasse à l’auberge Capucin, près de Saint-Antonin, dans Bulletin de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, XCVII, 1972, p. 21-38.
109. Monnaies des Neroncen trouvées à Vieille-Toulouse, dans Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon : Narbonne, archéologie et histoire, t. I : Montlaurès et les origines de Narbonne, Montpellier, 1973, p. 151-161.
110. Monnaies » à la croix » trouvées à Vieille-Toulouse au cours des fouilles de 1969, 1970 et 1971, dans Pallas, XX, 1973, p. 75-104.
111. A propos d’un bronze de Trajan à légendes grecques trouvé à Saint-Bertrand-de-Comminges, dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, XXXVIII, 1973, p. 87-92.
112. Itinéraires antiques à travers le Causse de Martel, dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, XCV, 1973, p. 83-98.
113. (en collaboration avec Alain Vernhet) Dans un aven du Larzac, dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, XXXVIII, 1973, p. 69-86.
114. Une porte de l’enceinte gallo-romaine de Toulouse, dans Mélanges d’histoire ancienne offerts à William Seston, Paris, 1974, p. 249-266.
115. (en collaboration avec Michel Vidal) Tour et courtine de l’enceinte gallo-romaine de Toulouse, dégagés place Saint-Jacques, dans Pallas, XXI, 1974, p. 99-109.
116. Les fouilles de la place du Capitole à Toulouse (1971), dans Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France, 4e série, IV, 1969-1974, p. 189-199.
117. Trouvaille d’un bronze ibérique des Barscunes au Mas-d’Agenais (Lot-et-Garonne), dans Bulletin de la Société française de numismatique, 29e année, n° 1, janvier 1974, p. 507-509.
118. Inventaire des monnaies romaines trouvées à Tintignac au XIXe siècle, dans Mélanges Marius Vazeilles, publiés par la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze, Tulle, 1974, p. 91-100.
119. A propos des bronzes rutènes de Tatinos, dans Études sur le Rouergue (Actes du XLVIIe Congrès d’études de la Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon et du XXIXe Congrès d’études de la Fédération des Sociétés académiques et Savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne, tenus à Rodez les 7-9 juin 1974), Rodez, 1974, p. 301-310.
120. Notes critiques sur l’inscription gallo-romaine de Brive, dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, XCVI, 1974, p. 49-63.
121. Toulouse antique, dans Histoire de Toulouse, publiée sous la direction de Philippe Wolff, lère édition, Toulouse, Privat, 1974, p. 7-42.
122. Monnaie gauloise du chef arverne Epasnactos trouvée à Rodez, dans Procès-verbaux des séances de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, XXXXII, 1, 1975, p. 94-95.
123. Marques de potiers sur céramique sigillée trouvées à Toulouse de 1966 à 1973, rue des Têtus, place du Capitole et rue Saint-Jérôme, dans Revue archéologique de Narbonnaise, VIII, 1975, p. 199-256.
124. Céramiques et potiers de Montans, dans Archéologia : les dossiers de l’archéologie, n° 9, 1975, p. 59-70.
125. Monnaie et histoire, dans Le Midi numismatique, n° 1, avril-juin 1976, p. 18-23.
126. Trente ans d’archéologie gallo-romaine dans le Lot (1945-1975), dans Quercy-Recherche, n° 11, avril-mai 1976, p. 8-13.
127. La Gascogne avant la Gascogne, dans Histoire de la Gascogne des origines à nos jours publiée sous la direction de Maurice Bordes, éditions Horvath, Roanne, 1977, p. 11-54.
128. Monnaie inédite d’Ampurias à légendes latines trouvées sur le site de l’agglomération gallo-romaine de Cosa, commune d’Albias (Tarn-et-Garonne), dans Gaceta numismatica, n° 46, Barcelone, septembre 1977, p. 10-11.
129. Nouvelles marques de potiers italiques trouvées de 1969 à 1975 à Vieille-Toulouse, dans Revue archéologique de Narbonnaise, X, 1977, p. 119-151.
130. Marques d’amphores à huile espagnoles trouvées à Toulouse, Cahors et Rodez, dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, XLI, 1977, p. 7-38.
131. Monnaies des Longostalètes à Vieille-Toulouse et à Toulouse, dans Acta numismatica, VII, 1977, p. 57-70.
132. Sur le très ancien passé de Colomiers, dans Revue d’histoire locale de Colomiers, n° 1, avril 1977, p. 2-5.
133. As de Claude surfrappé sur un as de Tibère, trouvé sur le site de Cosa (Tarn-et-Garonne), dans Bulletin de la Société française de numismatique, 32e année, n° 3, mars 1977, p. 173 et 176-177.
134. Une ville et un fleuve : Toulouse et la Garonne, dans Thèmes de recherches sur les villes antiques d’Occident. Colloque international du C.N.R.S. tenu à Strasbourg du 1er au 4 octobre 1971, Paris, C.N.R.S, 1977, p. 325-328.
135. L’activité archéologique en Aveyron, dans Vivre en Rouergue, panorama culturel de l’Aveyron, n° spécial, 1978, p. 25-26.
136. Monnaies gauloises d’Attalus, dans Pallas, XXV, 1978, p. 97-105.
137. Le réseau des voies antiques du Lot, dans Quercy-Recherche, 4e année, n° 22, avril-juin 1978, p. 10-17.
138. La civilisation gallo-romaine régionale, dans Actes du Xe Congrès de l’Association Guillaume Budé (Toulouse, 8-12 avril 1978), p. 327-330.
139. La civilisation gallo-romaine en Bas-Limousin, dans Bulletin de la Société (…) archéologique de la Corrèze, C, 1978, p. 70-75.
140. L’empreinte romaine, dans Histoire du Rouergue, publiée sous la direction de Henri Enjalbert, Toulouse, Privat, 1979, p. 33-72.
141. Les importations de céramiques sigillées d’Ateius à Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges), dans Revue de Comminges, XCIII, 1980, p. 479-494 (Actes du XXXVe Congrès d’études de la Fédération des Sociétés Académiques et Savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne tenu à Saint-Gaudens les 20-22 juin 1980).
142. À propos de la mosaïque gallo-romaine du quartier des Embergues (à Rodez), dans Procès-verbaux des séances de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, XXXXIII, 2, 1980, p. 8-12.
143. Un milliaire de Philippe l’Arabe à la frontière des Rutènes et des Gabales, dans Gallia, 38, 1980, p. 247-251.
144. Toulouse, dans Colloque international d’archéologie urbaine (Tours, 20 novembre 1980). Rapports préliminaires, p. 465-469.
145. Les Rutènes, dans Vivre en Rouergue, patrimoine rural, n° spécial, 1980, p. 25-27.
146. Les origines d’une industrie à la Graufesenque, dans La Graufesenque. Naissance de la grande industrie européenne de la céramique, édition Journal de Millau, Millau, 1981, p. 7-8.
147. Parmi les dernières découvertes de Mary Larrieu-Duler : petits dépôts de monnaies romaines dans la ville basse de Lectoure, dans Bulletin de la Société archéologique du Gers, LXXXII, 1981, p. 29-37.
148. Une ville romaine en pays rural, dans Histoire de Rodez publiée sous la direction de Henri Enjalbert, Toulouse, Privat, 1981, p. 21-48.
149. Bronzes rutènes d’Attalos, dans Revue du Rouergue, n° 142, 1982, p. 133-137.
150. Les potiers de la Graufesenque et la gloire de Trajan, dans Apulum. Archeologie. Istorie. Etnografie, XIX, 1981, p. 57-63.
151. Mosaïques gallo-romaines du Musée Saint-Raymond (I : La mosaïque de Sigognac), dans Musée Saint-Raymond de Toulouse. Cahiers archéologiques de Midi-Pyrénées, I, 1983, p. 31-47.
152. Marques d’amphores espagnoles (trouvées à Brive), dans Travaux d’archéologie limousine, 5, 1984, p. 102-103.
153. Le peuple des Cadurques, dans Le Lot, Pays de Quercy, Richesse de France, 1985, p. 32-37.
154. (en collaboration avec Jean Lafaurie), Trésor de monnaies mérovingiennes du VIIe siècle trouvé à Montréal (Gers) lors des fouilles de la villa de Séviac (résumé), dans Bulletin de la Société française de numismatique, juin 1987, p. 222-227.
155. La trouvaille de monnaies byzantines de Saint-Vincent-de-Couladère (Cazères, Haute-Garonne), dans Revue de numismatique, 1987, p. 99-108.
156. (avec la participation de Mme Aragon-Launet) L’Antiquité, dans Pays du Gers, cœur de Gascogne, sous la direction de M. Féral, S.N.E.R.D., t. I, 1988, p. 63-101.
157. Michel Labrousse †,Guy Mercadier, Carte archéologique de la Gaule. Le Lot (46).- Paris : Ed. Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1990 ; 156 p.
158. Michel Labrousse †, Jean-Michel Desbordes, Claire et François Moser, 2. Brive avant saint Martin, dans Histoire de Brive et de sa région, Toulouse : Privat, 1991, p. 29-61.
159. Michel Labrousse †, Quand Rome s’impose, dans Histoire du Quercy sous la direction de J. Lartigaut, Toulouse : Privat, 1993, p. 53-80.
160. Michel Labrousse †, Jacqueline Labrousse, Richard Boudet, Le trésor de monnaies gauloises à la croix de Dunes (Tarn-et-Garonne), dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. LIII, 1993, p. 11-74.
Jules de LAHONDÈS (1830-1914)
Président de la S.A.M.F. (1889-1914)
Éloges de Jules de Lahondès. Extrait du Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, nouvelle série n° 44 (24 novembre 1914 au 7 juillet 1915), p. 4-22.
Lire la notice
DISCOURS DE M. MÉRIMÉE, DIRECTEUR DE LA SOCIÉTÉ
Au nom de la Société archéologique du Midi de la France, je viens adresser un suprême adieu à la dépouille mortelle de son éminent et vénéré président, M. Jules de Lahondès. Dans le deuil qui étreint en ce moment tous ceux qui sont réunis autour de son cercueil et qui savent ce que la Cité perd en lui, nul plus que nous, au milieu desquels il a vécu si longtemps, ne sent ce qu’une telle perte a d’irréparable : nul n’en éprouve davantage la douloureuse amertume. Et ce qui rend nos regrets plus profonds, ce n’est point seulement le sentiment qu’avec lui disparaît l’un de ceux qui ont le mieux contribué à honorer le glorieux passé de la petite patrie, à en fixer avec le plus de bonheur la physionomie caractéristique, à jeter un peu plus de lumière sur son histoire, à faire mieux apprécier l’originalité, le charme pénétrant de ses arts, de ses traditions, de ses coutumes. Certes, M. de Lahondès avait toutes les qualités du vrai savant : une richesse d’information variée, servie par une mémoire restée intacte jusqu’au dernier jour ; une solide préparation littéraire, puisée aux sources vives de l’antiquité sacrée et profane, et sans laquelle il manquera toujours à l’érudition un certain point de maturité et de perfection ; une abondance d’aperçus et de points de comparaison, qui vivifie, élève et enrichit les recherches en apparence les plus abstraites ; un flair heureux que l’on pourrait croire un don gratuit de la nature, mais qui ne conduit sur la piste des découvertes originales que ceux-là seuls qu’une forte discipline y a préparés au prix d’une longue patience.
Tous ces dons exceptionnels, M. de Lahondès les possédait à un degré qu’il serait prématuré de vouloir fixer aujourd’hui et que de meilleurs juges nous diront quelque jour. Mais, si savoir est beaucoup, aimer est plus encore. C’est l’amour éclairé, ingénieux, réfléchi pour les belles choses du passé qui seul peut donner à l’érudition toute sa dignité, à l’intelligence toute sa portée.
Dans le vaste domaine de l’archéologie méridionale, qui embrasse tant de sciences diverses, bien peu en vérité ont su plus que lui ; mais j’ose dire que nul n’a porté dans l’étude du passé local et régional plus d’ardeur généreuse, plus de dévouement passionné, et, pour tout dire, un plus fidèle, un plus inlassable amour. Il était impossible de n’en point surprendre la flamme et le rayonnement dans cette conversation si pleine de verve courtoise et d’élégante simplicité, dans ces amicales discussions qui, au cours des studieuses soirées du mardi, au tour du tapis vert surchargé de livres, de dessins, d’œuvres d’art, de vieux débris de toutes sortes, éveillaient ses souvenirs toujours prêts, semblables à une source bouillonnante qui court à fleur de terre et que le moindre choc fait aussitôt jaillir. Ceux qui ont eu l’honneur et l’enviable privilège de voir M. de Lahondès à ce fauteuil présidentiel, où il a été maintenu pendant plus d’un quart de siècle par la respectueuse amitié de ses confrères, aimeront toujours à se le représenter ainsi, éclairant nos entretiens des vives lueurs de son intelligence souple et déliée, et les animant du charme primesautier d’une parole qu’effrayaient un peu les discours d’apparat, mais qui était merveilleusement vivante et prenante dans la conversation familière ; également prêt d’ailleurs sur tous les sujets, au point d’étonner les spécialistes, trouvant à point l’argument décisif, puisant au bon moment dans sa mémoire le renseignement nécessaire ou dans ses innombrables albums le croquis pittoresque qui faisait tout à coup revivre à nos yeux quelque coin disparu, quelque reste oublié du Toulouse d’autrefois.
Car ce vrai savant, qui cependant ne se piqua jamais de l’être, cet admirateur de toutes les belles choses était, vous le savez, doublé d’un artiste d’un goût très pur et que seule sa modestie, et une sorte de candeur qui s’ignorait, empêcha de briller au premier rang. Qui de nous ne l’a surpris parcourant, l’œil en éveil, le crayon à la main, les vieux quartiers menacés par le pic du démolisseur, les ruelles ombreuses où s’épanouissent encore les frêles et délicates sculptures des imagiers d’antan ? Il excellait, non seulement à en préciser l’origine, à en reconstituer l’histoire, mais surtout à en sentir et à en rendre le charme nostalgique, à en dégager – sans y toucher jamais qu’avec le plus scrupuleux respect – l’intime poésie. Et chaque mardi soir, comme l’abeille qui dans la journée a fait son miel, il nous apportait son butin de la semaine, la gerbe à jamais fixée des fleurs qui ne se faneront plus.
C’est ainsi, Messieurs, que nous apparaîtra désormais celui que nous venons de perdre, et dont l’image restera gravée d’un trait que la mort n’effacera point, non pas seulement dans la mémoire, mais dans le coeur de tous ceux qui ont eu l’honneur de l’approcher. D’autres, auxquels il a été donné de pénétrer plus profondément dans l’intimité de cette âme exquise, montreront sans doute que par-dessus tant de dons si rares, ou, pour mieux dire, à la racine de ces qualités brillantes, il en était une, sans laquelle toutes les autres ne sont que comme la fleur qui dure peu : je veux parler de la bonté, de cette bonté souriante, secourable, indulgente, qui se dégageait de toute sa personne, et qui elle-même sans doute s’alimentait dans la source éternelle d’une foi que rien n’avait entamée, et qui fut la consolation, la paix et je dirais presque le sourire de ses derniers jours.
D’autres enfin, quand le moment sera venu (car cette belle vie si pleine de jours nous sera un inépuisable sujet d’entretiens), d’autres enfin apprécieront, avec plus de compétence, d’autorité et d’ampleur que je ne saurais le faire, son œuvre scientifique et littéraire, éparse dans tant de livres, de brochures et d’articles, et qui s’enrichira bientôt d’un ouvrage capital, véritable testament du savant et de l’artiste, dont sa main défaillante a pu, grâce à de touchantes collaborations, corriger les dernières épreuves. Je ne puis aujourd’hui dans cet adieu rapide, dans ce dernier salut à notre cher et vénéré Président, au seuil de l’antique église dont il a magistralement retracé les fastes et qui revêt aujourd’hui avec justice des vêtements de deuil, je ne puis qu’exprimer, au nom de ses confrères, une douleur qui a pleine conscience de ce que nous perdons et joindre respectueusement aux larmes de cette famille, qui jusqu’au dernier soupir lui prodigua les marques de son amour, le faible témoignage de nos regrets, de notre admiration et de notre affection.
DISCOURS DE M. LE PROFESSEUR BRESSOLLES
« Le Conseil d’administration de l’Hôtel d’Assézat et de Clémence Isaure tient à exprimer publiquement les regrets que lui laisse la mort de son cher et vénéré Président. Je me garderai de dire quelles éminentes qualités distinguaient M. Jules de Lahondès. Elles viennent d’être mises en lumière avec autant d’autorité que de délicatesse. De ces qualités, il nous a été donné de jouir depuis le jour où le Conseil d’administration fut établi ; je puis même dire qu’elles s’y sont montrées sous un aspect nouveau : l’artiste, le lettré, l’érudit nous est apparu comme l’homme aux avis sages et prudents, ferme pour maintenir les droits de chacun, habile et conciliant pour leur éviter des conflits. Dans la belle demeure qu’elles doivent à la générosité de Théodore Ozenne, les Sociétés savantes de Toulouse n’ont connu que la plus amicale entente ; leur volonté est de la maintenir, elles n’auront pour cela qu’à s’inspirer des exemples donnés par les premiers ouvriers de cette union des Sociétés, œuvre éminemment régionaliste.
« Que de fois, quand se posait une question à résoudre, nous pûmes admirer la façon d’agir de notre confrère ! Il se gardait de prendre tout d’abord la parole, il laissait la discussion s’animer pour s’éclairer quelquefois. Il intervenait presque en s’excusant, faisant ressortir ce que chaque opinion avait de bien fondé. Venait ensuite celle qu’il proposait ; l’expression semblait un peu hésitante, mais si elle ne s’imposait pas par un ton de voix élevé, elle frappait par la netteté et la justesse de la pensée ; chacun s’y ralliait aussitôt et d’autant plus volontiers que M. de Lahondès avait la bonne grâce de ne pas faire ressortir les raisons de rejeter les propositions mises en avant .Avec un peu de bonne volonté, chacun pouvait croire que son avis l’avait emporté dans une certaine mesure. Ah ! pourquoi, disions-nous souvent, n’a-t-il pas voulu être notre président !
« La destination nouvelle de l’hôtel d’Assézat et de Clémence Isaure tenait à coeur à M. de Lahondès. Il la voulait définitive, afin d’assurer à la fois et l’avenir de nos Sociétés et la conservation du plus beau des monuments que la Renaissance nous a laissés. Qui sait si ce n’est pas à l’hôtel d’Assézat qu’il a senti pour la première fois ce goût exquis, cet amour des choses de l’art, cette vocation archéologique qui furent sa joie et son honneur ? Il aimait à raconter que, dans sa prime jeunesse, pendant qu’il suivait, sans s’y intéresser peut-être beaucoup, les cours de la Faculté de droit, il venait souvent à l’Hôtel d’Assézat dont il connaissait les propriétaires. De la tourelle, il apprenait à parcourir du regard la chaîne des Pyrénées dont il devait plus tard gravir les cimes. Dans la cour, il admirait et fixait sur le papier avec un crayon déjà habile les belles lignes architecturales, devinant celles que recouvraient plâtras et cloisons malencontreuses. Je ne sais s’il avait rêvé de voir jamais dans sa beauté première l’œuvre de Nicolas Bachelier ; ce qui est certain, c’est qu’il suivit avec le goût le plus averti, c’est qu’il encouragea de ses conseils les restaurations dirigées par M. Deloume. Plus que tout autre il mit à profit les richesses artistiques et littéraires réunies dans l’Hôtel. Il s’y montrait le plus assidu des travailleurs et, quand l’occasion s’offrait à lui, le plus érudit et le plus aimable des guides.
Les jouissances les plus délicates de l’art, l’estime profonde, la respectueuse affection dont il se sentait entouré, les joies du foyer qu’il goûtait sans réserves étaient certes bien précieuses pour M. de Lahondès. Elles n’étaient pas pour le satisfaire pleinement. Il avait compris que l’homme n’est pas fait uniquement pour cette terre ; sa foi de chrétien avait certaine ment mis sur ses lèvres le cri célèbre « Vous nous avez fait pour vous, Seigneur, et notre cœur est dans l’inquiétude tant qu’il ne repose pas en vous. » Celui dont l’amitié nous honorait et nous charmait jouit déjà, nous en avons l’espoir, de ce repos après lequel il soupirait. A ceux qui lui furent unis par les liens les plus chers, nous demandons de vouloir bien partager notre confiance comme nous nous associons respectueusement à leur douleur.
HOMMAGE DE M. ARMAND PRAVIEL, dans L’Express du Midi.
Après le comte Fernand de Rességuier dont il fut l’ami, M. ,Jules de Lahondès que la mort vient de nous enlever hier, était une des grandes figures de la société d’autrefois. Il en avait conservé merveilleusement la distinction morale, le goût, le tact, la courtoisie parfaite, la bienveillance souriante. Avec les jeunes, il rajeunissait sans effort, tout en gardant son rang et son accent personnel. Quand il arrivait quelque part, on voyait les visages s’épanouir, les yeux briller du plaisir de l’entendre et de s’instruire. Il n’est pas un endroit où il ait passé, et où sa perte ne laisse de profonds regrets.
Sa physionomie éminemment sympathique était bien connue, non seulement à Toulouse, mais dans toutes nos provinces méridionales. Originaire de l’Albigeois, étroitement uni par des liens de famille au Minervois, au Comminges, au Lauraguais, M. de Lahondès aimait fervemment tous nos terroirs, il en connaissait admirablement l’histoire, les paysages, les monuments. S’il arrivait qu’on en attaquât quelqu’un devant lui, il en prenait la défense avec cette chaleur, cette verve, cet esprit, qu’il a gardés jusqu’à son dernier souffle.
Il était né à Albi, le 18 juin 1830, et sauf dans ces tout derniers mois, nul ne s’en serait douté. A notre dernière fête des Jeux Floraux, il lut des vers d’une voix vibrante que tout le monde admira.
Il fit de brillantes études à Sorèze, de 1842 à 1847 ; et il demeura toujours fidèle à la vieille École, illustrée déjà par tant de gloires, et à laquelle le passage de Lacordaire devait apporter plus tard un nouvel éclat. M. de Lahondès fit partie de l’Association sorézienne, qui groupe les anciens élèves de l’École ; il apparut souvent dans ses fêtes, président accueillant et zélé, souriant et disert. Nul ne savait mieux que lui s’adresser aux jeunes, leur parler du passé glorieux et tourner leurs regards vers l’avenir.
Le 3 août 1858 M. de Lahondès épousait à Carcassonne Mlle Laperrine d’Hautpoul, et venait fixer son foyer à Pamiers où se trouvait un domaine qu’il avait hérité de son oncle M. de Tourtoulon. C’est là qu’il commença à s’occuper tout particulièrement de l’histoire de l’Ariège et à écrire son premier livre Les Annales de Pamiers, qu’il publia en 1882, chez Privat, et qui affirma sa profonde science de nos origines méridionales.
En 1867, il vint s’installer à Toulouse qu’il ne devait plus quitter. C’est là que son talent devait s’épanouir et porter les plus beaux fruits, d’abord à la Société archéologique du Midi de la France, qui s’empressa de l’accueillir et de faire de lui son président aimé, écouté, respecté ; puis à l’Académie des Jeux Floraux, où il succéda en 1886 à M. le Président Sacase, et dont il avait été élu Censeur (le censeur le plus éclairé et le plus indulgent que l’on pût imaginer), et aussi à l’union artistique, à la Commission du vieux Toulouse, à tous les groupements provinciaux qui s’honoraient de sa collaboration et en retiraient les plus grands profits.
« Car il fut un travailleur infatigable tout en gardant son allure de flâneur aimable et de causeur toujours prêt ; il a répandu sans les compter une foule d’articles dont il sera aussi difficile d’établir la bibliographie que pour ceux de l’abbé Couture.
Ainsi a-t-il exercé, et jusque dans les milieux les plus éloignés de ses idées politiques et religieuses, un véritable apostolat.
Il n’avait jamais recherché les honneurs ni les titres officiels. La Société française d’archéologie l’avait nommé son inspecteur pour le Sud-Ouest, et ce fut tout.
Mais, partout, on l’écoutait avec respect. La plupart de ses opinions et de ses jugements demeurent et s’imposent aux chercheurs ; et il est difficile désormais de traverser une de nos rues, de visiter une de nos petites villes ou l’un de nos châteaux méridionaux sans évoquer son souvenir.
Moins éloigné de Paris, et, aussi, moins modeste, il aurait pu laisser une oeuvre moins dispersée. Son histoire est un peu celle de M. l’abbé Couture. Il avait donné tout d’abord son admirable ouvrage sur la métropole de Saint-Étienne, couronné par l’Institut, et qui faisait prévoir une belle suite. Hélas ! voici qu’il s’est éteint sans voir paraître le livre auquel il attachait tant de prix, ce Toulouse archéologique, sorte de somme de ses travaux, que des amis incomparables l’avaient obligé à publier, et qui est encore sous presse ! Sa mort, que l’on peut dire prématurée, n’en arrêtera pas la publication et l’œuvre attachera définitivement le nom de Lahondès à la ville qu’il a si bien connue et tant aimée.
Mais, disons-le encore, il n’était pas seulement un archéologue et un savant : c’était un artiste, et un lettré, et un poète. Il n’a pas encombré les revues de ses vers ni les salons de ses toiles, et cependant ses rares poèmes étaient exquis et il peignait avec le goût le plus délicat. Aussi, soit à l’Union artistique, soit aux Jeux Floraux, quel juge averti, souriant, perspicace et indulgent était M. de Lahondès : Il émettait son avis avec une finesse d’aperçus, une richesse de documentations, une connaissance des sentiments et de l’âme humaine, qui enchantait toujours ses confrères. Les poètes et les artistes perdent en lui le critique le plus aimable et le plus autorisé.
Je l’ai dit en commençant, il faut le redire. Il était de ces vieillards qui aiment la jeunesse, qui s’intéressent sans jalousie à toutes les généreuses initiatives. Fidèle à ses dieux, aux poètes romantiques et notamment au cher Alfred de Musset, qui avait enchanté son adolescence, il se tenait au courant de la production contemporaine, goûtait la beauté sous les voiles divers que les modes changeantes lui imposaient. Du spectacle du monde, il voulait oublier les tristesses, pour ne s’attacher qu’aux grandes et nobles choses qui versent l’espérance et font, à tous les âges, le charme de la vie. Et de là venait, vers lui, de toutes parts, un courant unanime de sympathie et de respect.
En le recevant aux Jeux Floraux, il y a vingt-huit ans, M. de Belcastel lui disait : « Vous êtes ferme dans l’espérance. Vous croyez à l’union du christianisme et de la science, – sociale comme toutes les autres, – et votre dernier mot est pour le Calvaire qui l’enseigna. »
Nous aimons à répéter aujourd’hui cette belle déclaration : elle parachève le portrait hâtif et tremblant que notre émotion vient d’ébaucher.
BIBLIOGRAPHIE DE M. J. DE LAHONDÈS
Annales de Pamiers, 2 vol. de 526 et 508 p. 1882-84. Toulouse, E. Privat.
L’église Saint-Etienne (Toulouse Chrétienne) 1 vol. de 482 p. 1890. E. Privat.
Toulouse (Notice historique sur), 118 p. 1887. Congrès de l’AFAS.
Toulouse et ses monuments, histoire, archéologie, beaux-arts ; prêt à paraître dès la fin de la guerre ; Ed. Privat, éditeur.
Mémoires de la Société archéologique du Midi
La cathédrale de Pamiers, t. XI, 352.
Chapelle de Salau en Couserans, XI, 410
Lettres inédites de Henri IV, XII, 165.
Ecoles dans une petite ville avant la Renaissance. XII, 392.
Eglise de Foix, XIII, 253.
Procès d’esclave au quinzième siècle, XIII, 334.
Belpech de Garnagois, XIV, 29.
Porte du grand consistoire, Toulouse, XIV, 169.
Chapiteaux de Saint-Sernin, XV, 258.
Les statues de la vierge du Musée, XVI, 269.
Eloges de Edmond Chambert, XIV ; de Théodore de Sevins, XV ; de Joseph de Malafosse, XV.
Bulletin de la Société archéologique
1888 L’exposition rétrospective de Toulouse, 30 ; œuvres d’art anciennes conservées dans les églises de Toulouse et du département, 70 ; congrès de la Soc. franç. d’arch. à Dax et Bayonne, 104.
1889 Note sur le Camaieu de Saint-Sernin, 31 ; le projet de classement de l’église de Montgeard, 83 ; l’excursion à Saint-Lizier, 85.
1890 La visite au château de Pinsaguel, 65 ; l’excursion à Rieux et Saint-Félix, 78 ; éloge de Théodore de Sevin, 90.
1891 Excursion à Bournazel et à Conques, 93 ; fouilles de Martres, 23 ; fouilles dans l’église des Cordeliers, 73 ; les restaurations du château de Foix, 98 ; une visite à la basilique de Saint-Sernin, 50 ; visite à l’église des Jacobins, 63.
1892 Les dents d’éléphant du musée Saint-Raymond, 109 ; les sépultures trouvées à Bigot (Haute-Garonne), 45 ; la restauration de la tour des archives à Toulouse, 56 ; excursion à Cahors, 103 ; au château de Pibrac, 107 ; à Rodez, 112 ; une vue de la Chartreuse de Toulouse, 52.
1893 Armoiries de Comminges au château de Foix, 19 ; testament d’un bourgeois de Pamiers, 68 ; Guy du Faur de Pibrac, 33 ; oratoire de Pieusse, 41 ; église de Venerque, 66 ; chapiteaux de la cathédrale de Pamiers, 68 ; église Saint-Pierre, 70.
1894 Notice sur César Daly, 40 ; armoiries sur les monuments publics ou privés de Toulouse, 95 ; chapiteau roman de l’hôtel d’Espagne, 98 ; sceau de Hugues de Taurechis, 103 ; monnaies ibériennes au Taureau, 113 ; maison ancienne rue Malaret, 120 ; maison ancienne de la Ville-basse de Carcassonne, 165.
1895 Les chapiteaux de Saint-Sernin, 108 ; le mss. de l’abbé Magi, et le registre rouge des Jeux Floraux, 109.
1896 Les églises romanes de l’Ariège, 39 ; les Mortreuil, sculpteurs toulousains et le dôme de Saint-Pierre, 145 ; voyage à Pibrac, 147 ; à Auch, 149.
1897 Ancienne porte de la cathédrale de Pamiers, 10-13 ; découvertes archéologiques à l’hôtel d’Assézat, 31 ; dessin du pont de Céret, 14 ; monuments de Villefranche-de-Rouergue, 147 ; éloge de B. Benezet, 127 ; inscription de l’hôpital de la Grave, Toulouse, 47 ; les cariatides de l’hôtel de Pierre, à Toulouse, 104 ; les peintures de l’abside de Saint-Sernin, 147 ; restauration du cloître des Augustins, 145 ; travaux à la cathédrale d’Albi, 114 ; château de Merville, 153.
1898 Croix anciennes du pays de Cabardès, Aude, 28 ; fresques à la cathédrale de Pamiers, 65 ; églises ogivales de l’Ariège, 41 ; un traité pour une croix érigée à Toulouse, en 1508. Traités conclus avec des artistes de Toulouse, 159 ; excursion à Saint-Lizier et au château de Prat.
1899 Etude sur une statue de saint Louis, 17 ; trois villes du Tarn, Gaillac, L’Isle-d’Albi, Rabastens, 117 ; l’art religieux au treizième siècle en France, par M. Mâle, 150.
1900 Inscription funéraire du quatorzième siècle au Mas-Cabardès, Aude, 25 ; le poète rémois Jean Voulté à Toulouse, 77 ; les châteaux de Cabaret, Aude, 121 ; épaves du cloître des Carmes à Toulouse, 144 ; trois maisons à Toulouse, 154 ; le journal d’un curé de Mas-Cabardès, Aude, 1595-1643, 176 ; Tête de saint Maurice et de Jeanne d’Arc, 199 ; inscription du quinzième siècle à Carcassonne, 203 ; les statues de saint Nazaire, à Carcassonne, 258 ; Saint-Antoine du T et la rue de ce nom à Toulouse, 274 ; un blason à l’hôtel Saint-Jean, Toulouse, 343 ; les termes gothique ou ogival, 344 ; quelques sceaux toulousains, 371.
1901-1902 1″> Hypothèse sur le tombeau de Briçonnet, 118 ; les vierges sculptées du musée de Toulouse, 149 ; Saint-Hilaire et Alet, Aude, 162.
1902-1903 Calice du château de Cabaret, Aude, 288 ; mss. sur velin acquis par le musée Saint-Raymond, 327 ; trois pierres tumulaires d’abbés de Saint-Sernin, 331 ; excursion à Villefranche-de-Rouergue, 335 ; consécration de Saint-Etienne, 1592, 345.
1903-1906 Portraits sculptés de saint Louis, 18 ; monogrammes de Jésus sur les portes des maisons de Toulouse, 23 ; la Renaissance à Toulouse, 62 ; diverses armoiries de Saint-Nazaire de Carcassonne, 130 ; stalles de Saint-Sernin et de Saint-Etienne contemporaines, 134 ; la plus ancienne poésie de la bibliothèque des Jeux Floraux, 153 ; les récents travaux à Saint-Etienne de Toulouse, 178 ; les primitifs à Toulouse, 232 ; Rédaction du catalogue manuscrit de la Bibliothèque de la Société, 279 ; l’ancienne Trésorerie de Toulouse, 291 ; la fontaine de la place Saint-Etienne, 303 ; à propos de la décoration des portails romans, 314 ; statues de l’église Saint-Sernin au musée de Toulouse, 319 ; excursion de la Société à Cordes, 332 ; le vieil Albi, exposition Léon Soulié, 379 ; une vue du quai de la Daurade en 1781, 395 ; la restauration des monuments, 418 ; album des portraits de parlementaires, 443 ; sur le sentiment pathétique dans l’art du Moyen-âge, 446 ; ms. de Saint Etienne au British Museum, 451 ; les statues des deux femmes portant un lion et un bélier passées de l’église Saint-Sernin au musée, 452 ; 1650, despanses pour les Jeux Floraux, suivant le testament de Dame Clémence, 456 ; vues anciennes de Toulouse, 455 ; maison gothique de Toulouse, 472 ; congrès archéologique de Carcassonne et Perpignan, 513 ; un panorama d’Albi, fin dix-huitième siècle, 525.
1906-1909 Le portail de Saint-Pierre-des-Cuisines, Toulouse, 9 ; sur une des portes de l’église de Saint-Sernin, 115 ; pieta de Saint-Nazaire de Carcassonne, 123 ; fontaine de la place de la Trinité, Toulouse, 124 ; Ronsard couronné par l’Académie des Jeux Floraux, 183 ; trois beaux portails de Toulouse détruits, 202 ; allocution de la séance publique : Les statues de Saint-Sernin seraient des sibylles, 241 ; l’Horace et le Térence de l’ancienne Académie des Jeux Floraux, 259 ; galeries dans les cours des vieilles maisons à Toulouse, 264 ; sur les portraits des capitouls de 1593 et 1635, 319 ; division de Toulouse en capitoulats, 320 ; sur la mort d’Ernest Roschach et d’Edmond Cabié, 435 ; origines de l’art gothique, 467 ; le blason de Cominihan sur un portail de Toulouse démoli, 477 ; le vieux Toulouse : une épave des Pénitents-Gris, 480 ; le collège de Pampelune à Toulouse, 487 ; cloche de Montcabrié [Tarn], 510 ; inscription sur pierre du treizième siècle de Ramonville-Saint-Agne, 535 ; langue romane : un texte de 1302, 37.
1910-1912 Le Jugement dernier à la cathédrale d’Albi, 24 ; la Pentecôte et l’Ascension sur les chapiteaux de la Daurade, 29 ; jubé de Saint Étienne, 48 ; couvent de la Madeleine, 55 ; niches à statues dans les rues de Toulouse, 99 ; un colombier toulousain au dix-septième siècle, 146 ; l’église de Montréal (Aude), 244 ; cloche de Sainte Foy-d’Aigrefeuille (Haute-Garonne), 171 ; notice sur Antonin Deloume, 209 ; nouvelle image en marbre du dieu cornu, 237 ; éloge d’ Anthyme Saint-Paul, 265 ; le Château de Saint-Jory, près Toulouse, 289 ; crucifix à double face des Jacobins, musée Saint Raymond, 301 ; prétendue statue de Clémence Isaure, son étude, son intérêt, 357 ; mortier en pierre du Musée, 362 ; un dessin ancien de la Cité de Carcassonne, 381.
1912-1913 Portes d’hôtels Louis XVI à Toubouse, 3 ; allocution de M. J. de Lahondès à M. Dürrbach, élu membre correspondant de l’Institut, 33 ; une inscription de l’Aude en 1314, 54 ; les anciens plans et coupes de l’église de la Daurade donnés à la Société par M. le colonel Delort, 62 ; la restauration de la Cité de Carcassonne, 91 ; excursion de la Société au château de Castelnau-d’Estrétefonds, 120.
1914 Bas-relief dans une cour de la rue de la Dalbade, 89 ; sur la restauration de Carcassonne, 91 ; les chevaux sur les chapiteaux romans du Musée, 303 ; une gravure satirique à Toulouse en 1788, 306.
Album des monuments du Midi
Notice sur Guy du Faur de Pibrac, p. 43.
Un émail de Limoges au musée Saint-Raymond de Toulouse, p. 47.
Bulletin archéologique
1898 Les églises romanes de l’Ariège, 48 p.
1899 Une statue de saint Louis à l’église Saint-Vincent de Carcassonne, 12 p.
1900 Les églises gothiques de l’Ariège, 43 p.
Bulletin monumental
1875 L’église Notre-Dame-du-Camp de Pamiers, 5 p., 677.
1876 Notice sur l’abbaye de Saint-Hilaire (Aude), 23 p., 289.
1877 Les églises romanes de la vallée de l’Ariège, 43 p., 513 et 703. Restauration de l’église Saint-Sernin, 2 p., 91.
1879 Le professeur Edw. Barry, correspt de l’Institut à Toulouse, 629.
1883 Les églises fortifiées des pays de Foix et du Couserans, 23 p., 288. Restauration de la cathédrale d’Albi, 9 p., 111.
1884 Quelques châteaux du pays de Foix, 37 p. [vol. du Congrès de Foix et Pamiers, Saint-Girons].
1886 Les prieurés de Saint-Sernin de Toulouse dans le pays de Foix, 37 p., 363, 438.
1890 Fouilles de Martres-Tolosane, 4 p., 260.
1891 L’oratoire de Pieusse, 4 p., 240. Le Musée Saint-Raymond de Toulouse, 8 p., 369. Les débris du couvent des Cordeliers de Toulouse, 530.
1893 Maisons anciennes dans l’Ariège et l’Aude, 32 p., 458.
1894 Une maison de potier d’étain à Toulouse, 5 p. 518.
1895 L’hôtel d’Assézat à Toulouse, 31 p., 369.
1896 L’hôtel de pierre à Toulouse, 9 p., 287.
1898 Croix du pays de Cabardès, 14 p., 299.
Revue des Pyrénées
L’ancien monastère de Pauliac, près Toulouse et Belpech, 7 p., III, 144.
Les œuvres poétiques de Gui du Faur de Pibrac. 11 p., VI, 105.
Simon de Laloubère, 31 p., VII, 233.
Les lacs des environs d’Ax, VIII, 500.
Plan en relief des Pyrénées, IX, 377.
Martres-Tolosane, X, 83.
Toulouse, 11 p., 1899, XI.
La Montagne Noire, 30 p., XIV, 1902, .453.
L’éducation d’un prince (Mémoires du général d’Hautpoul), 21 p., XIV, 237.
Une poétesse épique toulousaine, 19 p., XV, 585.
Les lettres de Tristan d’Usson, 24 p., XVII, 220.
Marmontel aux Jeux Floraux, 17 p., XVIII, 507.
Un voyage en Italie en 1729, 19 p., XXI, 567.
Bulletin de la Société ariégeoise
Lettres des comtesses de Foix et des évêques de Pamiers, 1448-1591, pp. 101-121.
1884 Louis de Froidour dans le Couserans, pp. 251-271, 287-294.
1887 Les diocèses de Mirepoix et de Rieux sous Louis XIV, p. 129.
Recueil de l’Académie des Jeux Floraux
Remerciement, 1886 ; Éloge de Clémence Isaure. 1887 ; Réponses à M. Benezet, 1890 ; à M. de Peyralade, 1893 ; à M. de Laportalière, 1897 ; à M. de Rességuier, 1909. Rapport sur les prix de vertu, 1896 ; Eloges de MM. Bladé, 1903, Buisson, 1911.
L’âme latine
1905 La violette d’argent de Favart, 12 p. ; 434.
Semaine catholique de Pamiers
Les églises anciennes du diocèse de Pamiers ; articles parus dans les années 1883 et suiv., décrivant 66 églises et réunis en un volume de 250 pages environ.
La Confrérie des artisans de Pamiers, 8 p. ; Jean de Pins, évêque de Rieux, 16 p. ; Le Château de Montségur, 5 p.
Société de Géographie. 1888, le navigateur Lapérouse, albigeois. 38 p.
Articles dans Le Conservateur de l’Ariège, 1871-73.*
Articles dans L’Union du Languedoc.
Avis.
M. de Lahondès collabora au Messager de Toulouse les lundis, de 1897 à 1901. Après la disparition de ce journal il passa à L’Express du Midi. Il y débuta le 24 juin, mais d’abord irrégulièrement. A partir du 6 mars 1907, ses articles sur le vieux Toulouse commencent. Mais ce n’est qu’à partir du 29 septembre qu’ils paraîtront régulièrement le dimanche. Cela noté, il sera aisé de retrouver dans la collection de L’Express les articles énumérés :
1907 6 mars, rue Ozenne ; 13 avril, le vieux Toulouse ; 8 mai, place Perchepinte ; 12 juin, l’allée Silencieuse ; 28 juillet, place Saint Étienne ; 25 août, rue Ozenne ; 22 sept., la rue de la Dalbade ; 29, vitrail de Saint-Etienne.
Le dimanche, octobre, 20, accroissements anciens de la ville ; 27, rue Pharaon.
Novembre, 10, le vieux Toulouse, rues diverses ; 17, rue Saint Rome ; 24, portrait de Racine.
Décembre, 1, rue du Taur ; 8, souvenirs toulousains ; 15. id.
1908 janvier, 5, le Peyrou ; 12 et 19, la rue Valade.
Février, 9, rue Tolosane et des Arts ; 9 et 16, rue de la Pomme ; 22, rue Boulbonne
Mars, 1, place Saint-Georges ; 8, rue Saint-Antoine-du-T ; 15 et 22, rue Matabiau ; 29, quartier des Pénitents.
Avril, 5, rue Malaret ; 12, statues de Saint-Sernin au Musée ; 26, faubourg de Saint-Étienne ; 3, Porte Saint- Étienne ; 3, Cambon-Caousou ; 17, rue Saint-Étienne ; 24, rue Croix-Baragnon.
Mai, 3 rue Croix-Baragnon, suite.
Juin, 7, rue Croix-Baragnon ; 14, rue Bouquières ; 28, rue de la Trinité.
Juillet, 5 et 12, rue des Marchands ; 19, le plus vieux Toulouse, couvent des Réparatrices ; 26, le nouveau catalogue du Musée.
Août, 2, rue d’Astorg ; 9, rue Cantegril ; 23, rue Peyras ; 30, rue Temponières.
Septembre, 6, rue Clémence-Isaure ; 13, suite ; 20, rue Cujas ; 27, rue Peyrolières.
Octobre, 4, antiquités romaines du sol toulousain ; 11, id. ; 18 et 25, rue des Argentiers ; 30, les cimetières.
Novembre, 8, moulages de l’hôtel de l’Hôtel d’Assézat ; 15, place de la Daurade ; 22, rue Romiguières ; 28, id.
Décembre, 6 et 7, rue Pargaminières ; 27, le Bazacle ; en outre, les 23 et 30 juin, le 6 juillet, sur l’Exposition de Toulouse.
1909 janvier, 10, la Belle-Paule ; 17, Matali ; 4, la rue Sainte-Anne ; 31, Histoire de l’Académie des sciences, par Lapierre, C. r.
Février, 7, l’Exposition de 1887 ; 14, comte Henri Russel Killough ; 21, l’île de Tounis ; 28, petites rues du Levant.
Mars, 7, les croix à Toulouse ; 21, C. r. de Male ; l’art religieux ô la fin du Moyen âge ; 22 et 30, Ernest Roschach ; 28, une légende toulousaine.
Avril, 4, une épave des Pénitents-Gris ; 18, petites rues autour du Palais ; 25, rue des Fleurs.
Mai, 2, le Parlement et la place du Palais ; 9, le dîner des Jeux Floraux ; 16, la Minerve d’argent de Ronsard ; 23 et 30, le faubourg Saint-Michel.
Juin, le vieux Toulouse, le Calvaire, le Feretra ; 13, la mise au tombeau du Calvaire ; 20, Vieille-Toulouse ; 27, le portail et le tombeau de Saint-Pierre-des-Cuisines.
Juillet, 4, le quartier Arnaud Bernard ; 11, la place et le faubourg Arnaud-Bernard ; 18, entrées royales ; 25, au Musée.
Août, 1, 8, 15, 22, le faubourg Saint-Cyprien ; 29, la banlieue.
Septembre, 5, la banlieue de Saint Cyprien, suite ; 12, la reine Pédauque ; 19, les gitanos de Saint-Cyprien ; 26, C. r. d’un Mémoire sur le Musée, le Lycée, l’Athénée par le baron Desazars.
Octobre, 3, 10, 17 et 24, les hôtels du dix-huitième siècle ; 31, les cimetières.
Novembre, 14, C. r., la caverne d’Altamira de Cartailhac et Breuil ; 21, au Musée, les tableaux de Philippe de Champagne ; 28, hôtels sous Louis XV.
Décembre, 5, hôtels sous Louis XV, suite ; 12 et 19, le cas de Saint-Étienne.
1910 janvier, 9, la France moderne de J. Villain , C. r. ; 6, hôtels Louis XVI ; 23, le blason de Toulouse ; 30, C. r. Cl.-F.-M. Primat, Archevêque de Toulouse, par le Dr Birot.
Février, 6, un voyage en Italie de deux Toulousains en 1700 ; 13, C. r., La Grande Lande et Croix- Daurade, par l’abbé Lafforgue ; 20, Jean de Pins et Bertrand de Lordat ; 27, avant 1850.
Mars, 6, le missel d’Alan ; 13, les fouilles de la place du Capitole ; 20, les cérémonies de la Semaine Sainte.
Avril, 3, les étrangers à Toulouse ; 10, le collège de Pampelune ; 17, le faubourg des Amidonniers ; 24 C. r., Essai sur l’administration de T. à la fin de l’ancien régime, par Lamouzelle.
Mai, renaissance des deux évêchés Saint-Lizier et Mirepoix ; 8, le recueil des Jeux Floraux ; 15, l’Ascension et la Pentecôte du cloître de la Daurade ; 2, la statue de Clémence-Isaure ; 29, hymnes et proses.
Juin, 5, rue des Renforts ; 12, projets pour Toulouse ; 19, Rieux et Saint-Elix ; 26, peintre et poète M. Prouho.
Juillet, 3, l’achèvement de Saint-Etienne ; 10, le Christ assis de la Dalbade ; 17, Saint-Bertrand-de-Comminges ; 24, la Haute-Ariège ; 31, un sarcophage du Musée.
Août, 7, une statue de saint Antoine de Padoue ; 14, les gargouilles des Cordeliers ; 21, le sculpteur sur bois André Besquent ; 28, Saint-Simon.
Septembre, 4, l’Histoire de l’art d’André Michel, t. III, C. r. ; 11, le millénaire de Cluny ; 18, le château de Pibrac ; 25, le château de Fourquevaux.
Octobre, 2, le château de Merville ; 9, la désaffectation des monuments religieux ; 16, archives du château de Léran ; 23, Grenade ; 30, Caraman
Novembre, 13, à Saint-Étienne ; 19, le Jugement dernier à la cathédrale d’Albi ; 26, l’hôtel de l’ancien quartier général.
Décembre, 3, la duchesse de Berry à Toulouse ; 11, le bas-relief de Lucas aux Ponts-Jumeaux ; 18, Loménie de Brienne et la Société toulousaine ; 25, la Nativité de Jésus-Christ dans l’art.
1911 janvier, 1, Conférence du Cercle du Luxembourg, les Jeux Floraux ; 8, Loménie de Brienne à Sens ; 15, la restauration de la cité de Carcassonne ; 22, au Musée, Évêque et Lion ; 29, le portrait de Mme de Crussol.
Février, 5, les tombeaux des archevêques ; 12, le calice de Saint-Étienne ; 17, à propos du Christ de Rubens, les christ jansénistes ; 26, au Musée, sculptures retrouvées.
Mars, 5, C. r., le clergé fiançais exilé en Espagne, 1797-1801 ; 12, souvenirs toulousains, les recensements ; 19, Molière à Toulouse ; 26, l’Annonciation dans l’art.
Avril, 2, le missel d’Alan ; 9, le tombeau de Raymond VII à Fontevrault ; 33, la Résurrection dans l’art ; 30, deux nouveaux monuments classés.
Mai, 7, le troubadour Rigaud Riquier ; 14, la maison du Campistron ; 22, C. r., La France moderne, par Vilain ; 28, C. r., La Cathédrale d’Albi, par Jean Laran.
Juin, 4, Mme de Beaufort d’Hautpoult ; 11, C. r., lettre d’un critique à ses amis, Toulouse ; 16, le château de la Réole ; 25, la plus ancienne sculpture de la Province
Juillet, 2, à Saint-Jérôme, une sculpture sauvée ; 9, 16, 23, 30 et 6 août, ms. inédit de Mme de Mondonville.
Août, 13, la chapelle du Montement de la Vierge à Saint-Etienne ; 20, C. r. Le Moulin du Château Narbonnais, par G. Mot ; 27, la Trésorerie.
Septembre, 3, un joyau toulousain perdu, le camaïeu de Saint-Étienne ; 10, le mesmérisme à Toulouse, C. r. ; 17, N.-D. de la Drèche et les peintures de Bénezet ; 24, les quatrains de Pibrac.
Octobre, 1er, les quatrains après Pibrac ; 8, l’œuvre de l’abbé Couture ; 20, le château de Saint-Jory.
Novembre, 5, C. r., Histoire de l’art, par André Michel. t. IV ; 11, la Basoche à Toulouse ; 19, le Père Lacordaire à Toulouse ; 26, armoiries toulousaines.
Décembre, 3, l’œuvre de l’architecte Vitry à Toulouse ; 10, Anthyme Saint-Paul ; 17, à Saint-Etienne ; 24, Noël jadis ; 31, un bréviaire gothique toulousain.
1912 janvier, 7, l’adoration des mages au cloître Saint-Étienne ; 14, 21, la vie chère autrefois ; 28, inscriptions toulousaines.
Février, 5, Hist. monument. de la France, par Saint-Paul, C. r. ; 11, Mme de Montaigut-Ségla ; 18, un voyage de Toulouse à Paris, 1532 ; 25, le 24 février à Toulouse.
Mars, 3, inscriptions monumentales datées ; 10, les reclus de Toulouse sous la Terreur ; 17, les monogrammes du Christ sur les portes ; 21, C. r., révolutionnaires de l’Ariège ; 31, les psaumes.
Avril, 14, le style jésuite ; 21, à propos de l’éclipse ; 28, les étudiants étrangers à Toulouse.
Mai, 5, les mss. des Jeux Floraux ; 12, le tombeau des comtes à Saint-Sernin ; 19, les niches des logis ; 26, les statues de la Ferté-Milon à l’École des Beaux-Arts.
Juin, 9, Job au cloître de la Daurade ; 16, un arrêt du Parlement en 1560 ; 23, Bull. d’histoire du diocèse de Pamiers ; 30, au Pont-des-Demoiselles.
Juillet, 7, un ancien dessin de la cité de Carcassonne ; 14, l’art du bois à Toulouse ; 21 et 28, les exécutions autrefois.
Août, 4, la Transfiguration sur un chapiteau de la Daurade ; 11, trois marbres de Falguière au Musée ; 18, l’Esquile ; 25, au Musée, le nouveau catalogue.
Septembre, 1, Montaudran ; 8, son église ; 15 et 22, le cloître de Saint Etienne ; 22, le fief de Larramet.
Octobre, 6, la cherté, deux émeutes, G. du Barry, la porte d’Alan ; 13, les statues et leurs places, le cloître de Bonnefont ; 20, au Musée, à propos de Mme Gros ; 27, l’art à Toulouse au treizième siècle ; C. r ., Arch. relig. en France à l’époque romane, par M. de Lasteyrie.
Novembre, 3, les artistes toulousains de la Renaissance ; 10, la charité à Toulouse : I, l’Institut des Sourds-Muets ; 17, II, l’Institut des Jeunes-Aveugles ; 24, III, les Petites-Sœurs des Pauvres.
Décembre, I, IV, l’œuvre des vieillards délaissés ; 8, la chapelle de Nazareth ; 15, V, la Compassion ; 22, VI, les Miséricordes ; 29 VII, l’œuvre du Refuge.
1913 janvier, 5, la charité à Toulouse, suite : VIII, la Société de Saint-Vincent-de-Paul ; 12, IX, la Société de Saint-François-Régis ; 19, X, l’Orphelinat de la Grande-Allée ; 26, XI, suite.
Février, 2, XII, le prêt gratuit ; 9, Debat-Ponsan ; 16, XIII, les hôpitaux : la Grave ; 23, XIV, suite et fin.
Mars, 2, souvenirs de Mme Lafarges ; 9, cavalcades et entrées ; 16, l’atelier de Latour ; 30, au Musée, une mise au tombeau.
Avril, 6, souvenirs, Jasmin à Toulouse ; 13, Saint-Bertrand-de-Comminges, le château de Termes dans les Corbières ; 20, les expositions de peintures ; 27, Ingres à Toulouse.
Mai, 4, la duchesse d’Angoulême à Toulouse ; 11, le comte de Provence à Toulouse ; 18, Napoléon à Toulouse ; 25, Mlle Rachel à Toulouse.
Juin, 1, Frédéric Lemaître à Toulouse ; 8, ,5, 22, Chateaubriand à Toulouse ; 29, musée Saint-Raymond, les miniatures de l’antiphonaire de Mirepoix.
Juillet, 6, musée Saint-Raymond : le grand crucifix des Jacobins ; 13, « une famille parlementaire toulousaine à la fin de l’ancien régime », C. r. ; 20, 3 mai 1324, tableau de Jean-Paul Laurens ; 27, à propos des souvenirs du comte de Montbel.
Août, 3, Dumège et Tétricus ; 10, vues de Toulouse ; 17, Saint-Martin-du-Touch ; 24, saint Louis d’Anjou au Musée et à Saint-Etienne ; 31, Castanet.
Septembre, 7, les élèves de David au Musée ; 15, Charles IX à Toulouse ; 21, chapelle Saint-Exupère à Blagnac ; 28, façade du Conseil de guerre, description, histoire.
Octobre, 5, une visite royale ; 12, l’église Saint Géraud ; 19, quelques hôtels de la ville ; 26, un hôtel de la rue Vélane.
Novembre, 2, hôtels de la place Sainte-Scarbes, de Caulet, gargouilles de la chapelle de Rieux ; 9, Hôtel de l’Académie ; 16, le séminaire de Caraman ; 23, I, à la bibliothèque, les mss. Enluminés ; 3o, II, les livres d’heures.
Décembre, 7, III, les chroniques ; 14, Rachel à Toulouse ; 21, château de Saint-Elix ; 28, IV, saint Jean l’Evangéliste dans l’art à Toulouse.
1914 janvier, 4, 11, 18, V, notes de Racine sur ses livres à la Bibliothèque ; 26, le moraliste Joubert à Toulouse et à l’Esquile.
Février, les doctrinaires à Toulouse ; 8, « Archives communales de Saint-Bertrand-de-Comminges », C. r. ; 15, la peinture romantique à Toulouse ; 22, « le troubadour Peire Vidal », C. r.
Mars, 1, familles toulousaines ; 8, un manuscrit enluminé : heures de la Vierge ; 15, statues tombales à Toulouse ; 22, un moulon disparu ; 29, visites ad limina concernant le toulousain.
Avril, 4, la descente aux limbes sur deux chapiteaux toulousains ; 19, un hôtel de la rue Vélane ; 26, autrefois, de Toulouse h Paris en quinze jours.
Mai, 3, au musée Saint-Raymond, lettre de Marie-Antoinette ; 13, un hôtel de la rue des Nobles ; 17, les poésies à Pibrac ; 24, les dernières démolitions de la rue Ozenne ; 31, la prose de Pentecôte.
Juin, 7, la statue tombale du prince de Joinville ; 14, Saint-Bertrand-de-Comminges, fouilles en train ; 21, les travaux à Saint-Étienne ; 28, le culte de saint Sernin dans un missel mozarabe.
Juillet, 5, la fleur de lys dans le blason toulousain.
(M. de Lahondès nous quitta cinq jours après !)
Du belvédère de l’hôtel d’Assézat, palais des Académies, la vue s’étend sur un vaste horizon, de la cathédrale de Montauban visible au-dessus de la toiture des Jacobins, à la chaîne des Pyrénées. M. J. de Lahondès nous a donné et nous avons exposé en permanence, pour notre instruction et celle des visiteurs nombreux de l’hôtel, sa remarquable aquarelle, représentant le panorama, très soigneusement relevé, de tous les sommets visibles d’ici, depuis le Canigou jusqu’au-delà du Pic du midi de Bigorre.
Les salons de la Société possèdent de nombreux dessins de M. de Lahondès d’après ses souvenirs du vieux Toulouse et ses divers albums. Au milieu d’eux, dominant la salle des séances, est son portrait, peint en 1913 par Mlle M. Cartailhac, reproduit planche ci-jointe. Le Bulletin avait publié sa photographie en 1907 à l’occasion de la fête du trentième anniversaire de son entrée dans la Société.
On trouvera aussi dans le Bulletin, 1912, p. 354, la poésie exquise de M. Rozès de Brousse, en son honneur, lue dans une soirée exceptionnelle.
Jean LAUTIER (1923-1990)
Membre de la S.A.M.F. (1964-1990)
Lire la notice
Éloge prononcé par Henri Pradalier, président de la Société Archéologique du Midi de la France lors de la séance publique du 9 juin 1990 (M.S.A.M.F., t. L, p. 191-192) :
« Né à Rabastens-sur-Tarn le 4 janvier 1923, Jean Lautier a consacré toute sa vie à son département d’origine et à l’archéologie. Appelé aux Chantiers de Jeunesse en 1943, menacé d’être envoyé en Allemagne dans le cadre du S.T.O., il rejoint le maquis en 1944. Incorporé à la Libération dans l’armée régulière, il participe au siège de Royan. C’est là qu’il rencontre un autre tarnais, un albigeois, André Jarlan. Ils décident, s’ils survivent, de fonder un club de spéléo-archéologie. Ce qu’ils font en 1947.
C’est par le biais de la spéléologie à laquelle il restera fidèle toute sa vie que Jean Lautier va devenir un archéologue éclairé. Mais, entré dans les P.T.T., nommé à Paris, Marseille, Toulon, le contrôleur, puis l’inspecteur Lautier ne retrouve le Tarn qu’en 1954 avec sa mutation à Albi. Dès lors, il va pouvoir s’adonner à sa passion. La spéléologie le pousse vers l’étude des cavités souterraines artificielles dont il entreprend la recherche systématique. Attiré par la théorie selon laquelle ces cavités sont d’utilisation cultuelle et funéraire, sa pensée évolue et il en vient, dans les années 60, à l’idée qu’elles avaient une fonction utilitaire ou artisanale. Ses recherches aboutirent à la découverte de plus de 300 souterrains et le poussèrent à organiser à Cordes, en 1967, un symposium sur ces questions.
Avec les cavités souterraines et la spéléologie, les mégalithes furent la troisième passion de Jean Lautier. Il fouilla entre autres les dolmens de Castelsec et Lagarde à Murat, celui de Peyroseco à Roussayrolles et se précipitait avec frénésie vers tout menhir et surtout tout menhir sculpté qui lui était signalé. Il en sortira un inventaire fouillé des pierres dressées du département : Les mégalithes du Tarn.
Enfin l’apport de Jean Lautier a été considérable pour la connaissance d’Albi avant le Moyen-Age. Attentif aux travaux réalisés dans la ville, il fouilla d’abord à la va-vite dans les tranchées de canalisation ou les fondations d’immeubles avant que les autorités locales devenues conscientes de sa compétence ne lui accordent des délais plus longs. La récente Histoire d’Albi montre tout ce que nous lui devons Pour la connaissance du site et de la ville antique. Les fouilles du Patus-Crémats en 1981 et de la place Sainte-Claire en 1984 en sont un exemple.
Les découvertes réalisées par Jean Lautier et tous ceux que sa passion avait entraînés dans son sillage méritaient d’être portées à la connaissance du grand public. Avec la collaboration du conservateur du Musée d’Albi, Édouard Julien, il réorganisa la section archéologique du Musée Toulouse-Lautrec et y établit une galerie permanente inaugurée en 1972 par le Ministre des Affaires Culturelles.
Jean Lautier estimait que les recherches étaient vaines si elles n’aboutissaient pas à la publication. Pour cela il favorisa le développement de deux revues : Travaux et recherches, de 1962 à 1979, et, depuis 1984, Archéologie tarnaise. A ces activités Jean Lautier ajoutait diverses responsabilités. Membre correspondant de notre société depuis 1964, il était en outre vice-président de la Fédération des Sociétés Intellectuelles du Tarn et de la Société des Sciences, Arts et Lettres du Tarn, correspondant de la Commission Supérieure des Monuments Historiques, membre de la Commission des objets mobiliers du Tarn, membre du Conseil d’Administration du Musée Toulouse-Lautrec, correspondant pour le Tarn des deux Directions des Antiquités Préhistoriques et Historiques. Il était détenteur de la médaille d’argent de la Jeunesse et des Sports et Officier des Palmes Académiques.
Sa culture, sa compétence, son autorité naturelle, son dynamisme communicatif l’ont fait reconnaître comme le « patron » de l’archéologie tarnaise. Opéré du cœur en 1986, il déclina malgré quelque répit laissé par la maladie jusqu’au 12 février dernier où il décéda. La Société Archéologique du Midi de la France a perdu en lui un préhistorien éclairé. »
Gratien LEBLANC (1904-1993)
Président de la S.A.M.F. (1988-1990)
Éloge prononcé par Henri Pradalier lors de la séance publique du 16 avril 1994, publié dans le Bulletin de l’année académique 1993-1994, dans Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. LIV (1994), p. 176-177.
Lire la notice
[…] C’est […] le 21 décembre dernier qu’il nous a quittés, âgé de 89 ans. Grande figure toulousaine, connu de beaucoup d’entre nous, collègues, anciens élèves ou confrères d’Académies et de Sociétés Savantes, il s’est éteint, au seuil de l’hiver, dans sa maison de la rue Franc où il habitait depuis 1929.
Gratien Leblanc, qui allait devenir un des grands connaisseurs et des acharnés défenseurs de l’histoire et du patrimoine du Midi toulousain, était picard d’origine. En effet, quoique né en 1904 à Castres, du fait de l’affectation de son père dans cette ville, tous ses ancêtres paternels, jusqu’à son père, avaient vécu dans un périmètre restreint aux confins des départements de l’Oise et de la Somme et sa mère était de Saint-Quentin. Sa famille paternelle illustre bien l’évolution d’une famille de la petite et moyenne bourgeoisie, de ces familles qui firent la Révolution Française à la fin du XVIIIe et la révolution industrielle au XIXe siècle. On retrouve en effet un de ses ancêtres administrateur en l’An II du village de Libermont dans l’Oise, et tout au long du XIXe siècle des propriétaires terriens, officiers ministériels, négociants et industriels jusqu’à son père qui, après des études au Lycée d’Amiens puis à Janson de Sailly, fit une carrière d’ingénieur après avoir été élève de l’École Nationale des Ponts et Chaussées et ingénieur des Constructions Civiles. Cet ingénieur entra à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi et fut nommé Inspecteur et Ingénieur de la Voie à Toulouse. Il s’y fixa définitivement et son fils ne devait plus quitter cette ville et être adopté par celle-ci au point que bien peu auraient soupçonné à Gratien Leblanc des origines si lointaines.
Mais le jeune Gratien abandonna la voie de ses ancêtres, celle du commerce et de l’industrie pour devenir professeur. C’est à Toulouse que de 1909 à 1922 il suit le cursus traditionnel des élèves aptes à obtenir le baccalauréat. Étudiant à la Faculté des Lettres de 1922 à 1928, il est attiré par l’histoire, la géographie et l’histoire de l’art. Diplômé d’histoire de l’art, agrégé d’histoire et de géographie, c’est en 1928 qu’il est nommé au lycée de Carcassonne. L’année suivante il épouse une toulousaine, Marie-Louise Sérié dont le père est maire de Tréziers dans l’Aude. Les attaches de Gratien Leblanc avec Toulouse et l’Aude sont désormais scellées et il va se consacrer à l’étude de la région tout en continuant sa carrière de professeur.
En 1936 il est muté au Lycée de Toulouse. De 1939 à 1949 il enseigne comme professeur dans la classe préparatoire à l’institut agronomique. De 1942 à 1949 il est professeur de classe préparatoire aux Écoles nationales d’Agriculture. En 1941 il prépare ses élèves à Saint-Cyr. Il sera un temps, en 1959, chargé de conférences en histoire de l’art à la Faculté des Lettres après la mort de Raymond Rey et en même temps que son ami Victor Allègre, ce qui vient compléter l’enseignement qu’il donne à l’École Régionale d’Architecture et à l’École des Beaux-Arts de Toulouse depuis 1950. Enfin, en 1961, couronnement de sa carrière, il est nommé professeur de première supérieure et de lettres supérieures au Lycée Pierre de Fermat. C’est là que beaucoup ont pu apprécier ses qualités de professeur, sa rigueur d’enseignant et son souci de transmettre cette technique bien française de la dissertation en trois parties qu’il exigeait de ses élèves et appliquait lui-même à chacun de ses cours. Ce parcours dans le service public fut couronné par l’attribution de la rosette d’Officier dans l’Ordre des Palmes Académiques et, en 1970, de la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur.
Mais à côté de ce qui était son métier et le service de l’État, Gratien Leblanc développa une large activité dans le domaine associatif. Membre de nombreuses sociétés savantes régionales ou nationales il consacra la plus large place à son activité au sein des trois grandes associations toulousaines que sont Les Toulousains de Toulouse, dont il fut membre dès 1942, l’Académie des Sciences, dont il fut président de 1978 à 1980, et, bien sûr, notre Société, dont il fut membre correspondant en 1946, membre titulaire en 1949, Directeur de 1959 à 1988, Président de 1988 à 1990, et Président Honoraire depuis 1990, proclamé par acclamation au moment où ses ennuis de santé l’empêchèrent de présider aux séances.
Sa bibliographie est là pour témoigner de sa volonté de faire connaître l’histoire de l’art dans notre région. Ses recherches furent dirigées d’abord vers les abbayes cisterciennes du Midi de la France. Et il entreprit de s’intéresser en priorité à celles qui étaient les moins connues ou les plus ruinées, donc les plus difficiles à étudier, ou bien aux bâtiments secondaires de ces abbayes. C’est ainsi qu’il s’attacha à étudier l’Abbaye-Nouvelle près de Gourdon, les abbayes de Bonnefont, de Berdoues, de Goujon et les granges de Lassalle et de Fontcalvi. Il apporta dans ces travaux des éléments nouveaux et décisifs en particulier dans l’étude de la grange de Fontcalvi qui demeure un des modèles du genre.
Mais ses attaches audoises l’amenèrent à s’intéresser largement au patrimoine audois. La ville de Mirepoix fit de sa part l’objet de trois articles parus dans nos Mémoires, l’un en 1971 sur le labyrinthe de la cathédrale, l’autre sur la maison des consuls en 1973, le dernier sur l’histoire de la cathédrale en 1974. La revue Historiens et Géographes accueillit en 1972 une magistrale étude sur la cathédrale d’Alet qu’il reprit en 1973 à l’occasion du Congrès Archéologique de France tenu dans les Pays de l’Aude. Les vestiges de l’ancienne abbaye d’Alet, l’église Saint-André d’Alet et la bastide de Mirepoix firent l’objet de sa part dans ce même congrès de complètes et solides notices dont il était coutumier. Des études sur les châteaux de Ferrals, Couiza et Lagarde, parues ailleurs, vinrent compléter cette anthologie sur l’art dans le département de l’Aude.
Toulousain, il était normal qu’il s’intéressât au patrimoine de notre cité. Les résumés des visites qu’il faisait pour les Toulousains de Toulouse, les articles publiés dans l’Auta, sont là pour montrer son intérêt pour Toulouse. Mais ce sont deux travaux majeurs qui sont à remarquer tout particulièrement : son livre La vie à Toulouse il y a cinquante ans, édité en 1976 par les éditions Privat, dans lequel il fait revivre par la plume et l’illustration la Toulouse des années vingt, son grand article de 118 pages consacré à l’enceinte du faubourg Saint-Cyprien, publié par notre Société en 1985, et qui aboutit à la protection des quatre tours de ce rempart.
Mais c’est son engagement dans la défense et la protection du patrimoine toulousain qui révèle le caractère de Gratien Leblanc. Dès 1926, à l’âge de 22 ans il s’engage dans le combat pour la défense du Pont Neuf et l’Hôtel-Dieu, signe précurseur d’interventions ultérieures. Parmi celles-ci, citons tout particulièrement la défense des remparts du faubourg Saint-Cyprien et les sollicitations couronnées de succès pour la restauration des façades de l’Hôtel Dumay. A côté de ces réussites il faut bien compter les interventions qui n’aboutirent pas. C’est dans celles-ci que se révèle toute la pugnacité de Gratien Leblanc. Ainsi lors des travaux d’aménagement de l’ancien Hôpital Larrey qui aboutirent au déplorable résultat que nous pouvons constater tous les jours, il allait sur le chantier, à 83 ans, malgré les chefs de chantier, les ouvriers qui le rejetaient parfois brutalement. Il écrivit des lettres aux autorités qui souvent ne reçurent pas de réponses. Il obtint cependant, avec d’autres, que les bâtiments des religieuses de Notre-Dame du Sac soient conservés. En 1987, à l’occasion du creusement de la station de métro du Capitole, il attira l’attention des autorités sur les risques de destruction d’une tour et d’un fragment de l’enceinte romaine du square du Capitole. Enfin il s’engagea dans la défense de Saint-Sernin contre le projet de dérestauration et fit partie de ceux que la défiguration du monument affecta profondément.
Lui ayant succédé à la présidence de notre Société, j’allais le tenir au courant de ce qui se passait dans les séances de la Société Archéologique que sa surdité croissante l’empêchait de suivre. Cela me donnait le plaisir de discuter avec lui au 14 de la Rue Franc, et il racontait alors volontiers des souvenirs ou des anecdotes sur sa carrière ou sur tel ou tel, avec toujours un reflet de malice dans l’œil et un humour qui pouvait être particulièrement caustique. Alors perçait une autre facette du caractère de Gratien Leblanc : la lucidité sans complaisance sur les autres et lui-même. C’est cette image que nous gardons de lui et que rend parfaitement le portrait photographique que conserve de lui la Société Archéologique : un lutteur, un chercheur, au visage éclairé d’un regard perçant sur le monde mais n’excluant jamais la bonhomie. C’est cet homme que nous avons perdu, que Toulouse a perdu. »
Bibliographie de Gratien Leblanc,
établie par Jean Coppolani (mai 1998)
1. Le port de Toulouse, dans Annales de Géographie, t. XXXVIII (1929), p. 509-513 (extrait d’un mémoire de D.E.S. de Géographie resté inédit).
2. Au couvent des Jacobins, dans L’Auta, n° 166 (mars 1946), p. 45-46.
3. Une fresque romane à la cathédrale d’Alet, dans Bulletin de la Société des Professeurs d’Histoire et Géographie (1947).
4. La répartition géographique des abbayes cisterciennes du Sud-Ouest de la France, dans France méridionale et Pays ibériques, Mélanges offerts à Daniel Faucher, Toulouse, T. II, 1949, p. 583-608 (1 carte et 1 photo).
5. Excursion dans l’Ariège et dans l’Aude [Mirepoix, Lagarde, Fanjeaux, Saint-Papoul, Ferrals, Villelongue], dans L’Auta, n° 233 (août 1953), p. 108-112.
6. L’église de l’abbaye de moniales de Goujon (Gers), dans Mélanges de saint Bernard.- Dijon : 1954 ; p. 350-358.
7. La Grange Lasalle, étude historique et archéologique, dans Fédération des Sociétés Académiques et Savantes de Languedoc-Pyrénées-Gascogne, Xe Congrès, Montauban, 1954, p. 121-134 (1 plan, 2 photos).
8. Excursion en Bas-Quercy [Saint-Maffre, Bruniquel, Penne, Vaours], dans L’Auta, n° 250 (novembre 1955), p. 121-125.
9. Un grand livre de M. Maurice Bordes : d’Étigny et l’administration de l’Intendance d’Auch, dans L’Auta, n° 272 (mars 1958), p. 104-109.
10. Petite histoire de l’Art entre Garonne et Pyrénées centrales (extrait du guide Pyrénées centrales), 1958.
11. La grande cistercienne de Fontcalvi (Aude), dans Trentième congrès de la Fédération historique du Languedoc, 1958.
12. Excursion dans le Lauragais et les Corbières [Montferrand, Montmaur, Lagrasse, Fontfroide], dans L’Auta, n° 275 (juin 1958), p. 90-96, et n° 276 (août 1958), p. 104-109.
13. La tour romaine du Lycée Fermat. L’église Saint-Pierre des Cuisines et le grand cloître des Chartreux, dans L’Auta, n° 287 (janvier 1960), p. 12-16.
14. Notre confrère Rozès de Brousse, dans La Dépêche du Midi, novembre 1960.
15. L’Abbaye nouvelle près Gourdon (Lot), dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XXVI (1961), p. 49-75, 5 pl. h.t.
16. Histoire comptable et anecdotique de l’Académie des Jeux Floraux à la fin du XVIIIe siècle, dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-lettres de Toulouse, 14e série, t. III (1962).
17. Compte rendu de M. Bordes, La Réforme municipale du Contrôleur général Laverdy et son application (1764-1771), dans L’Auta, n° 365 (novembre 1969), p. 171-172.
18. Le labyrinthe de la cathédrale de Mirepoix (Ariège), dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XXXVI (1971), p. 55-78, 2 fig., 7 pl. h.t.
19. Verfeil [compte rendu de visite], dans L’Auta, n° 381 (août 1971), p. 146-148.
20. Rapport pour la remise des prix de 1971, dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-lettres de Toulouse, 15e série, t. III (1972), p. 221-229.
21. La « Maison des Consuls » de Mirepoix (Ariège), dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XXXVIII (1973), p. 93-124, 19 fig., 1 tableau h.t.
22. L’ancienne cathédrale d’Alet, dans Congrès archéologique de France. 1973. Pays de l’Aude, p. 254-290, plan, 11 fig.
23. Vestiges conservés de l’ancienne abbaye d’Alet, dans Congrès archéologique de France. 1973. Pays de l’Aude, p. 291—303, plan, 4 fig.
24. La « bastide » de Mirepoix, dans Congrès archéologique de France. 1973. Pays de l’Aude, p. 344-366, 2 fig., 1 pl.
25. L’église Saint-André d’Alet, dans Congrès archéologique de France. 1973. Pays de l’Aude, p. 304-316.
26. Histoire d’une cathédrale : Saint-Maurice de Mirepoix (Ariège), dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XXXIX (1974-75), p. 23-156, 23 fig.
27. L’abbaye cistercienne de Beaulieu [compte rendu de visite], dans L’Auta, n° 398 (août 1975), p. 179-189.
28. Compte rendu de Philippe Zalmen, La vicomté et les vicomtes de Lautrec entre les rois de France, d’Angleterre et les évêques de Cahors (XIIIe-XIVe siècles), dans L’Auta, n° 408 (janvier-février 1976), p. 253-255.
29. La vie quotidienne à Toulouse il y a cinquante ans [conférence], dans L’Auta, n° 419 (mars 1976), p. 82-90 et n° 420 (avril-mai 1976), p. 115-126.
30. Lautrec [compte rendu de visite], dans L’Auta, n° 405 (août 1976), p. 159-164.
31. La cathédrale Saint-Alain de Lavaur [compte rendu de visite], dans L’Auta, n° 406 (novembre 1976), p. 183-189.
32. Excursion dans les vallées de l’Hers vif et de l’Aude supérieure : églises de Vals, Mirepoix, Alet, dans L’Auta, n° 422 (octobre 1976), p. 188-195, n° 423 (novembre 1976), p. 219-228 et n° 424 (janvier 1977), p. 10-13.
33. Compte rendu de M. Bordes (et alii), Histoire de la Gascogne, dans L’Auta, n° 430 (septembre 1977), p. 214-216.
34. La vie à Toulouse il y a cinquante ans.- Toulouse : Privat, 1978 ; 204 p., 16 pl. h.t., 15 fig.
35. Le petit paysan et ses 60 000 pièces d’argent : aux origines du médailler de l’Académie, dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-lettres de Toulouse, 16e série, t. I (1980), p. 21-39.
36. Éloge du professeur Georges Régis (1906-1979), dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-lettres de Toulouse, 16e série, t. I (1980), p. 41-44.
37. Sur quelques contrats de mariage ariégeois du milieu du XVIIIe siècle, dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-lettres de Toulouse, 16e série, t. I (1980), p. 143-149.
38. Allocution pour la réception de M. Louis Leprince-Ringuet, dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-lettres de Toulouse, 16e série, t. I (1980), p. 193-201.
39. Compte rendu de M. Bordes, Histoire d’Auch et du Pays d’Auch, dans L’Auta, n° 460 (octobre 1980), p. 233-235.
40. Le professeur Léon Dutil, académicien, dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-lettres de Toulouse, 16e série, t. II (1981), p. 21-30.
41. Compte rendu de J. Godechot, Regards sur l’époque révolutionnaire, dans L’Auta, n° 464 (février 1981), p. 45-47.
42. Excursion dans la vallée de la Lèze, dans L’Auta, n° 468 (juin 1981, p. 181-182.
43. Toulouse, les remparts de Saint-Cyprien, dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XLV (1983-84), p.19-137, 28 fig. et pl.
44. Éloge de Maître de Gorsse, dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-lettres de Toulouse, 16e série, t. V (1984), p. 31-36.
45. Éloge de Pierre de Gorsse, dans L’Auta, n° 498 (septembre 1984), p. 195-211.
46. Exposition des Toulousains de Toulouse et Amis du Vieux Toulouse, dans L’Auta, n° 499 (octobre 1984), p. 240-243.
47. Sauvegarder les remparts de Saint-Cyprien, dans L’Auta, n° 511 (décembre 1985), p. 291-295.
48. Au sujet des digues de protection contre les crues de la Garonne, dans L’Auta, n° 523 (février 1987), p. 35-37.
49. Compte rendu de M. Durliat, Saint-Sernin de Toulouse, dans L’Auta, n° 525 (avril 1987), p. 121-128.
50. Lettres patentes capétiennes pour la fondation de trois académies toulousaines (1694-1750), dans L’Auta, n° 528 (septembre 1987), p. 195-210.
51. La défense du Vieux Toulouse, dans L’Auta, n° 530 (novembre 1987), p. 259-263.
52. Aménagement de l’ancien hôpital militaire Larrey, dans L’Auta, n° 531 (décembre 1987), p. 291-295.
53. L’Évocation du Vieux Toulouse de Robert Mesuret, dans L’Auta, n° 532 (janvier 1988), p. 25-27.
54. Que veulent donc les Toulousains de Toulouse, dans L’Auta, n° 535 (avril 1988), p. 103-108.
55. Roger Camboulives (1906-1987), dans L’Auta, n° 540 (novembre 1988), p. 259-267.
56. Charles Higounet (1911-1988) [notice nécrologique], dans Revue de Comminges, t. CI (1988), p. 305-306.
57. Éloge de M. Roger Camboulives, dans Mémoires de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-lettres de Toulouse, 16e série, t. IX (1988), p. 69-72.
58. In memoriam : Michel Labrousse (1912-1988), Roger Camboulives (1906-1987), Charles Higounet (1911-1988), dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XLIX (1989), p. 1-5.
59. À la recherche des remparts du faubourg Saint-Cyprien, dans L’Auta, n° 543 (février 1989), p. 44-57.
Gabriel MANIÈRE (1909-2008)
Membre de la S.A.M.F. (1941-2008)
ÉLOGE prononcé par Louis Latour lors de la séance du 7 octobre 2008
Lire la notice
« Notre ami Gabriel Manière s’est éteint à Cazères, au mois de juin, à l’âge de 98 ans.
C’est un chercheur infatigable qui nous a quittés après avoir défriché de très nombreux sites antiques et médiévaux du Volvestre et du Comminges.
Son activité s’est exercée d’abord dans sa ville natale, Cazères, et dans ses annexes Saint-Cizy et Saint-Vincent de Couladère. Aidé de son épouse et d’une solide équipe d’archéologues amateurs, Gabriel Manière a parcouru la région, inventorié et fouillé de nombreux sites, et relevé avec précision les voies antiques qui les reliaient.
L’importante bibliographie que nous avons établie – sans doute encore incomplète – témoigne de cette activité inlassable : soixante-six publications parues essentiellement dans la Revue de Comminges, nos Mémoires, Gallia, Pallas et Ogam-tradition celtique.
Ses fouilles et ses études principales ont concerné surtout les sites d’Aquae Siccae à Saint-Cizy, et de Saint-Vincent de Couladère, à Cazères. Ses découvertes les plus importantes furent sans doute les fonts baptismaux de Cazères et de Salles-sur-Garonne, et le temple antique des carrières souterraines de Belbèze-en-Comminges. Mais, au-delà de ces études majeures, les récits des découvertes fortuites et les descriptions des objets recueillis émaillent depuis un demi-siècle les chroniques de la Revue de Comminges et révèlent l’étendue de la colonisation antique dans le sud de notre département.
Gabriel Manière appartenait à cette génération d’archéologues amateurs qui, dans la continuité des pionniers du XIXe siècle, se dévouaient corps et esprit à la recherche et à la fouille des sites antiques, maniant la pioche et la pelle qu’ils délaissaient ensuite pour l’étude et la recherche livresque, compensant le manque de formation initiale par une insatiable curiosité et un effort intense d’analyse et de synthèse. Il vouait une admiration sans borne à Michel Labrousse qui assumait à lui seul toutes les tâches de la Circonscription dévolues aujourd’hui au Service régional de l’archéologie, le S.R.A. Il évoquait avec nostalgie l’époque des chercheurs passionnés et brocardait parfois les archéologues modernes qui accumulent graphiques, statistiques et rapports de laboratoires…
Gabriel Manière était aussi un humaniste, à tous les sens du terme. Nourri de culture latine, il a passé les derniers mois de sa vie à relire ses auteurs anciens favoris, puis à méditer sur les fins dernières. Humaniste, il l’était aussi en ce sens que « rien de ce qui était humain ne lui était étranger ». L’amitié était pour lui quelque chose d’essentiel ; ses prospections dans le Volvestre et le Comminges avaient multiplié les contacts et les amitiés : à Cazères, bien sûr, mais aussi à Martres, Boussens, Saint-Martory, Lavelanet… et dans de nombreux petits villages. Ses amis s’adressaient souvent à lui pour lui demander articles ou causeries sur l’histoire antique et médiévale de leurs petites communes. Gabriel Manière hochait un peu la tête mais répondait toujours favorablement à ces fréquentes requêtes.
Touché par l’âge et par la maladie, il ne pouvait plus venir à nos séances mais, au cours de nos longues conversations téléphoniques, il me rappelait son amitié pour notre Société et pour ses membres, en particulier les plus anciens, ne manquant aucune occasion de nous redire son amicale fidélité et son soutien à notre travail de mémoire et de recherche. Ses nombreuses publications et les diapositives de ses fouilles de Belbèze qu’il nous a données récemment, nous aideront à conserver vivant le souvenir de cet archéologue infatigable et de cet ami fidèle. »
Louis LATOUR
octobre 2008
Bibliographie de Gabriel Manière
1962
« L’appellation antique du vicus gallo-romain de Saint-Cizy dans la commune de Cazères, “Aquae Siccae” ou “Aquis Siccis” », Revue de Comminges, 75, 4, 1962, p. 161-165.
1963
« La stèle gallo-romaine de « Coerana » à Saint-Martory », Revue de Comminges, 76, 1, 1963, p. 1-3.
« Un médaillon en or de Constance II à Marsoulas », Revue de Comminges, 76, 1, 1963, p. 3-4.
« Découvertes fortuites à Salies-du-Salat », Revue de Comminges, 76, 1, 1963, p.4-6.
« Le menhir de Balesta, commune de Roquefort (H.-G.) », Revue de Comminges , 76, 2 et 3, 1963, p. 25.
1964
« La voie romaine dans la commune de Cazères », Revue de Comminges , 77, 1, 1964, p. 1-6.
1965
« Vestiges mégalithiques en Haute-Garonne. Menhirs en Comminges », Revue de Comminges , 78, 1, 1965, p. 1-5.
« De l’antiquité gallo-romaine au début du XXe siècle, les carrières souterraines de Belbèze-en-Comminges, de Furne et de Balesta, dans le canton de Salies-du-Salat », Revue de Comminges, 78, 2, 1965, p. 57-70
1966
« La nécropole de basse époque du Bantayré, Saint-Cizy, commune de Cazères », Pallas, 13, 1966, p. 175-204.
« La voie romaine dans la commune de Lavelanet-de-Comminges », Revue de Comminges , 79, 4, 1966, p. 194-197.
« Un puits funéraire de la fin du Ier siècle aux Aquae Siccae (Cazères, Haute-Garonne) », Gallia, 24, 1, 1966, p. 101-159.
« Les fonts baptismaux de Cazères et de Salles-sur-Garonne », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XXXII, 1966, p. 65-69.
« De l’antiquité gallo-romaine à nos jours : « La Tuilerie », commune de Roquefort-sur-Garonne », Revue de Comminges , 79, 1, 1966, p. 16-18.
« La voie romaine à Mancioux, cheminements et enseignements », Revue de Comminges, 79, 3, 1966, p. 142-151.
« Vestiges d’un mausolée à Saint-Martory (H.-G.) au bord de la voie romaine de Toulouse à Dax », OGAM-Tradition celtique, 18, 5-6, 1966, p. 463-468.
« Le sanctuaire antique de Pédégas-Haut à Belbèze-en-Comminges », Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, 4e série, 3, 1966-1969, séance du 8 novembre 1966, p. 10-13.
1967
« Un nouveau sanctuaire gallo-romain : le temple de Belbèze-en-Comminges », Celticum, 16, 1967, p. 65-117.
« Le Pont du Diable dans la commune de Saint-Christaud est d’origine romaine », Revue de Comminges, 80, 1, 1967, p. 1-6.
« Découverte de deux nouvelles sculptures gallo-romaines à l’effigie de Gorgone dans le Comminges », OGAM-Tradition celtique, 19, 5-6, 1967, p. 443-447.
1968
« La chapelle de la Planéras-de-Junac, à Belbèze-en-Comminges », Revue de Comminges, 81, 4, 1968, p. 200-201.
« Une sépulture de tradition gauloise à Palaminy, canton de Cazères (H.-G.) », Pallas, 15, 1968, p. 37-55.
1969
« Voies et ponts antiques dans la commune de Saint-Martory (H.-G.) », Gallia, 1969, 27, 2, p. 163-170.
« La voie romaine principale dans la commune de Palaminy et dans le secteur Est de la commune de Martres-Tolosane », Revue de Comminges, 82, 1, 1969, p. 7-10.
1971
« L’autel à la triade gallo-romaine de Salies-du-Salat », Revue de Comminges, 84, 1, 1971, p. 20-27.
« L’enceinte sanctuaire et le menhir de Balesta, commune de Roquefort-sur-Garonne (Haute-Garonne) », Pallas, 18, 1971, p. 109-115.
« Une officine de tuilier gallo-romain du Haut-Empire à Couladère, par Cazères (Haute-Garonne) », Gallia, XXIX, 1971, p. 191-199.
1972
« Le site antique du Bantayre à Saint-Cizy, commune de Cazères. Nécropole et implantation paléo-chrétienne », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XXXVII, 1972, p. 9-50.
1975
« Fours à tuiles gallo-romains de Tritchot, commune du Fousseret (Haute-Garonne ) », Gallia, 33, 2, 1975, p. 207-212.
1976
« Une exploitation agricole gallo-romaine à Palaminy, canton de Cazères (H.-G.) », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XL, 1976, p. 45-86.
« Une sépulture à incinération du IIIe siècle après J.-C. et son environnement aux Aquae Siccae (Saint-Cizy) commune de Cazères », Pallas, 23, 3, 1976, p. 91-102.
1977
« Poids gallo-romains en terre cuite de la station des Aquae Siccae (Saint-Cizy, commune de Cazères, Haute-Garonne) », Pallas, 24, 3, 1977, p. 113-118.
« La voie romaine dans les communes de Saint-Elix-le-Château et de Laffite- Vigordane », Revue de Comminges, 90, 2, 1977, p. 149-158.
« Un établissement des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, La Salvetat de Serres commune de Lavelanet-de-Comminges (Haute-Garonne) », Archéologie médiévale, 7, 1977, p. 179-227.
1978
« Les fours de potiers gaulois de Saint-Cizy et leur production aux Aquae Siccae, commune de Cazères », Gallia, 36, 1, 1978, p. 21-41.
1980
« La station gallo-romaine des Aquae Siccae à Saint-Cizy (Haute-Garonne) », Gallia, 38, 1980, p. 137-168.
1981
« Sur quelques points mal connus de l’église de Cazères », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XLIV, 1981-1982, p. 41-59.
« Une tuilerie-briqueterie médiévale au Fousseret (Haute-Garonne) », Archéologie médiévale, XI, 1981, p. 255-268.
« Les fouilles du site antique et médiéval de Saint-Vincent de Couladère, commune de Cazères (H.-G.) », Revue de Comminges, 94, 3, 1981, p. 517-532.
« Les fouilles du site antique et médiéval de Saint-Vincent de Couladère, commune de Cazères (H.-G.) (suite) », Revue de Comminges, 94, 4, 1981, p. 693-706,
1982
« Les fouilles du site antique et médiéval de Saint-Vincent de Couladère, commune de Cazères (H.-G.) (suite) », Revue de Comminges, 95, 1, 1982, p. 13-30.
« Les fouilles du site antique et médiéval de Saint-Vincent de Couladère, commune de Cazères (H.-G.) (suite) », Revue de Comminges, 95, 2, 1982, p. 201-209.
« Les fouilles du site antique et médiéval de Saint-Vincent de Couladère, commune de Cazères (H.-G.) (suite) », Revue de Comminges, 95, 3, 1982, p. 335-342.
« Les fouilles du site antique et médiéval de Saint-Vincent de Couladère, commune de Cazères (H.-G.) (suite) », Revue de Comminges, 95, 4, 1982, p. 527-538.
1986
« Le moulin d’Averanède à Carbonne et Marquefave (Haute-Garonne) », Mélanges offerts à M. Michel Labrousse, Pallas, hors-série, 1986, p. 457-481.
1987
Plagne et les tribulations de sa vie religieuse (1795-1900), s.l., 1987, 30 p. + 6 documents.
« Le sanctuaire historique de Notre-Dame de l’Aouach, dans le cadre de le commune du Fauga », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XLVII, 1987, p. 149-184.
1988
« Au sujet du site historique du Pentens à Martres-Tolosane », Revue de Comminges, 101, 1, 1988, p. 75-78.
1990
Palaminy et son histoire, Révolution – Premier Empire – Restauration (1791-1829), s.l., 1990, 49 p.
1991
Saint-Elix-le-Château, notes historiques des origines à l’orée u XXe siècle, s.l. n.d. [1991], 126 p.
1992
« La Garonne et le Salat au XIXe siècle. Les dernières activités fluviales en amont de Toulouse »,Revue de Comminges, 107, 1992, p. 101-112.
1994
« Chronique régionale. Une nouvelle découverte archéologique à Laffite-Vigordane », Revue de Comminges, 109, 1, 1994, p. 88.
« Chronique régionale. C’est trop ! En voilà assez ! Nos sites archéologiques en pillage », Revue de Comminges, 109, 1, 1994, p. 137-138.
1995
De la vie de la Garonne au XIXe siècle en amont de Toulouse : le rôle économique régional de Boussens, Roquefort et de Martres-Tolosane, la situation de Cazères, Saint-Gaudens, 1995, 189 p.
1996
« Au sujet de la vie antique dans le secteur de Carbonne », Histoire et traditions carbonnaises, 1996, p. 7-9.
« Trois nouvelles sculptures funéraires gallo-romaines de la statuaire de Saint-Béat, le Comminges antique », Revue de Comminges, 111, 3, 1996, p. 341-450.
« Archéologie des Petites Pyrénées : Ausseing, Roquefort, Belbèze, Cassagne. Le temple gallo-romain de Belbèze-Pédégas », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. LXI, 2001, p. 35-38.
1997
« Au sujet de saint Cizy, saint commingeois », Revue de Comminges, 112, 2, 1997, p. 171-197.
2000
Cazères et Couladère. Le site historique et paroissial de Saint-Vincent, Cazères et Couladère, 2000, 37 p.
« Sondages archéologiques dans la villa de Chiragan, à Martres-Tolosane », Revue de Comminges, 116, 2, 2000.
2001
« Voie romaine et contexte antique dans le cadre de l’ancien diocèse de Rieux », Revue de Comminges, 117, 3, 2001, p. 331-344.
De la vénération historique à Saint-Jacques le Majeur dans le Volvestre :Le Plan et sa confrérie historique de Monsieur Saint Jacques. Les stations hospitalières de Cazères et de Palaminy. Pèlerinage et hagiographie. Des miracles de Notre-Dame de Cazères au XVIIIe siècle, Cazères, 2001, 44 p.
2002
« Chroniques. A Palaminy : trois pesons de filets trouvés dans la Garonne », Revue de Comminges, 118, 2, 2002, p. 276.
2003
« Tuiles gallo-romaines des fouilles de Cazères-Saint-Cizy », Revue de Comminges, 119, 4, 2003, p. 623.
« À Lavelanet-de-Comminges, le site de la Salvetat de Serres », Revue de Comminges, 120, 3, 2003, p. 462-464.
2004
Saint-Pé-d’Ardet, un haut lieu de l’histoire commingeoise et des Frontignes. Les vestiges funéraires gallo-romains et son site historique paroissial, Saint-Pé-d’Ardet, 2004, 34 p.
2006
« L’église Sainte-Matrone à Mazères-sur-Salat », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. LXVI, 2006, Bulletin de l’année académique 2005-2006, p. 224.
Henri MÉNARD (1919-1989)
Membre de la S.A.M.F. (1983-1989)
Éloge prononcé par Henri Pradalier, président de la Société Archéologique du Midi de la France lors de la séance publique du 9 juin 1990 (M.S.A.M.F., t. L, p. 191) :
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« Rappeler la vie du général Henri Ménard, c’est évoquer une double carrière ou plus exactement deux carrières successives : celle du soldat, celle de l’historien de l’art.
Henri Ménard est né le 28 mai 1919 à Niort. D’abord instituteur, il est vite attiré par la carrière militaire et, à 18 ans, s’engage dans le 26e régiment d’infanterie de Nancy. Il participe à la courte guerre de 39-40 qu’il termine à Périgueux dans l’armée d’armistice. Il réussit alors le concours de Saint-Maixent et devient sous-lieutenant en 1942. Engagé en janvier 1943 dans la Résistance, il est arrêté par la Gestapo en octobre de la même année. Interné à Compiègne, il est déporté à Buchenwald puis à Mauthausen où il devient le matricule 53 917. Déplacé de Mauthausen à Steyr, puis à Gusen et Linz, il est libéré le 5 mai 1945.
Dès le mois d’octobre, il reprend du service, combat en Indochine de 1951 à 1954, entre à l’École Supérieure de Guerre de 1955 à 1957, puis est affecté en Algérie à partir de 1958. Rentré en France, il franchit les grades : colonel en 1965, général de brigade en 1972, général de division en 1975. Il est enfin nommé directeur de l’École d’État-major de 1972 à 1976. En 1972, il a été fait commandeur de la Légion d’Honneur.
Cette brillante carrière de soldat, peu d’entre nous la connaissaient à la Société Archéologique du Midi de la France, tant le général Ménard avait su devenir à nos yeux un authentique archéologue et historien de l’art. Reçu membre correspondant en 1983, nous l’avions élu membre titulaire dès l’année suivante, tant ses qualités étaient évidentes.
Ce Poitevin avait décidé de prendre sa retraite à Montesquieu-Volvestre pour entreprendre sa carrière de chercheur. Ses premières recherches dirigées par M. Labrousse lui permirent de découvrir les culées d’un pont romain à Goutevernisse, puis la chapelle romane de l’Augnac à Montesquieu. Les succès obtenus le poussèrent à se lancer avec passion dans la découverte du Volvestre et il porta à notre connaissance le résultat de ses recherches.
Sa bibliographie, élaborée en quelques années seulement, est impressionnante. Des brochures d’histoire locale (Salles-sur-Garonne, Latrape, Saint-Christaud, Peyssies, Lapeyrère, Lacaugne, Montaut, Mailholas et le prieuré de Saint-Pierre de Birac) y voisinent avec des ouvrages substantiels de caractère plus général tels que l’Histoire de Montesquieu- Volvestre, couronnée en 1977 par notre Société, Les églises perdues de l’ancien diocèse de Rieux, l’Histoire de Carbonne et Les cloches du Volvestre son dernier ouvrage, paru en 1988. A ces publications s’ajoutent vingt-sept articles d’histoire locale dans la Revue de Comminges. Cela fait une moyenne de deux publications par an dont certaines font référence aujourd’hui. Notre Société bénéficia de ses interventions et de ses communications et plusieurs de ses découvertes nous furent présentées au cours de séances toujours instructives. Ajoutons enfin que le général Ménard fut l’inventeur de la crypte de l’église Saint-Victor de Montesquieu-Volvestre dont le dégagement fut un travail considérable en même temps qu’un apport inestimable à l’architecture religieuse du Volvestre.
Pour tous les historiens du Comminges, la disparition du général Ménard est une perte irremplaçable. Son dynamisme, son énergie transparaissent dans ses publications au style clair, précis, direct. Pour nous tous, cet homme d’action que la maladie ne réussit jamais à entamer restera un modèle de compétence, de sérénité et de force. »
Jacques OURGAUD (1796-1868)
ÉLOGE DE M. LE DOCTEUR OURGAUD, par . DE CROZANT-BRIDIER
Extrait des Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. X, 1872 -1873, p. 119-120.
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MESSIEURS,
Dans une de vos précédentes séances, vous avez bien voulu me charger de faire l’éloge de notre cher et regretté confrère, M. le docteur Ourgaud, membre correspondant de notre Société, en résidence à Pamiers. J’ai accepté cet honneur, dont l’accomplissement est également pour moi un pieux devoir ; et si déjà je ne me suis acquitté de cette douloureuse mission, c’est que moi aussi, Messieurs, j’avais été frappé, à la même époque, dans mes affections les plus chères.
Aujourd’hui que le temps et la religion ont versé leur baume consolateur sur ma plaie, je viens essayer de vous rappeler rapidement les mâles vertus chrétiennes, les travaux poétiques, historiques et archéologiques de celui à qui appartient l’honneur d’avoir le premier doté notre compagnie d’un prix qui désormais s’appellera le prix Ourgaud.
Doué d’une intelligence rare, le docteur Ourgaud fit pressentir de bonne heure ce qu’il serait un jour. Le spectacle des souffrances humaines fit sur cette nature délicate et bonne une impression profonde. Ce fut pour y apporter sa part de soulagement qu’il embrassa la médecine. Parmi ses clients, les plus déshérités des biens de la fortune avaient toujours le privilège de mériter ses préférences.
Les pauvres de Pamiers se souviendront longtemps de celui qui fut avant tout leur ami. Les soins qu’il leur prodiguait avaient quelque chose qui tenait plutôt de la tendresse d’un père que de la raideur d’un devoir consciencieusement accompli.
Les rares moments de liberté que ses chers malades lui laissaient il les consacrait à l’étude. Son premier travail fut un poëme en vers patois qui parut, en 1857, sous ce titre : l’Esprit del tens. Mais où nous trouvons le sérieux et infatigable travailleur, c’est dans sa Notice historique sur la ville et le pays de Pamiers. J’ai lu avec attention cet ouvrage remarquable, et j’ai été frappé des recherches qu’il a dû coûter à son auteur. L’histoire de Pamiers depuis les temps les plus anciens s’y retrouve tout entière, et, pour être plus complet, notre savant confrère n’a pas cru pouvoir se dispenser d’y joindre l’histoire des comtes de Foix et de Toulouse.
A diverses reprises, j’ai été admis dans son sanctuaire de travail ; là, j’ai vu des quantités considérables de vieux parchemins presque illisibles, qu’il déchiffrait péniblement et plus souvent avec le secours de la chimie. Il les classait afin de s’en servir plus tard pour son histoire des évêques de Pamiers, à laquelle il travaillait depuis longtemps et que la mort l’a seule empêché de terminer.
C’était avec bonheur que M. Ourgaud montrait le résultat de ses recherches, ainsi que les divers objets archéologiques recueillis dans la contrée.
La dernière fois que j’ai visité M. Ourgaud, il était souffrant. Espérant cependant guérir, lui qui en avait guéri tant d’autres, il me disait :
« ne manquez pas, cher patron, de dire à mes honorés confrères de Toulouse qu’aussitôt ma santé rétablie, mon premier soin sera d’aller les remercier de ce qu’ils ont bien voulu m’admettre parmi eux, et puisque vous m’apprenez qu’on institue un prix qui portera mon nom, je veux en créer un second, sous un patronage plus autorisé que le mien. » Il voulait parler du fondateur de notre Société.
Hélas ! Messieurs, ce furent les dernières paroles que je recueillis de ses lèvres. Elles ont pour moi la solennité d’un testament. En effet, à quelques jours de là, il avait cessé de vivre.
Le docteur Ourgaud était un savant des plus modestes. Il ne briguait pas les honneurs, et cependant les distinctions venaient l’atteindre dans sa retraite. Tour à tour maire de Pamiers, membre du Conseil d’arrondissement et du Conseil général de l’Ariège, chevalier de la Légion d’honneur, inspecteur des thermes d’Ussat, fondateur de la caisse d’épargnes à Pamiers, bienfaiteur de l’hospice et des Sociétés de secours de cette ville, il laisse un grand vide parmi les siens.
Je regrette, Messieurs, que sa santé, altérée par les veilles et le travail, ne lui ait pas permis de terminer son histoire des évêques de Pamiers. Il se proposait de nous en faire hommage. Cet ouvrage vous eût permis d’apprécier l’homme d’étude comme sa libéralité nous met à même d’apprécier l’érudit qui sait encourager la science.
Paul OURLIAC (1911-1998)
Membre de la S.A.M.F. (1941-1998)
La bibliographie des travaux de Paul Ourliac établie pour le recueil d’articles Études d’histoire du droit médiéval paru en 1979 (Paris : Picard, 636 p.) a été complétée par le livre d’hommage : Paul Ourliac, historien du droit, paru en sa mémoire en 1999 (Toulouse : Presses de l’Université des sciences sociales, 103 p.).
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Élu membre correspondant de notre Société quelques mois à peine après son arrivée à la Faculté de Droit de Toulouse en qualité d’agrégé (1941), membre titulaire en 1943, devenu membre libre en 1992, Paul Ourliac n’assistait plus depuis longtemps à nos séances. L’infirmité contre laquelle il a lutté avec courage durant toute sa vie l’empêchait de monter les deux étages du terrible escalier de l’hôtel d’Assézat. Mais, s’il ne prenait plus une part active à nos travaux, les fonctions qu’il occupa longtemps à la Mairie de Toulouse comme conseiller municipal, comme adjoint à la Culture, puis comme premier adjoint de Pierre Baudis, l’amenèrent à agir dans un domaine qui ne nous est pas indifférent. Il veilla notamment à l’enrichissement des musées municipaux par une politique d’achats ou d’échanges et on se souviendra qu’il eut à régler le difficile problème posé par la restitution de la statue funéraire du cardinal Pierre de la Jugie, prêtée par le musée des Augustins le temps de l’exposition organisée à Narbonne lors du septième centenaire de la cathédrale Saint-Just en 1972 et jamais revenue à Toulouse. L’accord du 19 août 1976, dont il fut le principal artisan du côté toulousain, mit fin avec élégance au conflit qui venait d’opposer pendant plusieurs années les deux municipalités : les « gisants » narbonnais, entrés au musée des Augustins au XIXe siècle, furent mis en dépôt à Narbonne ; la ville de Narbonne s’engagea à mettre en dépôt à Toulouse deux toiles du peintre Rivalz détenues dans ses musées. C’est d’ailleurs au titre de délégué aux Archives, Bibliothèques et Musées qu’il reçut les membres de la Société lors de leur visite au musée Paul-Dupuy le 22 novembre 1966.
Dans les premiers temps de son sociétariat, Paul Ourliac a présenté un certain nombre de communications. La première, Louis XI et le cardinal Bessario du 1er décembre 1942, a été publiée dans notre Bulletin (p. 33-52). Il y mettait en œuvre les matériaux recueillis au cours des recherches qu’il avait menées aux Archives du Vatican lors de son séjour à l’École française de Rome en 1936-1938. C’est là, avec le mémoire publié dans les Mélanges d’archéologie et d’histoire de 1938, l’un des jalons d’une démarche qui devait aboutir à la publication, en collaboration avec un autre de nos confrères, le chanoine Étienne Delaruelle, du tome XIV de la grande histoire de l’Église de Fliche et Martin, consacré à L’Église au temps du Grand Schisme et de la crise conciliaire paru en 1963, et aux prolégomènes du tome XIII de l’Histoire du droit et des institutions de l’Église d’Occident, paru en 1971, où il devait décrire ces institutions pour le XVe siècle. Il n’a pas achevé ce volume, mais il en a dispersé la substance dans nombre d’articles qu’il serait trop long d’énumérer ici.
Le 1er février 1944, la communication qu’il consacre au Droit des personnes à Avignon aux XIVe et XVe siècles (publiée dans les Annales du Midi) est fondée sur sa thèse de l’École des Chartes, pour laquelle il avait obtenu le prix Auguste Molinier en 1936, et sur sa thèse de doctorat en droit : Droit romain et pratique méridionale : Étienne Bertrand, soutenue en 1937 devant la Faculté de Droit de Paris. Le 26 mars 1944, il prononçait la conférence de notre séance publique annuelle sur Le Diable au Moyen-Âge, restée inédite, mais où, au dire du rapport moral de l’année académique 1943-1944 présenté par M. Damien Garrigues, il montrait « l’évolution de l’idée et de la représentation du Diable non seulement sur les monuments du Moyen-Âge mais encore dans les écrits de Jean Wier, démonologue du XVIe siècle, et jusque dans les évocations de l’Enfer de Dante, du Mephistopheles de Goethe et du Faust de Delacroix ». En 1951, nouvelle communication sur le servage dans la région toulousaine, qui deviendra l’Hommage servile dans la région toulousaine des Mélanges d’histoire du Moyen-Âge dédiés à Louis Halphen et qu’il développera plus tard dans les Mélanges offerts à Edmond Perroy en 1973 sous le titre Le servage à Toulouse aux XIIe et XIIIe siècles. Enfin, sa dernière communication, en 1953, analyse un manuscrit enluminé du Décret de Gratien, conservé alors au château de Merville, et paraîtra dans les Studia Gratiana (t. I, p. 305-321).
L’œuvre scientifique de Paul Ourliac est considérable et touche à bien des domaines : histoire du droit privé et du droit public, histoire de l’Église et du droit canonique, histoire des idées politiques ; elle déborde même le domaine historique et englobe le droit rural moderne, Paul Ourliac ayant été l’un des premiers commentateurs, et des plus autorisés, du statut du fermage édicté par la loi du 13 avril 1946, à propos de l’application duquel il a donné des dizaines de notes dans les revues de jurisprudence. On retiendra ici surtout ses travaux sur les coutumes méridionales commencées en 1950 avec une Note sur les coutumes successorales de l’Agenais et poursuivies tout au long de sa carrière, marqués par deux volumes de publication sur les Coutumes de l’Agenais (1976 et 1981) et l’édition des Fors anciens de Béarn (1990) et par plus d’une vingtaine d’articles mettant en lumière les dispositions de ces coutumes. Les archéologues pourront y trouver d’utiles renseignements. Pour n’en citer qu’un exemple, l’article Une statue de Justinien en Rouergue vers 1140 (Revue historique de droit français et étranger, t. 66, 1988, p. 329-335) montre que l’identification de l’une des statues de l’hôtel de ville de Saint-Antonin avec le personnage de l’empereur Justinien permet de préciser la chronologie de la pénétration du droit romain savant dans le midi de la France au XIIe siècle. Et l’édition du Cartulaire de l’abbaye bénédictine de Lézat (1984-1987) a permis notamment à notre regretté confrère, le général Henri Ménard, de compléter considérablement ses recherches sur les églises disparues du diocèse de Rieux.
En terminant ce bref exposé sur l’oeuvre de Paul Ourliac on ne saurait passer sous silence l’action menée dans bien d’autres domaines par ce grand professeur, cet habile administrateur, ce consultant écouté qu’il fut tout au long d’une exemplaire carrière.
Henri GILLES
février 1999
Raymond REY (1890-1958)
Président de la S.A.M.F. (1953-1958)
ÉLOGE FUNÈBRE de Raymond REY, Président de la Société, par M. Michel LABROUSSE, extrait du Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, 4e série, t. II, 1954-1966, p. 38-41.
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« Madame,
C’est pour moi un pénible devoir de venir aujourd’hui, en ce cimetière de Duravel, rendre, au nom de la Société archéologique du Midi de la France, un dernier hommage à celui qui, jusqu’au bout, a voulu rester et est resté notre Président.
Entre Raymond Rey et la Société Achéologique du Midi, les affinités étaient anciennes. Jeune professeur, il avait, par vocation, orienté son goût de la recherche vers l’archéologie du Moyen-Age et plus spécifiquement vers l’art des provinces du Midi. Ses études, maintenant classiques, sur la cathédrale de Cahors, sur les églises fortifiées du Midi, plus tard les recherches qu’il mena, en collaboration avec le chanoine Auriol, sur la basilique Saint-Sernin de Toulouse, faisaient de lui, pour notre Société, une recrue d’élite. Il y fut en 1924 et, depuis plus d’un tiers de siècle, il n’a jamais cessé de s’intéresser à ses travaux, avant même de les diriger.
Chaque quinzaine, le mardi, quel que fut le sujet traité, pour peu qu’il intéressât l’art et le Midi, il savait, de quelques mots, situer dans une large perspective historique et artistique, l’apport, si minime fut-il, du conférencier. Rien ne lui était étranger ; ni ces architectures de l’époque pré-romane et de l’époque romane auxquelles il a probablement donné le meilleur de lui-même, ni l’art de la fresque, ni celui des miniatures sur manuscrit. Sa parole faisait autorité et plus encore quand, de lui-même, il nous présentait le fruit de ses études, vite appelé à devenir un article ou le chapitre d’un livre. A la Société archéologique, il a toujours voulu donner la primeur d’un savoir acquis de longue date et progressivement enrichi.
Grâce à lui, nos étudiants de la Faculté des Lettres ont trouvé audience, auprès de notre Société, en un milieu savant. Pour nos concours, pour nos prix annuels, plus riches, hélas, du prestige qu’ils confèrent que de satisfactions pécuniaires, il les soutenait, il savait mettre en valeur leur travail et corriger, de son expérience, bien des défauts de jeunesse. Grâce à lui leurs premiers travaux pouvaient paraître dans nos Mémoires et il n’est que de rappeler les œuvres corrigées par ses soins qui sont venues enrichir une collection d’oeuvres méritantes, qu’il s’agisse d’une étude sur les chapiteaux de Conques, des sarcophages paléochrétiens de la province Narbonnaise ou encore de l’œuvre accomplie à Toulouse par Viollet-le-Duc. Par cette promotion de la jeunesse, Raymond Rey entendait assurer la relève des disciplines archéologiques, pourtant quelque peu malmenées dans l’élan scientifique de ce siècle. Par là, il croyait rendre à notre société le meilleur des services et, de fait, il le lui a rendu.
Il y a quelques années, à la mort du regretté professeur Calmette, Raymond Rey accéda à la présidence de notre Société. Un universitaire succédait à un autre universitaire. A nos séances, à nos débats, il sut, d’emblée, imprimer son style personnel, des règles et des formes un peu académiques furent par lui tempérées d’une bonhomie souriante et d’une simplicité du meilleur aloi. Déjà bien rajeunie, faisant large place à tous, la Société archéologique du Midi devint, sous son aimable férule, une très grande amitié.
Cette Société, Raymond Rey ne l’a voulait point étroite, ni en ses membres, ni en son objet. Elle siégeait à Toulouse, mais, pour lui, elle devait rayonner sur tout le Midi. Originaire de ce pays de Duravel, passant ses vacances à Soulac, professeur à Toulouse, Raymond Rey était partout chez lui et il voulait que la Société Archéologique le fut aussi. Les frontières des départements lui étaient aussi inconnues qu’elles l’avaient été au Moyen-Age des maîtres d’œuvres et des imagiers de l’art roman. N’est-ce point comme un symbole que l’un de ses derniers vœux ait été de venir reposer en ce coin de Quercy, à deux pas de l’Agenais, à deux pas du Périgord ?
Cette Société ‘archéologique du Midi qu’il souhaitait quasi universelle, Raymond Rey l’a aimée jusqu’au dernier jour. Mardi dernier, il vous demandait, Madame, de m’écrire pour que sa maladie n’interrompit point le cours de nos travaux. Le même soir quand, alarmé, j’allais au nom de tous, vous porter des vœux que l’évènement devait, hélas, démentir, il voulut, malgré les prescriptions médicales, que j’aille jusqu’à son lit de malade lui dire ce qu’avait été notre séance, la première à laquelle depuis longtemps il n’avait pas assisté. Sa pensée, plus alerte et plus aiguë que jamais, voulait tout s’avoir, tout connaître de ce qui s’était passé. Un instant il oubliait le médecin, la maladie, l’infirmière qui attendait pour une piqûre, il était tout à sa grande famille archéologique.
Je ne devais plus revoir Raymond Rey, mais ce que je n’oublierai jamais, c’est cette manifestation suprême de dévouement à une œuvre. Il est mort, j’en suis sûr, en pensant d’abord aux siens, mais aussi à tous ceux qu’il avait guidés ou accompagnés sur la voie d’une science austère, mais vraie.
Madame,
Ces quelques paroles que j’avais le devoir de dire au nom de notre Société sur la tombe de celui qui m’y accueillit voici tantôt treize ans, ne sauraient ni apaiser, ni amoindrir votre immense douleur. Qu’elles soient seulement pour vous le témoignage d’une affectueuse sympathie et l’assurance que le souvenir de Raymond Rey restera vivant pour tous ceux qui l’ont connu, qu’ils aient été ses collègues, ses confrères, ses étudiants ou ses amis. »
Bibliographie partielle
REY (Raymond), L’Art gothique du Midi de la France, Paris : H. Laurens, 1934, 352 p.
REY (Raymond). Cathédrale Saint-Etienne de Cahors, dans Congrès archéologique. Ce session, Figeac, Cahors et Rodez, 1937.- Paris : Picard, 1938 ; p. 216-264.
REY (Raymond), L’ancienne chapelle du Carmel de Toulouse (XVIIe-XVIIIe siècles), dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XIX (1939), p. 146-173.
REY (Raymond), L’Art roman et ses origines, archéologie pré-romane et romane, Toulouse, E. Privat, Paris, H. Didier, 1945, In-8°, 511 p.
REY (Raymond). Un grand bâtisseur au temps du roi Dagobert : S. Didier, évêque de Cahors,dans Annales du Midi, t. LXV (1953), p. 287-294.
REY (Raymond), Les cloîtres historiés du Midi dans l’art roman (étude iconographique), dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. XXIII (1955), p. 7-174 ; 175 p.
Jean ROCACHER (1928-2008)
Membre de la S.A.M.F. (1983-2008)
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ÉLOGE
prononcé par Henri Pradalier lors de la séance du 21 octobre 2008
« L’été 2008 a été marqué en Méditerranée par la mort de plusieurs baigneurs, événement rare. Nous avons le regret de compter parmi ces victimes notre confrère Mgr Jean Rocacher, mort accidentellement à Sète alors qu’il se baignait avec des amis sur les conseils de son médecin qui lui avait recommandé, après une alerte cardiaque, d’avoir une activité physique plus soutenue. Poussé par la houle sur des rochers, il est mort à 80 ans, un âge qu’il était loin de porter.
Né en 1928 à Tulle, Jean Rocacher fit sa scolarité au Petit Séminaire Toulouse. Entré au Grand Séminaire de la rue des Teinturiers, il fut ordonné prêtre, à la cathédrale Saint-Étienne le 29 juin 1953. Envoyé par le Cardinal Saliège à Strasbourg parfaire ses études de droit canonique et de théologie, il en revint diplômé de théologie.
Pendant sa vie, il sut combiner sa vie de prêtre avec celle d’un d’intellectuel averti. C’est ainsi qu’il assuma l’aumônerie du Lycée Raymond Naves à Croix Daurade, la tâche de responsable éducatif à l’École Saint-Joseph et le vicariat de plusieurs paroisses.
Dans notre société, c’est en tant qu’historien de l’art que nous l’avons connu, fréquenté et apprécié. Il avait en effet entrepris des études d’histoire de l’art à partir de 1967 en suivant le séminaire de Marcel Durliat où beaucoup d’entre nous l’ont rencontré. Il faisait partie de la trilogie des trois abbés qui venaient régulièrement à ce séminaire : les abbés Cabanot, Carail et Rocacher.
Sa passion pour l’histoire de l’art puis pour la défense du patrimoine, bien réelle, déboucha sur la rédaction d’une thèse consacrée aux sanctuaires de Rocamadour qui fait encore aujourd’hui autorité, puis sur une considérable quantité de publications dont certaines consacrées à Rocamadour. Je pense en particulier à l’ouvrage sur Les restaurations des sanctuaires de Rocamadour à l’époque de Louis-Philippe et de Napoléon III et à Rocamadour et son pèlerinage. Étude historique et archéologique. Dans la liste des ouvrages qu’il a écrits on retiendra un livre sur Saint-Bertrand de Comminges. Saint-Just de Valcabrère et l’ouvrage co-rédigé avec Maurice Prin sur Le Château Narbonnais. Le Parlement et le Palais de Justice de Toulouse.
On ajoutera à cette liste les 10 plaquettes de la collection Découvrir Toulouse, aujourd’hui épuisées, qui décrivent les différents quartiers de la ville en y inventoriant les principaux monuments, sorte de reprise du Chalande Les Rues de Toulouse, mise à la portée de tous dans une édition allégée et pratique à manier.
Outre deux ouvrages consacrés l’un à La basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse, ancienne cathédrale de Carcassonne, l’autre aux Jacobins de Toulouse sous le titre Les Jacobins et les maisons dominicaines de Toulouse, on signalera deux titres sur Saint-Sernin.
Cet édifice, dans lequel il exerça la charge vicaire pendant un an, fut d’ailleurs au cœur de ses préoccupations lors du projet de dérestauration entrepris dans les années 90 du XXe siècle. Il fut le fer de lance de l’opposition farouche à un projet qu’il réprouvait au nom de la conservation des formes données au monument par les restaurateurs du XIXe siècle, craignant, à juste titre, qu’un prétendu retour à l’aspect antérieur aux restaurations, n’aboutissse à la création d’un Saint-Sernin nouveau qui n’avait jamais existé. Ce qui advint, consacrant une défaite dont il gardait un souvenir d’autant plus amer que toutes ses craintes avaient été justifiées.
Sa passion pour la défense du patrimoine s’exerça dans un autre domaine : la commission d’art sacré. Il eut à ce titre la double tâche de repérer les trésors de toute sorte que recelaient les églises du diocèse de Toulouse et de sensibiliser le clergé de la Haute-Garonne à la qualité, l’importance et surtout la protection de celles-ci. Ce souci le poussa à créer une association, l’AREC, qui eut pour but de publier, canton par canton, un inventaire des églises. Plusieurs livres, dont deux de sa plume, ont été publiés dans ce cadre et l’impulsion qu’il donna à cette entreprise se poursuit aujourd’hui à travers l’activité éditrice de cette association.
À ces nombreuses activités s’ajouta un enseignement des plus apprécié, pendant 20 ans, à l’Institut Catholique où il professa non seulement l’histoire de l’Art mais aussi l’Art sacré. Ses cours étaient illustrés par des voyages qu’il organisait et dirigeait, voyages qui regroupèrent autour de lui de fervents adeptes auxquels il fit découvrir à la lumière de sa science l’importance et la grandeur du patrimoine médiéval de toutes les rives de la Méditerranée.
Il était normal, dans ces conditions, qu’il participât à l’action scientifique menée par diverses associations toulousaines. C’est ainsi qu’il entra en 1983 à la Société archéologique du Midi de la France où il fut élu membre titulaire dès l’année suivante. Il en suivait régulièrement les séances jusqu’à 19h00, moment où il se retirait, tenu par une règle de vie stricte qui l’amenait à rentrer chez lui, Rue Sainte-Anne, pour le repas du soir, suivi d’un prompt coucher car c’était un « lève-tôt ». Il était aussi membre de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles Lettres et vice-président des Toulousains de Toulouse dont il était un membre assidu et l’auteur apprécié de nombreux articles dans les colonnes de L’Auta.
Sa double carrière d’ecclésiastique et de lettré lui valut d’être nominé Prélat d’Honneur de sa Sainteté avec le titre de Monseigneur dont il ne tira jamais quelque gloire que ce soit, ne changeant en rien son comportement vis-à-vis de ceux qui le côtoyaient.
Il laisse derrière lui le souvenir d’un prêtre et d’un savant calme et discret qui ne s’éloigna jamais d’une activité intellectuelle soutenue et d’une action efficace sur le terrain. Je sais que pour tous ceux qui sont ici c’est un confrère qu’ils perdent et pour quelques-uns, un véritable ami. »
Henri PRADALIER
octobre 2008
Jules SOULAGES (17..-1857)
Membre fondateur de la S.A.M.F. (1831-1857)
Lire la notice
Notice de Louis Peyrusse, dans Philippe Wolff (dir.), Les Toulousains dans l’Histoire, Privat, Toulouse, 1984, p. 427.
SOULAGES (Jules) (Toulouse, ? — Toulouse, 1857).
Avec Latour, Du Mège, Barry, il fut un des émules du Cousin Pons : avocat, il ramassa au cours de voyages systématiques en Italie entre 1830 et 1840, des séries, alors peu prisées, d’objets décoratifs et de majoliques de la Renaissance, abordant tous les domaines : émaux, verres, bronzes, sculptures, vitraux, tissus, meubles. Il acheta aussi, à Toulouse et dans sa région, en particulier des séries de monnaies antiques et médiévales. L’ensemble, qu’on appelait le « musée Soulages » et dont la porte était libéralement ouverte aux curieux, fut dispersé pour l’essentiel en 1856 à Londres. Les monnaies sont restées à Toulouse (coll. part.).
Revue de Toulouse, 1856 et 1857. — Toulouse et l’art médiéval de 1830 à 1870, cat. exp., Toulouse, 1982.



